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Nucléaire, Espace : le monde avance, l’Europe et les Etats-Unis reculent...

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L’Asie à l’âge du nucléaire, l’Europe et les Etats-Unis vers l’âge de pierre

par Michael Billington,
rédacteur Asie de l’Executive Intelligence Review (EIR)

Alors que nous sommes au beau milieu de la plus grande crise financière de toute l’histoire, l’Asie comme la Russie se sont engagées dans une expansion sans précédent de l’énergie nucléaire. Ce vaste chantier est source de fierté pour les pays exportant cette technologie et d’espoir pour ceux qui l’acquièrent. Ces pays en développement furent longtemps privés de leur droit naturel à l’énergie nucléaire par l’influence permanente de l’impérialisme britannique. Les promesses du programme Atomes pour la Paix mené par les présidents Eisenhower et Kennedy – l’accès à une source d’énergie quasi-illimitée permettant de sortir de l’arriération coloniale – furent brusquement anéanties dans les années 1970, sous la poussée de l’hystérie anti-nucléaire nourrie par le mouvement écologiste du prince britannique Philip d’Edimbourg, sous le prétexte fallacieux que la non-prolifération des armes nucléaires passait par un gel du nucléaire civil. Désormais, les nations asiatiques ont définitivement rejeté le dictat impérialiste britannique en basant leur développement à long terme sur l’expansion de leur capacité nucléaire.

Malheureusement, les pays « industrialisés » ont sombré dans ce bourbier britannique. Alors que les pays asiatiques construisent actuellement 43 centrales, il n’y en a que 12 en chantier dans le reste du monde. Aux Etats-Unis, une seule centrale est en construction, et encore ne s’agit-il que d’achever le deuxième réacteur de la centrale de Watts Bar dans le Tennessee, suspendue en 1988. En Europe, seules deux centrales sont en cours, tandis que l’Allemagne et la Suède ont déjà pris la décision de fermer toutes leurs centrales (bien que la crise économique puisse les amener à reconsidérer cette folie).

En ce début janvier, 224 scientifiques et ingénieurs nucléaires ont adressé une lettre ouverte au conseiller scientifique du président Obama, John Holdren, lui-même un anti-nucléaire partisan de la croissance zéro. « Le reste du monde est en train de nous larguer, déplorent-ils sans détours. (…) Notre nation doit s’y remettre rapidement, pas dans 20 ou 50 ans, mais pendant que les pionniers du nucléaire sont encore là pour passer le flambeau à la nouvelle génération de scientifiques et d’ingénieurs. Il n’y a aucun argument politique, économique ou technique qui puisse justifier de se priver des bénéfices que l’énergie nucléaire apportera aux États-Unis alors que le reste du monde va de l’avant. »

A l’opposé de ce retour en arrière, la Corée du Sud vient d’annoncer son intention d’exporter 80 réacteurs nucléaires d’ici 2030, pour un montant total de 400 milliards de dollars. Ce pays n’est pourtant que le sixième exportateur mondial dans le domaine, place acquise tout récemment avec la signature d’un contrat avec les Émirats arabes unis, portant sur quatre réacteurs.

Ce qui fait dire à l’économiste américain Lyndon LaRouche : « Ce que nous voyons dans l’espace transatlantique est une civilisation qui se meurt, une civilisation qui se condamne à disparaître (…) alors que dans la région transpacifique, en particulier du côté de l’Asie et de l’océan Indien, le progrès est en marche ! Quand on regarde la dynamique économique de cette région, on constate que le développement de l’énergie nucléaire est partout au programme ; alors que dans l’espace transatlantique, le nucléaire est quasiment banni, et l’arriération menace de nous ramener à l’âge de pierre. »

La Russie prend les devants

Les accords sino-russes du 13 octobre dernier, portant sur le développement conjoint de l’énergie nucléaire et du transport ferroviaire à grande vitesse, illustrent la transformation en cours dans toute l’Asie. Des accords semblables ont également été signés par l’Inde avec ces deux pays. Pour LaRouche, ces avancées constituent un pas historique vers la réalisation de l’Alliance des quatre puissances – Etats-Unis, Russie, Chine, Inde – qu’il préconise en vue de créer un système international de crédit qui remplacera le système monétaire mondialiste en faillite.

