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Marine Le Pen : « Messieurs les Grecs, payer votre dette est un devoir éthique ! »

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Le 4 février, la BCE a décidé de couper les robinets financiers pour infléchir la politique du nouveau gouvernement grec, mené par Alexis Tsipras, du parti de la gauche radicale Syriza.

Hervé Morin s’en est félicité sur son comte twitter en disant : « La BCE met les Grecs face à leur responsabilité : bravo ! ».

Pour Marine Le Pen, il s’agit d’une mesure « d’une exceptionnelle agressivité » qui montre que « l’UE s’apparente de plus en plus ouvertement à une dictature, où toutes les menaces sont bonnes pour faire plier des gouvernements démocratiquement élus ». Selon la responsable frontiste, « le nouveau gouvernement grec n’a déjà plus le choix et devra se débarrasser de l’euro s’il souhaite pouvoir mener une autre politique et redresser le pays. »

Marine Le Pen d’accord avec Tsipras ? Faites-moi rire ! Comme nous l’avions souligné, Marine Le Pen n’est rien d’autre que « la dernière roue de secours du système ».

Sur la Grèce, c’est dans un communiqué publié le 4 février sur le site du FN, intitulé « Grèce : Front National pour le principe du remboursement de la dette », que Marine Le Pen clarifie sa position :

Si le Front National, qui ne partage pas le programme politique de Syriza, est favorable à un éventuel moratoire sur la dette avec un rééchelonnement de la durée et des intérêts pour permettre un nouveau départ à la Grèce et ainsi éviter une crise humanitaire, en revanche une dette est une dette. Ne pas rembourser le principal de sa dette est un risque de réputation inacceptable et rembourser est un devoir éthique pour un "Etat de droit". La dette grecque devient alors une question de politique étrangère.

La voilà donc sur la même ligne que François Hollande, la Commission européenne, la BCE et le FMI de Christine Lagarde ! Cependant, ce qui suit aggrave son cas.

Marine Le Pen (où plutôt le conseiller qui écrit les communiqués pour elle) poursuit :

Une annulation de la dette publique de 50 % comme proposée au gouvernement grec par Matthieu Pigasse, le banquier-conseil de Lazard ou autre B. Obama, est irresponsable. Cet effacement d’environ 100 Mds € de créances dont 23 pour la France, équivaudrait à un défaut partiel qui mettrait le feu au poudre des finances publiques européennes.

Cette phrase amène plusieurs réflexions :

D’abord, elle a le mérite d’expliquer l’hystérie que semble partager le FN avec l’oligarchie financière dominante : un effacement, même partiel de la dette, serait forcément conçu par les agences de notation et les acteurs des « marchés », comme « un événement de crédit », c’est-à-dire un défaut ou un défaut partiel d’un pays. Une tel événement provoquerait automatiquement l’explosion de la gigantesque bulle de produits financiers dérivés construit sur la dette, en particulier les Credit Default Swaps (CDS), c’est-à-dire les « primes d’assurance contre le risque de défaut ».

Ensuite, si Pigasse et autre Obama, envisagent une réduction de la dette, ce n’est pas pour sauver la Grèce, mais parce qu’ils ont bien conscience que la « zone euro » et tout le système financier transatlantique sont menacés d’éclatement.

Enfin, ce qui est sous-entendu dans le raisonnement de MLP, c’est que si les Grecs ne paient pas leur dette, c’est automatiquement les autres, donc en partie les Français, qui paieront l’ardoise. Or, cela est faux. Car une fois qu’il apparaît clairement que le débiteur a été rendu incapable d’honorer ses engagements, la « valeur » d’une dette ne correspond plus en rien à sa valeur nominale. Le problème n’est donc plus un problème budgétaire, mais un problème comptable. Difficile à envisager lorsqu’on cultive le culte de la monnaie qui fait qu’on considère non pas le travail, mais la monnaie, comme source de richesse, thèse à laquelle adhère le conseiller de Mme Le Pen.

Pour conclure, reconnaissons que cette position sur la Grèce est rigoureusement en accord avec ce que le FN prône comme « solution » pour la dette française. Car, que peut-on lire dans « Le plan de désendettement de la France » publié par le FN en 2013 ?

D’abord que le plan du FN veille scrupuleusement au respect des principes du « Club de Paris » pour « éviter toute solution de répudiation pure et simple de la dette étrangère, qui représenterait un risque de réputation trop négatif pour la France ».

Alors comment échapper à l’austérité qu’impose la spirale de la dette ? Pour le FN, une fois sortie de l’Euro, la France se dotera d’une vraie banque centrale capable d’émettre ex nihilo du crédit souverain. Alors qu’une étude récente montre que 59 % de la dette française est illégitime, la nouvelle Banque de France émettrait l’équivalent de 100 milliards d’euros par an (5 % du PIB) dont seulement 10 % ira à la relance économique alors que les 90 % restant ira à payer la dette, rubis sur l’ongle. Plus précisément, 45 milliards d’euros iraient à l’amortissement du stock de la dette (encours, dette échue et intérêts de la dette), 45 milliards au paiement de la charge de la dette imputée dans le budget.

Pour revenir à la position grecque, le FN rejette également les propositions du Ministre Yanis Varoufakis visant à transformer la dette. Alors que le FN refuse un effacement de la dette, il estime que :

De même la solution financière grecque, de substitution d’obligations anciennes par des nouvelles, est inepte car elle correspond à une dette perpétuelle sur le dos du peuple.

Du coup, le FN, qui appelle la Grèce à quitter l’euro, se présente au même temps comme le sauveur de la zone euro, en appelant à un « un "sommet sur la dette européenne" avec les 19 pays de la zone Euro, sous l’égide du légitime "Club de Paris" et de l’Eurogroupe ». Le tout, non pas pour réduire la dette, mais pour trouver un moyen pour la payer !

Le tout, bien sur, sans un mot sur la Conférence de Londres de 1953 où l’on a concédé à une réduction de plus de 60% de la dette allemande et où l’on a décidé que les remboursements se feraient en fonction des revenus des exportations effectives du pays.

Pour le FN, les choses sont donc claires : dans l’euro ou hors de l’euro, « une dette est une dette », et une dette, Messieurs les Grecs (et Messieurs les Français), cela ne se discute pas, cela se paie !

Voir les 2 commentaires

  • Fournier • 09/02/2015 - 19:09

    Bonjour,
    Pourriez-vous expliciter un peu mieux à quoi correspondent :
    - les 45 milliards d’euros [qui] iraient à l’amortissement du stock de la dette (encours, dette échue et intérêts de la dette),
    - et les 45 milliards [qui iraient] au paiement de la charge de la dette imputée dans le budget.
    Merci d’avance

    • Karel Vereycken • 09/02/2015 - 19:12

      En clair, cela veut dire, sur 100 euros de crédit créés, 45 pour rembourser le principal, 45 pour rembourser les intérêts, et 10 pour faire de la relance économique...

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