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Le référendum sur la fusion des départements d’Alsace du 7 avril menace la République

La rédaction
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Dans une lettre (ci-dessous) envoyée par le Pôle de renaissance communiste en France (PRCF) aux sénateurs et députés sur le référendum régional de fusion des départements d’Alsace du 7 avril 2013, plusieurs anciens parlementaires s’interrogent sur les véritables buts de cette démarche.

Comme nous, en situant ce référendum dans le contexte d’une offensive sans merci de la finance folle à l’encontre des Etats-nations, ils craignent qu’il ne s’agisse, par le biais d’une soi-disante Europe des nations promue par des figures comme Denis de Rougemont, que d’une nouvelle manœuvre visant à affaiblir toute résistance au type de néo-libéralisme débridé qu’il faut au contraire combattre.

Ainsi, en Alsace, bien que le reste de la France l’ignore, se joue le destin de toute la République.

  • Les anciens parlementaires français Georges Hage, ancien doyen de l’Assemblée nationale, ancien vice-président de la commission des Affaires étrangères,
  • Pierre Pranchère, ancien député de Corrèze, ancien parlementaire européen, C.V. de la Résistance.
  • Auxquels se joignent Léon Landini, ancien officier FTP-MOI, officier de la Légion d’honneur, grand mutilé de guerre, président de Carmagnole-Liberté (amicale d’anciens FTP-MOI), Médaille de la Résistance, président du PRCF,
  • Jean-Pierre Hemmen, fils de Fusillé de la Résistance, vice-président du PRCF, Georges Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF, fils de Résistant,
  • Annie Lacroix-Riz, historienne, petite-fille de déporté,
  • Hermine Pulvermacher, ancienne secrétaire générale du groupe communiste à l’Assemblée nationale,

Au titre du Pôle de renaissance communiste en France (PRCF)

À Mmes et MM. les sénateurs et les députés,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Le gouvernement a autorisé la tenue le 7 avril 2013 d’un référendum régional de fusion des départements et de la région d’Alsace avec de larges transferts de compétences de l’Etat et donc du Parlement. Il s’agit nommément de faire de l’Alsace une « région d’Europe » ; une région tournée, aux dires de certains des promoteurs du projet, « vers l’espace germano-suisse ».

Pourquoi cette hâte ? Sans doute pour tenter de couper court à une vague de refus sans précédent face à une entreprise visant à démanteler la République une et indivisible, pour favoriser l’Europe des régions dans le cadre d’un « saut fédéral européen » que repousse notre peuple, lequel a catégoriquement rejeté la constitution d’une Europe supranationale lors du référendum du 29 mai 2005. Référendum qui découlait de l’article 3 de la Constitution qui stipule que la « souveraineté nationale appartient au peuple. Le non respect par la suite de ce résultat étant de fait une violation de la souveraineté du peuple ». Cette euro-« länderisation » de la France est une aberration à l’heure où la récession qui menace, le chômage de masse qui monte et le lien social et national qui se délite, exigent au contraire que notre pays affirme sa souveraineté politique et son unité républicaine territoriale pour porter un effort global et nationalement planifié de ré-industrialisation.

D’autant que ce référendum régional alsacien n’est que la partie émergée d’un vaste plan portant atteinte à l’unité territoriale des Etats constitutifs de l’Europe. Comment ne pas faire le lien entre l’abandon, dans le dos du peuple français, de la « République une et indivisible » héritée de Valmy (donc des généraux révolutionnaires alsaciens Kellermann et Kleber), et les processus d’éclatement en cours en Belgique (sécession de fait de la Flandres avec de graves pressions annexionnistes sur la zone francophone de Bruxelles, en Espagne, avec les projets de référendums sécessionnistes de Catalogne et du Pays basque, en Grande-Bretagne, avec le projet de référendum sécessionniste de l’Ecosse, voire du Pays de Galles, voire en Italie, où la Ligue du nord relance ses projets séparatistes avec la caution de Silvio Berlusconi ?

