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« Mini-nukes » : les Etats-Unis prêts à s’en servir !

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Rayon d’impact d’une mini-bombe nucléaire de 20 kilotonnes sur un quartier de Washington D.C.

Si les rencontres encourageantes de Donald Trump avec les présidents chinois et russe, Xi Jinping et Vladimir Poutine, avaient fait naître l’espoir d’un monde évoluant vers la paix, les nouvelles orientations américaines au Proche-Orient, s’appuyant sur une alliance entre Israël et l’Arabie saoudite, et contre l’Iran, montrent que l’esprit des néoconservateurs est toujours bien vivant à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur de l’administration Trump.

Mais ce sont les deux documents clés de la politique de défense américaine, la « Stratégie nationale de défense » (SND) et la « Revue de la posture nucléaire » (RPN), publiés respectivement les 19 janvier et 2 février 2018, qui révèlent tout le dilemme de la nouvelle administration face à la contestation de l’ordre unipolaire américain par la Russie et la Chine.

Face au « piège de Thucydide » selon lequel, dans la plupart des cas, une puissance établie, mais déclinante, fera la guerre aux puissances ascendantes pour défendre sa place, que feront les Etats-Unis ?

Pour l’heure, sans pour autant déclarer la guerre, ces documents sonnent le tocsin afin de se préparer à une telle éventualité.

La SND est limpide : « Le défi central à la prospérité et à la sécurité américaine est la réémergence, à long terme, d’une compétition stratégique [avec] des puissances révisionnistes ».

En pleine dérive impériale, les Etats-Unis s’arrogent le droit de définir les règles de l’ordre actuel, qualifiant de « révisionnistes » tous ceux qui ne veulent pas s’y soumettre !

La Chine et la Russie sont ensuite identifiées par ce nom, accusées de vouloir « forger un ordre du monde cohérent avec leur propre modèle autoritaire ».

La Chine est accusée « d’utiliser comme levier la modernisation militaire, les opérations d’influence et une économie prédatrice », pour imposer « son hégémonie dans la région indo-pacifique » ; la Russie chercherait à obtenir un « pouvoir de veto sur les décisions gouvernementales, économiques et diplomatiques de ses voisins, afin de faire voler en éclat l’OTAN » aussi bien en Europe qu’au Moyen-Orient. Washington pointe aussi du doigt deux « Etats voyous » : la Corée du Nord et l’Iran.

Au Moyen-Orient, la SND affiche ouvertement sa volonté de « former des coalitions durables afin de promouvoir une région qui ne soit dominée par aucune puissance hostile aux Etats-Unis et garantissant des marchés stables de l’énergie et des routes de commerce sûres. » Y compris par la guerre, comme nous le voyons depuis des années...

Usage des armes nucléaires de faible puissance

Le pire cependant est contenu dans la révision 2018 de la « Posture nucléaire américaine ». Tout en reconnaissant ne pas connaître réellement les intentions de la Russie, le Pentagone l’accuse d’avoir modernisé ses stocks d’armes nucléaires non-stratégiques (armes nucléaires tactiques pouvant être déployés dans des théâtres régionaux et armes nucléaires à faible puissance dotées de têtes nucléaires miniaturisées) pour s’en servir dans des conflits fondés sur l’escalade nucléaire, qu’elle déclencherait la première.

Pour contrer ces développements, la dernière RPN annonce l’adoption par les Etats-Unis d’une nouvelle doctrine dite de « dissuasion nucléaire flexible et adaptée », prévoyant l’usage de telles armes, notamment dans les conflits régionaux.

Pour les néophytes, sachez que nous sommes là devant une violation flagrante des fondements de la doctrine de la dissuasion nucléaire, telle que la comprenait entre autres le général De Gaulle, selon laquelle les armes nucléaires sont des armes de non-emploi, car, de par leur puissance meurtrière, elles dissuadent l’ennemi d’entrer en guerre. On sait qu’un recours à ces armes menacerait l’existence même de l’humanité !

Si les armes nucléaires tactiques ont toujours existé, et subsistent encore maintenant dans les deux camps, ce n’était pas comme des armes utilisables, mais comme des armes destinées à donner l’avertissement ultime à un ennemi qui menacerait de s’en prendre aux intérêts vitaux de telle ou telle nation.

C’est cela que la nouvelle doctrine américaine change. A court terme, les Etats-Unis modifieront un petit nombre de têtes des missiles balistiques lancés depuis un sous-marin nucléaire lanceur d’engins stratégiques, pour offrir une option de faible puissance et, à plus long terme, développeront un missile de croisière lancé depuis la mer.

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Un des missiles B61b-12 dont est composé le seul arsenal d’armes nucléaires tactiques américaines en service sur les bases militaires américaines en Belgique, en Allemagne, en Italie, au Pays-bas et en Turquie.

Au niveau tactique, il y a les B61, une famille de bombes à gravité qui viennent d’être modernisées et dont la RPN note qu’il s’agit du seul arsenal d’armes nucléaires non stratégiques en service actuellement, en particulier en Europe.

Le New York Times nous dit que la B61-12 a « une tête avec quatre options de puissance. Au moment du lancement, on sélectionne la puissance de l’explosion nucléaire » selon la taille de l’objectif à atteindre.

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