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Les sanctions économiques contre la Russie sont suicidaires

La rédaction
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Après la Chambre de Commerce et de l’Industrie Franco-Russe, c’est le Dialogue Franco-Russe qui exprime dans un communiqué, sa « profonde désapprobation » contre les nouvelles sanctions qui viennent d’être imposées à la Russie par l’Union Européenne.

Le communiqué note que ces nouvelles mesures, « parfaitement injustes, frappent les intérêts économiques de la France (...) dont les investissements en Russie représentent près de 15 milliards d’euros. » Le Dialogue Franco-Russe s’insurge particulièrement contre le fait que Konstantin Malofeev, homme d’affaires et membre du Dialogue, soit lui-même frappé par les sanctions.

Créée en 2004 et placée sous le patronage de Jacques Chirac et de Vladimir Poutine, l’Association Dialogue Franco-Russe a pour mission de contribuer à créer un partenariat privilégié entre la France et la Russie. L’Association est co-présidée depuis 2012 par Thierry Mariani et Vladimir Iakounine.

Déclarations de très bon sens aussi de la part du patron d’Alstom Russie et président de l’Association of European business (AEB), Philippe Pegorier, dans un entretien paru dans le quotidien libéral l’Opinion du 29 juillet. M. Pegorier se veut militant : l’AEB « fait du lobbying contre les sanctions auprès des autorités européennes et des pays de l’UE », et ceux-ci ne sont pas tout à fait insensibles à ses arguments. Surtout, lors qu’elle souligne qu’un « arrêt des commandes russes signifierait 300 000 licenciements en Allemagne et au moins 100 000 en France ».

A la question de savoir si Poutine n’est pas en train de se tourner de plus en plus vers la Chine, M. Pegorier note qu’en effet « Européens et Américains, nous pensons que nous sommes le centre du monde, en oubliant les Brics, qui sont aussi des sources de financement peu chères, notamment la Chine ». Il ajoute que jusqu’à présent Vladimir Poutine avait « clairement choisi l’Europe comme partenaire privilégié depuis son accession au pouvoir » mais que la politique menée par celle-ci aujourd’hui ne l’aide pas à continuer dans cette tendance. Toutefois, il n’est pas de ceux qui pensent que tout est perdu. « La Russie ne peut se passer de nous, au moins dans deux secteurs difficilement remplaçables par la Chine : la haute technologie et le luxe ».

Surtout M. Pegorier n’entends pas lâcher le morceau ! « Nous ferons tout pour rester ici. Les politiques ont une vue court-termiste, d’élection en élection. Nous, nous sommes là pour longtemps. Nous avons sondé les entreprises de l’AEB : à horizon de quinze ans, toutes sont confiantes dans la croissance et le développement du marché russe » !

Enfin, M. Pegorier note à quel point la politique occidentale est néfaste pour l’Ukraine. « Les entreprises, européennes ou russes, envisagent toutes de remplacer leurs fournisseurs ukrainiens par des Russes, à cause des retards de livraison, des soucis de production. Et au lieu de résoudre le problème, avec les sanctions, on l’empire.(...) Les Russes accélèrent le remplacement sur leur territoire des industries auparavant situées à l’Est de l’Ukraine, quifournissaient par exemple des moteurs d’avion, des turbines pour centrales nucléaires... ».

M. Pegorier espère néanmoins « une désescalade », car « ni la Russie ni l’Europe ne peuvent se permettre d’avoir un trou noir à leurs portes, elles devront remettre à flot l’Ukraine, ensemble. Les mesures du FMI, (...) vont encore plus déstabiliser le pays, déjà pillé pendant vingt ans par son élite politique ».

Seul désaccord de principe, avec M. Pegorier : lorsqu’il dit que les mesures du FMI sont « nécessaires ». De mémoire de 30 ans de journalisme politique, jamais les mesures du FMI n’ont permis de redresser une nation. D’ailleurs les vingt ans de pillage de l’Ukraine par son élite, n’ont été possibles que grâce aux « réformes » du FMI elles-mêmes, qui remontent en Ukraine à 1991 .

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