Solidarité & progrès est un parti politique qui milite pour la paix par le développement économique mondial, contre le féodalisme financier et les idéologies du sol, du sang et de la race. Les informations que nous diffusons visent à vous faire joindre notre combat en le faisant devenir aussi le vôtre.

La campagne
présidentielle
Cheminade 2017
Flash : 2 décembre - La République se rappelle qu’elle a besoin de savants ! Lire Flash : 2 décembre - Sur le renoncement de François Hollande Lire Flash : 2 décembre - François Fillon veut six fois moins de communes et zéro départements Lire
Accueil Actualité

Lyon-Turin : Sortir du tunnel pour sauver l’Europe

La rédaction
visites
1252

Par Alexis Chabert, Lyon

S’accrochant aux lambeaux d’une Europe en faillite, François Hollande et Mario Monti se sont rencontrés à Lyon pour un sommet bilatéral consacré à la réalisation de la ligne ferroviaire Lyon-Turin [voir encadré]. Quelques centaines d’opposants français et italiens ont saisi l’occasion de cette rencontre pour tenter de provoquer un Notre-Dame des Landes bis. Mais l’ambition ici est différente : il s’agit d’unifier tout le sud de l’Europe, de Lisbonne à Kiev, autour d’un « couloir de développement de plusieurs milliers de kilomètres » et non du développement d’un simple tunnel.

Le projet est né dans les années 90. L’idée était de faciliter les échanges européens par une infrastructure commune de transport ferroviaire. Les lignes à mettre en œuvre devaient s’articuler autour de deux axes principaux : Londres-Milan et Lisbonne-Kiev, dont le Lyon-Turin était considéré comme la clef de voûte.

JPEG - 148 ko
Source : www.transalpine.com

Mais aujourd’hui, en raison des restrictions budgétaires, tant au niveau national qu’européen, le Lyon-Turin est un des seuls projets de cette ligne à être maintenu. Ainsi, le Portugal et la Hongrie, étranglés par la Banque centrale européenne, ont abandonné les leurs. C’est ici que l’Europe montre son vrai visage. Esclave de sa dette, elle sacrifie l’avenir de ses Etats.

Pire encore, elle les plonge dans une logique de court terme financier. Ainsi, pour le Lyon-Turin on parle déjà de Partenariat public-privé (PPP), d’augmenter les péages des tunnels du Mont-Blanc et du Fréjus, ou même d’emprunter auprès de banques ou d’investisseurs privés.

Cependant aucun de ces modes de financement n’a encore été adopté : sur les 26,1 milliards d’euros nécessaires au projet, il reste à déterminer l’ampleur de la contribution européenne. C’est un enjeu important car, alors même que la Cour des Comptes doute de leur solvabilité, la France et l’Italie devront être capables d’apporter les fonds restants.

Alors on dit : pas d’argent ? Pas de projet ! La logique est implacable puisque la Cour des Comptes n’a aucune intention ni d’annuler la part illégitime des dettes souveraines ni de remplacer l’euro par des banques nationales émettrices de crédit public. Et finalement, en restant prisonniers de ce système, les Etats se mettent fatalement dans la dépendance des marchés et trahissent leur vocation d’intérêt général.

C’est d’ailleurs pour cela que Solidarité et Progrès, qui milite depuis des années pour des grands projets de transport à l’échelle européenne et eurasiatique, a toujours inscrit cette politique dans le cadre d’un autre paradigme économique, politique et culturel. Ici, nous disons donc « oui » au Lyon-Turin mais en posant le vrai défi d’organiser une locomotive de développement pour l’équipement des Etats de l’Est et de toute la Méditerranée. C’est ça l’Europe des patries et des projets ! Rompons donc avec l’euro pour reprendre en mains nos vies et nos Etats.

La ligne Lyon-Turin

Le Lyon-Turin est un projet de rail à travers les Alpes comportant six tunnels, dont un transfrontalier de 57km sous le Mont Cenis. Sa construction a été décidée par un accord entre la France et l’Italie en 2001. Plus de 800 millions d’euros ont déjà été investis en expropriations, en études, en descenderies et en galeries de reconnaissance. Les objectifs affichés par son principal promoteur « le comité pour la Transalpine » sont d’ordre économique et écologique : l’idée est de reporter une partie conséquente du transport routier de marchandises vers le fret et le ferroutage à l’horizon 2035.

Jusqu’à présent, nous utilisons un tunnel monotube incliné (pente maximale de 33 pour mille) datant de 1871. Il s’agirait d’en construire un autre bitube dont le dénivelé serait trois fois moindre (12,5 pour mille). Cette question est essentielle car sur la ligne actuelle trois locomotives sont nécessaires pour acheminer un train tandis qu’avec la ligne Saint-Jean de Maurienne-Suze (le tunnel transfrontalier de 57 km) une seule sera suffisante.

Grâce à ce projet le trajet Lyon-Turin ne durera plus qu’une heure trente alors qu’aujourd’hui il faut compter au moins trois heures trente.

Contactez-nous !