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Monsieur Hollande, je croyais que le Glass-Steagall, c’était maintenant ?

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Retourner au Glass-Steagall Act rétablissant une séparation stricte entre banques commerciales (dépôts et crédit) et banques d’investissement (banque d’affaire, opérations de marché, etc.), comme le réclament Jacques Cheminade en France et Lyndon LaRouche aux Etats-Unis ?

Aujourd’hui, tous les experts honnêtes reconnaissent qu’il s’agit là de l’unique mesure capable de nous mettre à l’abri de la nouvelle tempête financière qui s’approche. Ce qui manque, c’est la volonté politique pour imposer une telle réforme à des banques devenues « toxicomanes » de l’argent facile.

Pourtant, elles récidivent : elles se sont poliment excusées de blanchir l’argent de la drogue (HSBC), entre complices, elles ont manipulé à leur seul profit le LIBOR, cet indice de référence pour le crédit mondial, et elles ont systématiquement infecté chez nous des milliers de petites collectivités territoriales avec des emprunts « toxiques ». Or personne n’a été mis en prison, à part quelque trader de base un peu trop voyant dont les pertes ont éventuellement permis de dissimuler des pertes encore plus colossales de la banque.

Ce n’est plus d’une crise financière qu’il s’agit, mais d’un coup d’Etat rampant d’une mafia financière qui gangrène notre République et nos lois. Les banques, de too big to fail (trop grosses pour sombrer), sont devenues too big to jail (trop grosses pour être inquiétées par la justice).

C’est pour changer cela, pour mettre fin à cette impunité, que les Français ont rejeté Sarkozy et voté François Hollande. Or son ministre, Pierre Moscovici, chargé de mener à bien une réforme bancaire avant la fin de l’année, se montre complaisant et mou devant le lobby des banques françaises.

Le 8 octobre, en réponse au prix Nobel d’économie Joseph Stieglitz, pour qui la scission des banques américaines est incontournable, Pierre Moscovici précisait qu’Hollande, lors de son discours du Bourget, n’avait jamais songé à scinder les banques elles-mêmes mais « seulement les activités ».

Le lobby bancaire a fait son travail

Comme le notait l’Expansion, le « lobby bancaire a fait son travail » car selon le ministre, une solution Glass-Steagall ne ferait qu’« affaiblir » nos banques alors qu’il suffit de les « réguler » et éventuellement de prohiber, voire d’interdire, certaines activités spéculatives (position défendue avec acharnement par le conseiller de Moscovici, Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et ami de promotion de Michel Pébereau de BNP-Paribas, qui a déclaré aux Echos qu’il « ne comprenait pas » le principe d’une séparation des banques).

Reprenant le mensonge de la Fédération bancaire française (FBF) que préside de PDG de la Société générale, Frédéric Oudéa, Moscovici affirme, tout comme Obama, que le modèle de « banque universelle » a plutôt mieux résisté que les autres. (Quand on connaît le montant des actifs toxiques que ces banques ont pu conserver sans être obligées de les afficher dans leur bilan comptable, une telle affirmation fait sourire…). Pour promouvoir cette contre-vérité, BS-Initiative, une association de jeunes doctorants et économistes a même publié un article intitulé Le retour au Glass Steagall Act, une fausse bonne idée.

Reprenant également à son compte le credo des syndicats du secteur bancaire, dont les positions sont assez étranges, Moscovici, visiblement sous le chantage, a souligné à deux reprises que « la banque, c’est une industrie qui emploie 400 000 personnes… ». Alors que nos grandes banques comptent de toute façon fermer 10% de leurs agences (surtout dans le monde rurale), elles brandissent la menace des licenciements en cas de séparation bancaire !

Le débat sur Glass-Steagall s’arrête à la frontière

Force est de constater qu’en dépit des efforts de Jacques Cheminade, dont la candidature visait à ouvrir un large débat sur ce sujet fondamental, comme par magie, le nuage du débat sur Glass-Steagall s’est arrêté la frontière.

Partout ailleurs, le débat fait rage. En Islande et au Danemark, les parlements en débattront. Au Royaume-Uni, après la prise de position de la rédaction du Financial Times, la Banque d’Angleterre le préconise.

Aux Etats-Unis, l’ancien patron de Citigroup, Sandy Weill, pourtant l’un de ceux qui força la main de Clinton pour l’abroger en 1999, déclare aujourd’hui qu’il regrette cette « erreur ». Après que Robert Reich, l’ancien ministre du Travail de Clinton, eut demandé à Obama de défendre une telle réforme face aux Républicains, celui-ci a publiquement fait savoir qu’il s’y opposait.

En Belgique, au moment où le Premier ministre Elio di Rupo envisage une telle réforme, le député européen vert Philippe Lamberts vient de lancer un site exposant les 7 péchés capitaux des banques où il précise qu’il « conviendrait de démanteler les banques universelles (qui regroupent tous les compartiments de la finance), en les contraignant à opter pour le statut soit d’une banque de détail, soit d’une banque d’investissement. Selon cette approche, les banques disposant d’une licence "banque de détail" seraient les seules institutions financières autorisées à collecter des dépôts auprès des épargnants et à bénéficier d’un soutien public (garantie publique des dépôts d’épargne et accès à la liquidité de la Banque centrale). En contrepartie, elles devraient se consacrer au crédit et ne pourraient détenir des titres financiers que dans des proportions limitées. A l’inverse, les banques optant pour la licence "banque d’investissement" seraient autorisées à exécuter des ordres sur les marchés pour le compte de client ou pour compte propre, mais ne pourraient ni collecter des dépôts, ni bénéficier de lignes de crédit de banques de détail. »

Une énième réformette sans conséquence ?

En France, le projet de réforme du système bancaire français, promise par François Hollande lors de la campagne présidentielle, sera présenté en conseil des ministres le 19 décembre.

Une dépêche publié par Les Echos constate que « Vent debout contre ce projet de réforme, les banques françaises se sont mobilisées ces derniers mois pour défendre le modèle de banque universelle qui leur permet d’exercer l’ensemble des métiers de la finance, des activités de dépôts aux activités de marché en passant par l’assurance. Elles jugent qu’une séparation stricte de leurs activités [type Glass-Steagall] serait "totalement inefficace" ».

Toujours d’après le journal « certains banquiers estiment que le gouvernement n’ira pas jusqu’à la séparation stricte des activités bancaires. "Les banques sont plus sereines. Les discours sur la séparation, qui étaient majoritaires avant l’élection présidentielle, se sont un peu évaporés", souligne ainsi un banquier parisien. "Maintenant, on parle de confinement des activités spéculatives qu’on soumettrait à une réglementation plus stricte", poursuit-il. »

A l’état, cette réforme bancaire a minima, telle qu’elle se prépare, se résumera à une énième réformette sans conséquence. Alors que 84 % de nos concitoyens sont favorables à la séparation des banques (Sondage IFOP, juillet 2012), le gouvernement Hollande, qu’on dit en grande souffrance politique, aura bien du mal à expliquer une nouvelle reculade sur une question si fondamentale.

Au-delà des clivages partisans, nous appelons tous ceux qui se sont mobilisés contre le TSCG (pacte budgétaire) à nous rejoindre pour renverser cette sinistre capitulation qui nous attend le 19 décembre. Dans les jours qui viennent, nous lancerons de nouvelles initiatives.

En attendant, nous vous proposons de rajouter sans tarder votre signature à l’Appel à une Glass-Steagall global, un appel signé à l’heure actuelle par plus de 200 élus et économistes.

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