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Le travail esclave fait son retour à Buckingham Palace

La rédaction
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Par Guillaume Dubost

Ce n’est un secret pour personne, au Royaume-Uni, la Reine Elisabeth II est une femme de gauche. Et à ce titre, rien de plus normal que la bataille pour l’emploi lui tienne à cœur.

Cet été, ils sont 350 à être embauchés par Buckingham Palace comme vendeurs dans les boutiques de souvenirs, guides (cette année, il y aura une exposition de bijoux royaux, par exemple) ou encore agents d’accueil.

Le seul hic, c’est qu’Elisabeth II s’assoit royalement sur toute idée de droit du travail des temps modernes. C’est ce que rapporte le quotidien britannique The Guardian qui a pu lire une copie du contrat d’embauche proposé par le Palais, en date de 2009, qui stipule les conditions d’un tel contrat :

Vos heures de travail seront déterminées par le manager et seront tributaires des exigences appliquées aux assistants de vente à Buckingham Palace et, ce, tant que de besoin.

Autrement dit, aucune durée minimum de travail n’est garantie, comme le confirme la porte-parole du Palais contactée par le journal. Et comme le note Rue89,

le problème, c’est que ces contrats exposent les employés à des réductions soudaines des temps de travail prévus à un moment donné, quand il ne s’agit pas d’annulation pure et simple et ce, à la discrétion des responsables.

Des dizaines d’employés qui ont signé ces contrats, dont la rémunération est en général de moitié inférieure à un contrat normal, ont également raconté au Guardian que s’ils n’étaient pas disponibles le jour où le manager les appelait, il était peu probable que des heures leur soient à nouveau proposées dans le mois.

On est en droit de s’interroger si un tel contrat de travail, qui ne vous garantit aucune heure de travail, qui vous interdit tout contrat avec un autre employeur, sans congés payés ni maladie, qui peut être rompu par l’employeur sans justification et à tout moment, peut encore être qualifié de contrat de « travail » ?

En vérité, le Palais ne fait qu’appliquer les lois que Tony Blair et David Cameron, au nom de la flexisécurité, ont infligées à tout le pays.

Car dans la législation britannique, l’une des plus flexibles en matière de droit du travail, existe le « contrat zéro heure ». Les chiffres officiels du Royaume-Uni avancent que 250 000 personnes sont concernées, mais le Chartered Institute of Personnel and Development (CIPD) estime que plus d’un million de travailleurs ont de tels contrats.

Comme le dit Dave Prentis, secrétaire général du syndicat Unison :

La grande majorité des travailleurs ont uniquement ces contrats car ils n’ont pas le choix. Ils donnent peut-être de la flexibilité à un petit nombre, mais les rapports de force favorisent les employeurs et cela rend difficile aux employés de se plaindre.

Ce type de contrat ne vous donne aucun droit, élimine toute protection, vous soumet à l’arbitraire du marché et ne vous permet même pas de vivre de votre travail. Ces contrats sont peut-être reconnus par le droit, mais ils ne font qu’institutionnaliser, sous une autre forme, ce que dans l’Empire romain on appelait un esclave.

Et pourtant, un million de personnes ont déjà signé de tels « contrats », principalement des jeunes, peu diplômés et majoritairement de nationalité étrangère. Ils sont 20 000 à la chaîne de magasin Sport Direct sur un total de 23 000 employés !

Rappelons qu’en France, avec l’adoption de l’Accord national interprofessionnel (ANI), le gouvernement s’aligne sur les marchés et le Royaume-Uni en démantelant toutes les protections à l’emploi gagnées de haute lutte par le courant inspiré par le Conseil national de la Résistance (CNR) et gravées dans le code du travail.

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