Si, pour la première fois de l’histoire, les nations eurasiatiques coopèrent dans l’idée que leur intérêt souverain repose sur le développement mutuel de leur région, leurs dirigeants ne cessent de se poser cette question : pourquoi l’Occident ne les rejoint-il pas dans ce développement économique physique, alors que la finance mondialisée s’effondre ?

La Russie s’est engagée auprès de la Chine à accroître son aide pour développer le complexe nucléaire de Tianwan et à lui fournir deux surgénérateurs qui produiront autant, sinon plus de combustible qu’ils n’en consomment. De plus, elle lui construit une usine d’enrichissement tout en lui fournissant de l’uranium.

En Inde, la Russie va construire 12 à 14 réacteurs qui seront conçus « à la chaîne ». En effet, le directeur de la compagnie publique nucléaire russe Rosatom a déclaré que son pays prévoyait « de repasser à une phase de production en masse de réacteurs », un programme déjà en route avec plusieurs chantiers en Russie, en Iran et en Inde.

« Je reviens tout juste d’Inde, et ce pays a un réel besoin d’énergie, a déclaré le 15 janvier l’académicien russe Nikolai Ponomaryov-Stepnoy, vice-président du Centre nucléaire russe à l’Institut Kurchatov. L’Inde pense au futur et nous devrions en faire autant. Les réacteurs que nous bâtissons auront besoin de combustible pendant tout leur cycle de vie, c’est-à-dire jusque dans les années 2070. Nous devons donc penser à de nouvelles technologies nucléaires dont l’approvisionnement en combustible sera garanti. Je parle des surgénérateurs dont le cycle serait entièrement maîtrisé. Nous devrions dès maintenant offrir à l’Inde de coopérer dans ce domaine. Dans le même temps, nous devrons approvisionner nos partenaires non seulement en énergie électrique, mais aussi en carburant pour les voitures électriques et à hydrogène. Il est ainsi nécessaire de développer un nouveau pan de l’industrie nucléaire : la génération d’hydrogène. »

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Modèle de centrale nucléaire flottante russe, actuellement en construction.

Rosatom est également sur le point de lancer la première de ses « centrales nucléaires flottantes », des réacteurs de 70 à 250 MW construits sur le modèle de ceux qui équipent les brise-glaces et sous-marins russes. Ces réacteurs sont produits à la chaîne, placés sur des barges puis acheminés sur zone pour usage immédiat, tant pour la production d’électricité que le dessalement d’eau de mer. La première de ces centrales devrait sortir des chantiers de Saint-Pétersbourg cette année et déjà de nombreux pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique se montrent intéressés par cette technologie.

L’Inde et la Chine

Si la Chine ne compte que 11 réacteurs en service, elle est le pays qui en construit aujourd’hui le plus, puisque 20 nouveaux réacteurs sont en chantier – suivie par la Russie (9), la Corée du Sud (6) et l’Inde (5). Et elle ne compte pas s’arrêter là : elle prévoit de multiplier par 6 sa production d’électricité nucléaire d’ici 2020 et de la tripler d’ici 2030. Pour l’instant, la Chine a principalement recours à l’importation, mais elle est en train d’acquérir la technologie de base pour produire elle-même l’ensemble de ses centrales. La Russie lui fournit aussi une aide déterminante en vue d’acquérir la maîtrise totale du cycle de production d’uranium.

Avec ses 18 réacteurs en service, dont 16 « faits maison », et ses 5 en construction, l’Inde a développé sa propre technologie nucléaire, en grande partie parce qu’elle a refusé d’être l’otage de la mafia du Traité de non-prolifération (TNP). Détenant par ailleurs l’une des plus importante réserve mondiale de thorium (25%), l’Inde a pris les devants dans le développement de cette filière nucléaire.

Malgré les accords de 2008 avec les États-Unis, qui ont levé les contraintes pesant sur un éventuel partenariat dans le nucléaire civil, les échanges dans ce domaine entre les deux pays n’ont pas suivi et l’opposition de l’administration Obama au nucléaire ne risque pas de changer la donne. Par contre, la Russie et la Chine ont nettement accru leur coopération nucléaire avec la troisième grande puissance eurasiatique.