Bien entendu, nous ne soupçonnons pas une seconde les Alsaciens, dont le patriotisme français et républicain est hors de doute, de vouloir briser le cadre national. Mais nous n’avons pas la même bénignité à l’endroit des politiciens de cette région, pas plus qu’envers le MEDEF, qui appelle ouvertement – pour briser les conventions collectives, les statuts nationaux, etc. – à « reconfigurer les territoires » et à « transférer plus de souveraineté » vers notre « nouvelle patrie : les Etats-Unis d’Europe ». Comment ne pas voir que derrière ce type de référendum, qui est destiné à créer un préalable, peut se mettre en route une dangereuse réaction en chaîne qui défera rapidement, sous la pression de l’Union européenne en mal d’Empire et de son directoire germano-américain (projet d’ « Union transatlantique » annoncé par M. Obama dans son « discours sur l’état de l’Union »), ce qu’a construit dans la douleur l’histoire séculaire de notre pays : l’unité territoriale de la France.

Nous refusons en effet la myopie politique qui consisterait à ne voir dans le référendum alsacien qu’un acte isolé. Nous avons en mémoire le livre scandaleux de Jean-Paul Huchon, président « de la région » Ile-de-France, qui constitue une véritable déclaration de guerre à la nation. Nous savons que se prépare un « Acte III de la décentralisation » qui va encore davantage déposséder la nation de sa souveraineté au profit des euro-régions – quelquefois « transfrontalières » -, et qui va encore davantage priver les communes, cet héritage du plus profond de notre histoire démocratique, de ce qui leur reste de prérogatives au profit des « métropoles » européennes. Nous constatons aussi que le gouvernement prépare la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires qui, sous le couvert de défendre les langues régionales (un objectif que nous partageons mais qui doit être poursuivi dans le cadre de l’Education NATIONALE et sans porter atteinte à l’officialité de la langue française), vise à ethniciser le territoire, à mettre en cause la fonction publique et son statut, à désétablir le français (« langue de la République » au titre de l’article II de la Constitution) alors que s’étend chaque jour sur notre territoire l’emprise du tout-anglais impérial poussé par le grand patronat et promu par l’Union européenne. 

Bref, si l’on met bout à bout tous ces éléments, on s’aperçoit qu’un projet global et cohérent se met en place pour défaire la nation républicaine, pour accompagner la destruction des acquis sociaux en défaisant le cadre institutionnel national qui fut celui de toutes les conquêtes du peuple français de 1789 aux avancées de la Libération, installer sans le dire un Empire européen des régions qui sera facilement dominé par le pays économiquement dominant et plus encore par les banques et les sociétés transnationales usant du vieux principe « diviser pour régner ».

Nous ne pouvons croire que ceux qui, au parlement, se réclament de l’héritage patriotique et progressiste de la Commune de Paris et des FTP, ceux qui revendiquent l’héritage patriotico-internationaliste de Jaurès ceux qui affichent leur fidélité à l’homme du 18 juin préconisant que dans un monde où l’interdépendance est désormais la loi, chaque peuple puisse se développer suivant son génie propre et sans subir ni oppression politique ni économique, puissent tous laisser passer sans réagir un tel attentat contre la nation. Car si cela se produisait, des jours sombres attendraient notre pays. Et dans l’immédiat, l’extrême droite profiterait certainement de cette situation d’euro-balkanisation de la nation pour dévoyer le sentiment patriotique dans l’impasse mortifère du racisme et de la xénophobie d’Etat.

L’organisation des pouvoirs publics ne peut être décidée que globalement et par le peuple souverain. C’est pourquoi l’élection d’une Assemblée constituante est de plus en plus nécessaire, ainsi que la rupture de la France avec une « construction » européenne qui n’est favorable qu’aux actionnaires du CAC 40, mais qui détruit notre pays sur l’autel de la funeste monnaie unique.

Il est donc important pour nous, anciens résistants ou fils de Résistants, militants, citoyens et électeurs qui considérons que les valeurs du CNR et de son programme « les Jours Heureux » sont aujourd’hui d’une brûlante actualité, de connaître votre sentiment sur ce référendum ainsi que sur la réforme territoriale projetée par le gouvernement. Pour s’opérer en douceur (pour l’instant !), l’assassinat de la nation républicaine n’en est pas moins un crime d’Etat.

Croyez, chers concitoyens, à la vigilance démocratique et patriotique de ceux qui n’ont pas oublié le sacrifice patriotique du passé et qui restent fidèles au grand avenir populaire et progressiste de notre grand peuple, et tout particulièrement à l’avenir républicain et français de nos chers concitoyens alsaciens.
 
