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Martin O’Malley : donnons un sens plus élevé à la notion d’intérêt national

La rédaction
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Martin O’Malley : "Il faut prendre le temps pour cette réflexion et cette solitude dont nait la créativité"
Crédit : Huffington Post

Depuis une semaine, les médias nous font croire que tout est déjà joué dans la présidentielle américaine dont les primaires démarreront cet automne. Après l’apparition de Jeb Bush du coté républicain, c’est Hillary Clinton du coté démocrate qui est désormais présentée comme la favorite.

Comme d’habitude, sans attendre le verdict des urnes, les élites en place font déjà leur shopping au rayon des dynasties politiques disponibles pour perpétuer le système qui leur convient le mieux, celui des passe-droits et des combines avec une finance omnipuissante.

A nous de rappeler que d’autres choix non seulement existent mais gagnent jour après jour en crédibilité. Après avoir mis la séparation bancaire au cœur du débat présidentiel, l’ancien gouverneur du Maryland Martin O’Malley continue à poser les bases d’un vrai changement.

Dans un discours prononcé le 16 avril à l’Université de Harvard, Martin O’Malley a insisté sur la nécessité d’un changement de cap en profondeur aux États-Unis, afin de guérir une société minée par l’exclusion et la division.

Intitulé « Construire une économie qui fonctionne pour tout le monde », le discours d’O’Malley avait pour but de démontrer, en s’appuyant sur l’histoire des États-Unis, que le développement d’une classe moyenne la plus large possible est la seule méthode pour garantir tant une croissance économique durable que la justice sociale.

Dans l’histoire américaine, a-t-il expliqué, à chaque génération :

Nous nous sommes battus pour inclure un nombre plus important de nos citoyens dans la vie économique, politique et sociale de notre république. (…) Il s’agit là de la théorie morale, mais aussi économique, qui constitue le fondement de notre nation. Cette théorie inclusive de la croissance, ainsi mise en pratique, nous a permis de construire la classe moyenne la plus prospère que le monde ait jamais connu.

O’Malley a ensuite opposé cette tendance historique, et en particulier la période de 1947 à 1979 où toutes les classes sociales, dont les plus pauvres, avaient vu leur revenu réel doubler, à ce qui est arrivé depuis que l’administration Reagan adopté une vision économique cherchant à concentrer la richesse uniquement dans les mains d’une poignée de gens. Ceux-ci sauront créer, selon cette théorie, des emplois « compétitifs » moins bien rémunérés mais plus nombreux, dans un monde dominé par le libre-échange et la dérégulation financière.

Ce modèle a conduit, a-t-il déploré, à la crise économique de 2008 et à de grandes souffrances dans la population américaine, ainsi qu’à la propagation de fortes inégalités sociales et économiques.

Pour résoudre ce problème, il a insisté sur la nécessité d’un changement de cap complet et sur l’adoption d’une nouvelle vision fondée sur cinq points fondamentaux :

  1. Rétablir une politique de bon sens en termes de salaires, afin de reconstruire la classe moyenne. Ceci inclut la nécessité d’augmenter le salaire minimum, et de régulariser la situation de 11 millions de travailleurs immigrés pour les intégrer au système de cotisations sociales ;
  2. Rétablir l’investissement public dans l’intérêt commun et l’avenir de la nation, en mettant l’accent sur la recherche et le développement, l’infrastructure et l’éducation, en revalorisant en particulier le système d’éducation publique laissé à l’abandon ;
  3. Rendre les marchés à nouveau responsables de leurs actes, en mettant fin à la politique d’impunité dont ont bénéficié les dirigeants financiers depuis la crise de 2008 ;
  4. Arrêter les mauvais accords commerciaux, qui heurtent de front les classes moyennes ;
  5. Défendre le système de retraite et faire en sorte qu’il puisse bénéficier au plus grande nombre.

O’Malley a rappelé que l’histoire du pays a montré, y compris par la négative dans la période récente, que l’existence d’une classe moyenne forte est la cause, et non pas la conséquence, de la croissance économique. Les États-Unis doivent donc abandonner les théories adoptées depuis l’administration Reagan et rétablir les choix qui ont fait leurs preuves au cours de leur histoire, a-t-il conclu.

Dans la période de questions-réponses qui a suivi son exposé, il a précisé qu’il décidera d’ici la fin mai s’il doit se présenter comme candidat démocrate aux prochaines élections présidentielles. En réponse à une question sur le financement de la vie politique et sur la corruption dans le pays, il a expliqué qu’au-delà de la nécessité de mettre un plafond aux dépenses électorales, il faut également revoir ce que l’on entend par corruption, qui est plus généralement l’idée que certains groupes d’intérêt particuliers puissent avoir le dessus sur l’intérêt général.

Autrement dit, a-t-il déclaré, il « faut donner un sens plus élevé de la notion d’intérêt national », c’est-à-dire faire en sorte que la politique économique soit réellement bénéfique à l’ensemble du peuple américain.

S’il se décide d’aller de l’avant, O’Malley devra faire face à Hillary Clinton, qui a déjà annoncé sa candidature et qui est présentée par les grands médias comme la « grande favorite » chez les démocrates, qu’ils opposent déjà à Jeb Bush chez les républicains.

L’ancien gouverneur, qui a réussi à inculquer en deux mandats au Maryland une nouvelle direction, a l’intention de ne faire aucun compromis vis-à-vis de Wall Street sur les principes qu’il défend. Ainsi, il a bien précisé lors d’un entretien quelques jours plus tard sur la chaîne National Public Radio, qu’il a l’intention de faire campagne sur des principes et non en fonction des sondages. Reste à voir si le peuple américain saura être à la hauteur d’un tel défi, mais certains indices semblent montrer que le potentiel est bien réel.

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