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Michel Barnier et la réforme bancaire européenne : guerre à la confusion !

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Tous les experts le savent : une terrible tempête financière risque d’éclater n’importe quand. Pour nous guider à bon port, tel un phare lumineux, le Glass-Steagall Act (GSA), cette loi imposée en 1933 par Franklin Roosevelt, coupant les banques en deux et mettant les fonctions vitales de l’économie (dépôts, crédits, système de paiement, etc.) à l’abri des soubresauts de la spéculation, pourrait nous éclairer pour retrouver le bon chemin…

Si l’économiste américain Lyndon LaRouche aux Etats-Unis et Jacques Cheminade en France défendent cette démarche, d’autres se démènent malheureusement pour allumer à la place des lampes de poche, bougies, briquets et autres allumettes, risquant d’égarer l’humanité dans la nuit de la confusion financière.

Voilà comment il faut voir une série d’initiatives émanant aussi bien d’éminents experts et économistes que d’une nébuleuse d’ONG et d’écologistes plus ou moins bien orientés. Le plus souvent, ces initiatives soulèvent de vrais problèmes sans jamais arriver à la cheville de la vraie solution, c’est-à-dire le retour intégral au Glass-Steagall.

Preuve manifeste de la crainte grandissante qu’une nouvelle crise bancaire fasse exploser l’édifice de l’euro, Michel Barnier, le commissaire européen au Marché intérieur et aux services financiers, après de longs mois de réflexion et consultations, a présenté le 29 janvier sa réforme bancaire. Contrairement aux banquiers français, il reconnaît, comme il l’a dit à Reuters, que « la chute ou la faillite désordonnée » d’une des grandes banques « systémiques » serait « suffisante pour plonger l’Europe dans une grave crise ».

Malheureusement, l’objectif de Michel Barnier n’est pas de couper les banques en deux pour faire une réforme financière en profondeur.

Avec le patron de la BCE (Banque centrale européenne) Mario Draghi, il veut pouvoir finaliser l’Union bancaire européenne, qui, en mettant les banques sous tutelle d’une superstructure européenne hors du contrôle des citoyens et des États, vise à rassurer les marchés financiers contre les risques de faillite systémique. Seulement voilà, pour faire avaler une telle mutualisation européenne des risques, il faut d’abord passer les grandes banques à la paille de fer avec des tests de résistance sévères et mettre en place quelques garde-fous élémentaires.

Les fameux stress tests que conduira la BCE au premier semestre, via la toute nouvelle Autorité bancaire européenne, ne manqueront pas de révéler qu’un certain nombre de banques européennes sont sous-capitalisées et doivent fermer.
M. Barnier ne cache pas que pour lui, il est hors question de remettre en cause le modèle des « banques universelles », alors que pour Solidarité & Progrès, il s’agit là du vrai problème à traiter.

A la place d’un vrai GSA, il ne cherche qu’à imposer aux trente plus grandes banques européennes des limites à certaines spéculations. Il s’agit notamment de bannir le « négoce pour compte propre » (proprietary trading ou spéculation avec les fonds propres de la banque) et de filialiser les activités dites de « tenue de marché » (market making), une spéculation à haut risque et très lucrative (environ 30 % de l’activité des grandes banques), mais sans aucun intérêt pour l’économie réelle.

Le commissaire Barnier a avalé l’illusion mortelle promue par l’OCDE qu’il est possible d’obtenir les mêmes avantages du GSA sans lâcher ceux de la banque universelle. Les bandits n’auront plus le droit de braquer les supermarchés avec des mitraillettes, mais les pistolets resteront autorisés.

Mais pour les méga-banques qui se gavent de spéculation et refusent toute contrainte, Barnier apparaît comme un dangereux gauchiste ! Pierre Moscovici et l’indéboulonnable gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, sont d’ailleurs montés au créneau pour les défendre.

Les idées de Barnier « sont irresponsables et contraires aux intérêts de l’UE », hurlent avec passion MM Moscovici et Noyer, pour qui toute tentative de régulation allant au-delà de leurs propres réformes microscopiques est à bannir. La discorde règne donc chez l’ennemi. A nous d’en profiter.

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Vos commentaires

  • Le 10 mars 2014 à 13:25
    par petite souris

    Barnier un atlantiste pur et dur
    Barnier pour une fédération européenne
    Barnier ne changera jamais il essaie encore une fois de sauver sa face pour garder un poste influent et enfumer ceux qui acceptent de le croire
    même s’il est conscient de problèmes financiers imminents, cela lui donne un alibi pour accélérer le processus de la fédération son but professionnel depuis tant d’années
    .............
    le danger pour les peuples d’europe est donc double :
    un krach et le chaos
    la fédération dont il sera difficile de sortir sans guerre !

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