Georges Hage - Pierre Pranchère - Léon Landini - Jean-Pierre Hemmen - Georges Gastaud - Annie Lacroix-Riz - Hermine Pulvermacher 

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Vos commentaires

  • Le 3 mars 2013 à 18:35
    par Carolus

    Tout cela n’est plus aussi étonnant quand on connaît les travaux de Pierre Hillard.
    CF. La Décomposition des nations européennes, sous-titre : De l’union euro-Atlantique à l’État mondial. Géopolitique cachée de la constitution européenne, Éditions François-Xavier de Guibert, 2004

    Répondre à ce message

  • Le 2 mars 2013 à 23:16
    par eomer

    Franchement, j’ai du mal a comprendre ou vous voulez en venir : renforcer le pouvoir des Régions en supprimant les Départements est plutôt positif et permet de faire des économies dans les dépenses de fonctionnement.

    Répondre à ce message

  • Le 2 mars 2013 à 20:53
    par Eric

    Si la France était une démocratie (ou une république démocratique) et non une république, la France ne pourrait pas être balkanisée. Il est en effet de plus en plus nécessaire de convoquer une Assemblée constituante, mais celle-ci doit être issue du tirage au sort et non d’une élection. Vous trouverez un processus constituant démocratique dans la charte de la Coalition Nationale pour la Constituante : http://lacnc.fr/
    Ces communistes sont bien naïfs : ils s’adressent à des députés et à des sénateurs, autrement dit, à des individus qui se moquent éperdument de l’intérêt national et ne pensent qu’à servir les intérêts des oligarchies industrielle et financière.

    Répondre à ce message

  • Le 2 mars 2013 à 18:14
    par petite souris

    Nous ne pouvons croire que ceux qui, au parlement, se réclament de l’héritage patriotique et progressiste de la Commune de Paris et des FTP, ceux qui revendiquent l’héritage patriotico-internationaliste de Jaurès ceux qui affichent leur fidélité à l’homme du 18 juin préconisant que dans un monde où l’interdépendance est désormais la loi, chaque peuple puisse se développer suivant son génie propre et sans subir ni oppression politique ni économique, puissent tous laisser passer sans réagir un tel attentat contre la nation.
    .........
    Bien sûr ils ne réagiront pas !
    Ils suivent, sachant fort bien cela, la ligne de leur parti respectifs...
    ........
    Ils ont accepté de ne plus être les représentants du peuple qui les élit.
    Ils trahissent et la démocratie et le suffrage universel par leur silence et leur lâcheté.
    Le peuple n’a pas voté ni pour les partis omni-puissants, ni pour les traités européens.
    .......
    Ce sont des usurpateurs, le peuple sait ce qu’il doit faire dans de tels cas

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  • Le 2 mars 2013 à 15:06
    par facteur

    Comme il est difficile, lorsqu’on appartient à une fraction idéologiquement bien constituée de la politique de SORTIR des présupposés du-dit groupe ; sous peine de mort sociale et politique.
    C’est pourquoi, tous ceux qui essayent d’alerter le peuple souverain ont la fâcheuse habitude schizophrène de poser un problème, ici la landerisation de l’alsace, dans un cadre de référence trop étroit et d’en déduire une "solution" non optimale politiquement, compte tenu des contraintes idéologiques internes.
    Celui qui comprend cela, voit se poser la question de l’efficacité politique sous un jour plus effrayant, plus risqué, bref plus HISTORIQUE.
    A défaut de quoi , rien de nouveau sous le soleil de la liberté d’expression.
    Dans le cas de figure ci-dessus, nous voilà rassurés de savoir qu’un dernier quarteron communiste veille sur l’intégrité nationale avec plus de zèle et de vertu qu’un front national.
    Depuis le 29 mai 2005 il est acquis que le peuple souverain a les moyens électoraux de refuser le destin européen, voire atlantiste, concocté ailleurs. Soit 8 années ! A croire que la peur du passé est plus forte que celle de l’avenir...et qu’il faudra donc attendre un futur plus terrible que le passé pour pouvoir penser politiquement au sein des groupes.
    Le problème du milieu politique est là et non dans on ne sait quelle inconscience populaire ! Qu’on accepte au moins la lassitude des fractions éclairée dudit peuple votant.

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