La Corée du sud à l’offensive

En décembre dernier, la Corée du sud a décroché un contrat de 40 milliards de dollars avec les Émirats arabes unis pour la construction de quatre centrales nucléaires, damant le pion aux consortiums français et américano-japonais. Ainsi, pour la plus grande fierté de son peuple, la Corée a définitivement signé son entrée dans le cercle des nations développées. Elle annonça de surcroît qu’elle exporterait 80 réacteurs d’ici 2030, démontrant ainsi le rôle que joue l’énergie nucléaire pour faire d’un pays sous-développé une nation industrielle moderne.

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Renaissance nucléaire en Eurasie

En effet, pour ce pays dévasté, il y a 50 ans encore, par le colonialisme et la guerre, l’énergie nucléaire a joué un rôle central dans son développement. En 1958, un accord signé avec les États-Unis mettait à l’ordre du jour le développement de ce type d’énergie, permettant non seulement de produire de l’électricité en abondance, mais qui servit aussi, comme l’a souligné l’ancien commissaire coréen à l’énergie atomique, Chang Kun Lee, de locomotive scientifique pour l’ensemble de l’économie et de l’enseignement, puisque se situant aux frontières de la science.

Le marché emporté dans le Golfe ne fut pas une surprise pour autant : la Corée a plus de 30 ans d’expérience dans la construction et l’exploitation de centrales nucléaires, et elle a le taux de fonctionnement le plus élevé de tous les parcs nucléaires du monde : 93,3% ! Elle a battu tous ses concurrents car elle est maintenant capable de construire plus vite et moins cher qu’eux.

La Corée est également à la pointe dans le nucléaire de l’avenir : elle a son propre réacteur expérimental pour la fusion, sur lequel sont formés de nombreux scientifiques et ingénieurs, dans le cadre du projet international ITER. Elle travaille aussi à la conception du premier prototype commercial d’une centrale de fusion.

Son objectif est d’atteindre l’indépendance énergétique d’ici 2015 au plus tard, comme l’a annoncé son Président à son retour de Copenhague, par la maîtrise du cycle de production et de retraitement des combustibles nucléaires.

Le déclin transatlantique

La destruction de l’industrie nucléaire américaine et européenne ainsi que la démoralisation des peuples et de leurs dirigeants ne sont pas sans conséquence pour la renaissance économique et nucléaire que le monde doit réaliser.

James Muckerheide, le responsable du nucléaire pour l’Etat du Massachusetts, a calculé que pour atteindre un niveau de vie décent pour tous d’ici 2050, il faudrait produire 6000 réacteurs nucléaires, tout en consacrant les ressources nécessaires pour que d’ici là, l’énergie de fusion devienne réalité.

Mais aujourd’hui, la capacité de production annuelle mondiale n’excède pas 30 réacteurs. Et le quasi-gel des constructions et l’abandon de certains programmes d’avenir en Amérique du nord et en Europe nous font perdre les ressources technologiques, scientifiques, industrielles et humaines nécessaires à une telle entreprise. Ces ressources de haut niveau, constituées au fil des ans, ne se recréent pas en un jour.

Même la France, l’un des pionniers et leaders mondiaux dans ce domaine, le pays dont 78% de l’électricité est nucléaire, ne construit actuellement qu’une centrale, poussant à bout un parc vieillissant de 58 réacteurs. Semblant perdre la tête, le gouvernement français va même jusqu’à subventionner l’installation de panneaux solaires en garantissant un prix d’achat de 58 centimes le kilowatt/heure, alors que l’électricité nucléaire ne lui en coûte que 3 !

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Le plus fou de tous reste l’Union européenne : elle exige des ex-pays soviétiques qu’ils ferment leurs vieilles centrales nucléaires de conception russe pour pouvoir rejoindre l’Union ! Si la construction de nouvelles centrales est envisagée « à terme », les fermetures sont immédiates. C’est le cas de la Lituanie, qui a fermé le 31 décembre dernier sa seule centrale d’Ignalina. Depuis l’accident de Tchernobyl, rien ne fut entrepris pour remplacer les centrales du même type (filière graphite-gaz), entre autres celle de Lituanie. Pour l’heure, la fermeture de la centrale lituanienne, qui produisait 70% de l’électricité du pays, a brutalement livré le pays au bon vouloir de la Russie pour sa survie énergétique immédiate.

C’est un immense chantier qui nous attend, et dont dépend la survie de la société humaine. L’énergie nucléaire est la clé de voûte du monde de demain, et le monde transpacifique nous montre la voie.

