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Le système financier terrorisé... par l’argent du terrorisme !

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Nouvelle Solidarité N° 21/2015 - S’abonner

Comme après chaque attentat barbare, nos hommes politiques entonnent pour la énième fois le refrain qu’à partir de maintenant, juré promis, ils seront « implacables » face à la menace terroriste et les soutiens dont ils bénéficient, d’où qu’ils viennent. Or, dans les actes, le décalage entre ces envolées lyriques et les actes concrets a de quoi nous laisser pantois.

A titre d’exemple, le cas de la banque HSBC, une banque lourdement soupçonnée d’avoir joué un rôle majeur dans le financement du terrorisme, et contre laquelle rien n’est fait.

Les faits sont connus. Aux États-Unis, dès 2012, le sénateur Carl Levin avait dirigé la rédaction d’un rapport de 300 pages sur les activités de blanchiment des revenus des cartels de la drogue mexicains et colombien, au niveau de la branche de New York de HSBC.

Ce même rapport avait également détaillé les transferts financiers effectués par HSBC vers des organisations terroristes, de concert avec des banques saoudiennes. Le sénateur Levin avait recommandé la suspension du droit d’opérer de la banque aux Etats-Unis.

En France, l’ancien directeur général de la Caisse des dépôts Daniel Lebègue, aujourd’hui à la tête de l’ONG Transparency International France, estime que HSBC est « un des cas les plus spectaculaires de dérive bancaire ».

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Suite à ces accusations d’une gravité sans précédent, le département de la Justice américain avait refusé d’engager des poursuites au pénal contre les dirigeants de la banque, se contentant de négocier une amende de 1,9 milliards de dollars, une somme dérisoire par rapport aux profits engrangés par ces activités.

Pire encore, Loretta Lynch, c’est-à-dire la responsable de ce deal négocié à l’amiable entre les autorités américaines et la banque, fut la personne choisie par Obama pour devenir la prochaine ministre de la Justice !

Pour sa part, le quotidien Le Monde, sous le titre « Crise financière : Obama épinglé pour ne pas avoir poursuivi HSBC », rapporte la semaine dernière qu’un nouveau rapport parlementaire américain, publié le 11 juillet, déplore que « les autorités américaines ont renoncé à lancer des poursuites pénales contre le groupe bancaire britannique HSBC pour blanchiment et violations d’embargos » et ceci, tenez vous bien, « par peur de déstabiliser le système financier mondial » !

L’ingérence du Royaume-Uni et notamment une intervention de son ministre des finances, George Osborne, ont également pesé dans la décision, ajoute la commission des finances de la Chambre des représentants dans ce rapport », précise le journal.

Cette affirmation est étayée par une lettre datée de 2012 du ministre des Finances britannique, George Osborne. Elle était adressée à Ben Bernanke - à l’époque président de la Fed - et Timothy Geitner, alors secrétaire au Trésor. Selon le rapport, George Osborne les aurait « mis en garde » sur les conséquences d’un procès pénal contre HSBC et ses « graves répercussions » potentielles en Europe et en Asie.

Alors que les enquêteurs américains avaient explicitement recommandé des poursuites pénales, ils n’auraient pas été suivis par leur hiérarchie :

Les hauts responsables du département de la Justice (DoJ), dont le ministre Eric Holder, sont revenus sur une recommandation interne (…) de poursuivre HSBC au pénal parce qu’ils craignaient que des poursuites contre la banque n’aient des conséquences négatives pour le système financier.

De son côté, le DoJ a déclaré à l’AFP qu’en matière de délinquance financière, « les procureurs [prenaient] en compte les potentielles conséquences collatérales » d’un procès, et a reconnu qu’il avait demandé l’avis de régulateurs étrangers.

Depuis la crise financière de 2008, le DoJ est de plus en plus critiqué pour n’avoir engagé aucune poursuite contre les institutions financières et les banques pourtant responsables du phénomène.

HSBC et le terrorisme

A propos de HSBC et de son rôle dans le terrorisme, rappelons simplement un autre article publié par Le Monde le 10 février 2015 sur l’affaire de la Golden Chain (La chaîne en or) confirmant que des dizaines des dizaines de milliards d’euros détenus par des financiers du terrorisme ont transité par les coffres de HSBC Private Bank, la filiale suisse de HSBC. Passés au crible par les enquêteurs, ces fonds étaient cachés entre autres derrière des structures offshore au Panama et dans les îles Vierges britanniques.

Quand des unités spéciales bosniaques ont pris d’assaut les bureaux d’une mystérieuse fondation à Sarajevo, en 2002, outre des armes et des explosifs, elles y ont découvert un disque dur au contenu fort instructif. Il comprenait notamment un dossier intitulé, en arabe, « Histoire d’Oussama ».

Celui-ci contenait plusieurs textes, en partie scannés, dont certains portaient des passages écrits de la main d’Oussama Ben Laden. Il incluait également une liste de vingt noms qui a abasourdi les enquêteurs et les services secrets. Comme l’a par la suite confirmé un ancien membre d’Al-Qaida, ces noms étaient ceux des principaux financiers de l’organisation terroriste. Oussama Ben Laden aurait surnommé ce cercle la « Golden Chain » (la « chaîne en or »).

Il se trouve qu’une partie des personnes mentionnées dans cette liste, de nationalité saoudienne, étaient aussi des clients de HSBC à Genève (...). De fait, selon un rapport du Sénat américain de 2012, HSBC a longtemps été « une des banques internationales les plus actives en Arabie saoudite ».

(...) C’est une illustre équipe qui figure dans les données clients de la banque suisse : un prince saoudien, qui a par le passé protégé le chef d’Al-Qaida. Un autre prince, dont l’épouse a envoyé de l’argent à un des auteurs des attentats du 11-Septembre [Il s’agit incontestablement du prince Bandar bin Sultan, surnommé « Bandar Bush », à l’époque ambassadeur de son pays à Washington, notre commentaire.] . L’ancien trésorier d’une présumée organisation-écran d’Al-Qaida. Ainsi qu’un homme dont l’usine a été bombardée par l’armée américaine parce qu’il était soupçonné d’y fabriquer des armes chimiques.

Quand cette liste de 20 noms a été retrouvée en Bosnie, cela ne faisait que six mois qu’avaient eu lieu les attentats de New York et de Washington. Le gouvernement américain, à côté de son intervention militaire en Afghanistan, était parti à la chasse aux hommes de l’ombre du terrorisme et à ses financiers. Et il avait découvert des réseaux obscurs formés de riches Saoudiens, de sociétés fictives et de fondations islamiques.

Ce qui nous ramène à la liste des vingt noms de la « Golden Chain ». « Ces personnes ont financé Al-Qaida et, ainsi, donné une assise à cette organisation terroriste », commente l’ancien agent de la CIA Michael Scheuer. Le rapport de la Commission du 11-Septembre, aux États-Unis, se réfère également à cette liste. Il évoque un « réseau de soutiens financiers » de Ben Laden, composé de donateurs d’Arabie saoudite et du Golfe.

La bonne nouvelle, c’est que maintenant que les fameuses « 28 pages » sont du domaine public et obligeront le gouvernement américain de reprendre l’enquête sur les attentats du 11 septembre à partir de zéro, il est permis de croire qu’HSBC pourrait, par ricochet, également se voir de nouveau traduite en justice.

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Page spéciale
terrorisme / 11 septembre, les 28 pages qui démasquent...

La déclassification des fameuses 28 pages, un chapitre entier du rapport de la commission d’enquête bipartisane sur le 11 septembre, met en lumière l’implication de l’Arabie saoudite dans les attentats du 11 septembre 2001.

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