Marsha Freeman et Ramtanu Maitra ont contribué à cet article.


Le « Tiers monde » se lance dans l’aventure spatiale

En octobre 2009, Marsha Freeman, du magazine Executive Intelligence Review (EIR), a assisté au Congrès de la Fédération astronautique internationale (IAF) de Daejeon, en Corée du sud. Elle rapporte ici les progrès accomplis par les nouveaux pays émergents dans ce domaine.

Au moment où les grandes puissances eurasiatiques – Russie, Inde et Chine – lancent de vastes projets scientifiques et d’infrastructure pour relancer leurs économies, plusieurs puissances moyennes rejoignent l’aventure spatiale. Lors du Congrès de l’IAF, les premiers progrès étaient manifestes. La Corée du sud, organisatrice de la rencontre, a montré qu’elle est désormais une puissance spatiale d’envergure. Chaque année, les nations présentent leurs réalisations en ce qui concerne la science spatiale, le vol spatial habité, l’exploration planétaire, les applications spatiales, l’éducation et l’impact du développement de l’espace sur la société.

« Ouvrir l’exploration spatiale aux pays neufs »

Entretien avec le Dr Feuerbacher, président de la Fédération internationale astronautique (IAF). Propos recueillis par Marsha Freeman (EIR).

Q : Permettez-moi de vous féliciter pour la belle réussite de ce congrès.

F : D’habitude, on s’attend à une forte participation lorsqu’une conférence de ce type se tient dans les pays possédant déjà des programmes spatiaux, comme l’Europe ou les Etats-Unis. Sorti de ce périmètre, on s’attend à une participation moindre, en particulier quand la crise économique s’y ajoute. Alors qu’on attendait à moins de 2000 participants, on dépasse certainement les 3000, une vraie surprise pour nous. Je pense que les Coréens ont fait un excellent travail de communication (…) Nous avons mis en place des bourses pour permettre aux étudiants des pays émergents de s’y rendre. De plus, nous avons un programme spécial pour les jeunes professionnels, ce qui fait qu’en tout, à mon avis, au moins un quart des participants ont moins de 33 ans.

Q : L’autre objectif, c’est d’augmenter la participation des pays émergents ?

F : C’est un fait extraordinaire. De plus en plus de nations reconnaissent l’apport positif que l’espace peut apporter à leur population. Dans le passé, on avait tendance à considérer l’espace comme un jouet technologique ou un domaine de prestige national. Avec le temps, le message est passé que ce qui compte, c’est le profit qu’en tirent les peuples. Cela élargit énormément le nombre de pays qui s’intéressent à l’exploration spatiale. Il y a plus de 70 pays représentés ici et l’on envisage de tenir notre première conférence en Afrique en 2011.

Q : C’est surtout dans le domaine des satellites que l’on voit émerger de nouveaux pays.

F : Vous savez, on n’est pas obligé d’avoir une industrie spatiale pour pouvoir recueillir les fruits de l’exploration spatiale. Il existe des bases de données facilement accessibles, à faible coût et même gratuitement. La politique consistant à disséminer cette connaissance devient de plus en plus une pratique courante et appréciée. De plus, ces données sont de plus en plus fiables, ce qui est d’une haute importance, car cela implique qu’un plus grand nombre de personnes peuvent s’en servir. Je pense que [démarrer avec les satellites est] la bonne façon de faire. N’attaquez pas immédiatement avec la haute technologie, mais commencez avec les technologies les plus simples. Eduquez vos jeunes et ainsi, vous pouvez créer les bases permettant de faire un pas en avant.

Q : Quel fut l’impact de la crise économique sur les programmes spatiaux ?

F : C’est variable. Certains pays considèrent l’espace comme une locomotive tirant l’innovation technologique et donc comme un moyen pour surmonter la crise. D’autres agissent différemment. Cependant, je pense qu’en général, le développement du secteur spatial améliore la coopération. Puisqu’il est de plus en plus difficile pour un pays de lancer, à lui tout seul, une mission spatiale complexe, la coopération entre pays est encouragée. C’est une bonne chose.

Q : Quelle est l’importance de la coopération internationale pour atteindre les objectifs de ce siècle ?

F : Si vous prenez les objectifs majeurs, comme des vols habités vers la Lune ou Mars, on se rend à l’évidence que c’est une tâche d’une dimension globale. Cela nécessitera une coopération dépassant de loin celle qu’on a eue pour la station spatiale internationale. Nous devons inclure tout le monde. Ce processus nouveau doit voir le jour maintenant et estompera le rôle des pays dominants. Ce sera un partenariat d’égal à égal, qu’il s’agisse d’un petit pays comme le Nigéria, capable de contribuer un peu, ou de grands pays comme les Etats-Unis ou la Russie, qui excelle dans ce domaine. On peut joindre les efforts des uns à ceux des autres. Je pense que c’est la bonne direction.

Suivant la volonté du président de l’IAF, Berndt Feuerbacher (voir encadré), le Congrès de Daejeon a fait la part belle aux nations émergentes dans le domaine spatial, en insistant tout particulièrement sur le rôle des jeunes chercheurs, dont seront issus les futurs scientifiques, astronautes et colons de la Lune et de Mars. Ces nouvelles nations comprennent la Tunisie, le Nigeria, le Guatemala, l’Afrique du sud, le Kazakhstan, le Vietnam, le Pérou et l’Iran.

Si la plupart de ces pays ont souffert plusieurs décennies de sous-développement, la crise actuelle, avec le système financier impérial qui se désintègre sous leurs yeux, leur offre la possibilité de se tracer une nouvelle voie et d’entrer dans le XXIe siècle. A mesure que se concrétise la proposition de Lyndon LaRouche pour une alliance entre les 4 grandes puissances que sont la Russie, l’Inde, la Chine et les Etats-Unis, ces nations rejoindront la nouvelle dynamique d’une Renaissance mondiale.

Début de l’ère spatiale

L’ère spatiale débute en 1957, avec le lancement par l’Union soviétique du satellite Spoutnik. Le choc est tel que les Etats-Unis se réveillent rapidement. A partir des années 1960, l’Europe et le Japon rejoignent les deux grands et s’engagent dans l’aventure spatiale. La décennie suivante, c’est au tour de certains pays en voie de développement de faire de même, notamment la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Argentine.

Dès les années 1980, faisant usage de technologies spatiales, plusieurs nations se donnent une base industrielle dans le domaine spatial, notamment la Corée du sud et le Mexique. Par la suite, d’autres pays s’ajouteront à la liste.

Les premières années, les efforts se concentrent sur le développement et la mise en orbite terrestre de satellites capables de nous procurer des vues de la Terre que l’on ne pouvait obtenir auparavant. A partir des années 1960, ces satellites servent de relais pour les émissions de radio, puis pour la télévision. Petit à petit, les pays en voie de développement sont autorisés à exploiter ces données satellitaires (cartographie, météo, etc. ) pour le plus grand profit de leurs économies. Par ce processus, les nations émergentes gagnent en qualifications et s’ouvrent au reste du monde. Ce sont des étapes marquantes de la participation des pays pauvres aux programmes d’exploration spatiale du futur. La Tunisie en est un exemple typique.

La Tunisie

Lors du Congrès de l’IAF, l’un des fondateurs du Centre national de la cartographie et de la télédétection (CNT) de Tunis, Mustapha Masmoudi, a présenté les avancées dans ce pays.

Le CNT fut fondé en 1988 sous la tutelle du ministère de la Défense. Sa principale mission est de développer des méthodes basées sur les technologies de l’espace dans les secteurs économiques prioritaires du pays, notamment l’agriculture (inventaire des forêts, oasis, etc.), l’aménagement du territoire (sélection de sites autoroutiers et aéroportuaires) et l’environnement (lutte contre la sécheresse).

Bien qu’elle ne compte que 10 millions d’habitants, la Tunisie peut jouer un grand rôle en mettant ses capacités au service d’autres pays de la région. Tunis, la capitale, accueille le siège du Centre régional de télédétection des Etats d’Afrique du nord. Elle est aussi chargée de travailler au développement d’une terminologie en langue arabe qui convienne aux systèmes de communication internationaux. Par ces projets, la Tunisie développe un cadre de spécialistes et prévoit d’allouer 1,25% de son budget fédéral annuel à la recherche scientifique sur les dix prochaines années.

En tant que membre de l’Union du Maghreb arabe (UMA – avec le Maroc, l’Algérie, la Libye et la Mauritanie), la Tunisie participe à de nombreux projets internationaux liés à l’espace. En 2001, les autorités tunisiennes entament une collaboration avec d’autres capitales du Maghreb pour mettre sur pied un réseau d’échange de données en vue d’accroître les compétences de la région.

Pour franchir une nouvelle étape, l’on propose de passer de l’utilisation de données spatiales fournies par d’autres nations à l’étude, la conception et la construction d’un petit satellite régional. Selon les auteurs du projet, pour que la Tunisie développe sa propre technologie spatiale, « le satellite est la technologie qui permettra de réduire les disparités entre pays riches et pauvres ».

Le Nigeria

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En mai 2007, la Chine a mis en orbite géostationnaire le satellite NigComSat-1 (en haut). Une centaine d’ingénieurs nigerians ont été formés en Chine lors de la conception, la réalisation et le lancement (au milieu) du satellite. Depuis lors, ils pilotent au Nigeria la base spatiale (en bas) en charge d’exploiter les données renvoyées vers la terre.

Lors du Congrès, Mariel John, de la Space Foundation américaine, passa en revue l’histoire spatiale du Nigeria. Dès 1976, ce pays manifeste son intention de s’impliquer dans l’espace. Bien que des fonds aient été alloués, il lui faudra attendre 1996 pour que son Centre national de télédétection devienne opérationnel et ce n’est qu’en 1998 qu’un vrai centre spatial (NASRDA) voit le jour, employant une centaine de personnes. Pour le NASRDA, la formation d’une « masse critique » de Nigérians dans le domaine des sciences et technologies spatiales est indispensable pour atteindre une certaine autosuffisance technologique, industrielle, commerciale et économique.

Les milieux financiers ne sont guère emballés par une telle ambition. En 2001, le jour précédant la création du Conseil consultatif présidentiel sur la science, le Financial Times accuse le Nigeria de gaspiller son argent et de ne pas respecter ses engagements avec le FMI ! En dépit des pressions, le Nigeria met sur pied une solide entreprise spatiale.

Pour jeter les bases de la recherche, il crée, à l’université de Nsukka, le Centre pour l’éducation scientifique et technologique spatiale. Sur place, le Centre de géodésie et de géodynamique utilise la télédétection pour mesurer et cartographier le pays, pour la localisation de minéraux, la surveillance des changements littoraux et l’analyse de l’usage des terres agricoles.

Le Centre pour le transport et la propulsion fabrique des fusées, et le Centre national de télédétection gère la station de pilotage du satellite nigérian d’observation de la Terre. Tout en restant déterminé à bâtir ses propres capacités, le Nigeria coopère avec des partenaires internationaux pour envoyer ses premiers satellites dans l’espace.

En 2003, le Nigeria entre dans l’ère spatiale avec le lancement en Russie de Nigeria Sat-1. Suite à un accord passé avec la Chine en 2005 pour y faire construire un autre satellite de communications, NigComSat-1, le premier satellite africain en orbite géosynchrone est lancé en mai 2007. Alors que le projet est encore en préparation, le gouvernement fait une fois de plus l’objet de critiques, alléguant qu’il serait préférable d’utiliser cet argent pour « combattre la pauvreté ». Le professeur Boroffice, qui dirige l’agence spatiale, rétorque que la technologie spatiale est une autre façon de tirer le Nigeria de la pauvreté, en servant de catalyseur au développement économique.

Malheureusement, après un an passé en orbite terrestre, le satellite NigComSat-1 tombe en panne (il sera gratuitement remplacé par China Great Wall Industries). Cela ne décourage pas pour autant les planificateurs nigérians. Les prochains NigComSat 2 et 3 sont aujourd’hui en travaux. Les experts estiment que, grâce au développement de son noyau d’ingénieurs, le Nigeria pourrait, dès 2015, devenir capable de concevoir et produire ses propres satellites.

Comme l’a déclaré le directeur général de la NASRDA, le Dr Onailo, en décembre 2009, le développement spatial est un « outil de révolution technologique » pour toute société. Pour l’Afrique, le but, tel que l’expriment les responsables nigérians, est de surmonter son identification coloniale en tant que « continent largué », pour devenir, dans les années qui viennent, les nations éclairées de l’espace.


Notre page spéciale : L’Alliance des quatre puissances, naissance d’un nouveau monde


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