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Nucléaire : la Russie disposée à équiper l’Afrique du Sud

La rédaction
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Les deux réacteurs de la centrale de Koeberg en Afrique du Sud sont les seuls réacteurs en opération sur tout le continent africain.
Crédit : Wikipedia Commons

D’après le site de Radio France internationale (RFI), l’Afrique du Sud a finalement choisi la Russie pour son futur parc nucléaire.

L’Agence fédérale russe de l’énergie atomique Rosatom a indiqué dans un communiqué de presse daté du 22 septembre, la signature d’un partenariat stratégique avec l’Afrique du Sud dans le domaine du nucléaire. Ce texte, qui doit encore être transformé en contrat, prévoit la fourniture de 8 réacteurs nucléaires ainsi que le développement d’une collaboration dans les différents secteurs de l’énergie atomique.

C’est un désaveu pour la France, qui convoitait depuis longtemps le plus grand marché public de toute l’histoire de l’Afrique du Sud - il pourrait porter sur 40 milliards d’euros.

RFI a interrogé Eugène Korendyasov, ancien ambassadeur de la Russie dans trois pays d’Afrique et actuellement à a tête du Centre de recherches sur les relations russo-africaines à l’Académie des sciences de Moscou.

RFI : Eugène Korendyasov, en quoi est-ce que le contrat nucléaire sud-africain est une importante victoire pour Moscou ?

Eugène Korendyasov : C’est très important. C’est un accord qui était très, très attendu. La Russie a beaucoup d’expérience et beaucoup de maîtrise en ce qui concerne l’énergie atomique.

Le document n’exclut pas un éventuel transfert de technologie ?

D’après le texte, si on participe à une création industrielle dans le domaine de l’énergie atomique, certainement des technologies, le transfert des technologies ou d’une partie des technologies est absolument prévisible.

Et au-delà, l’Afrique du Sud avait-elle des raisons politiques selon vous, de se tourner vers Rosatom en Russie et non vers le Français Areva par exemple, qui convoitait également cet important contrat ?

Je crois qu’il y a des sentiments politiques peut-être liés avec la solidarité dans la lutte contre le régime d’apartheid. Comme l’Union soviétique de l’époque a puissamment aidé les luttes pour l’élimination du régime d’apartheid, peut-être que les sentiments ont joué.

C’est vrai que la Russie durant le régime apartheid a accueilli des boursiers de l’ANC qui sont ensuite devenus, pour certains ministres, pour d’autres présidents. Est-ce que ce n’était pas aussi important pour le forum des BRICS qui regroupe le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud ? Car ce contrat finalement est signé par deux membres des BRICS. Cela donne de la substance à ce forum ?

Vous avez absolument raison. Cet élément appartient à ce nouveau centre de politique internationale que constitue aujourd’hui les BRICS. Cela a joué un rôle positif et peut-être un rôle simulateur.

La Russie s’est désintéressée de l’Afrique durant les années 90. Est-ce qu’on peut désormais parler d’un regain d’intérêt

C’est absolument vrai. Il y a un grand regain d’intérêt de la part des grosses compagnies de Russie envers l’Afrique. Il y a beaucoup de facteurs qui jouent. D’abord l’Afrique c’est un grand continent. Ensuite, nos deux parties ont beaucoup en commun dans le domaine international, l’hostilité aux tentatives d’hégémonie.

Et il est important de pouvoir s’afficher avec des partenaires en Afrique, notamment au moment où la Russie est mise au banc par les pays de l’Union européenne et par les États-Unis ?

Vous savez, c’est une histoire à part tout à fait passagère. Mais avec l’Afrique c’est depuis très longtemps que ce regain d’intérêt se prépare et actuellement les plus grosses sociétés russes sont déjà impliquées dans le business en Afrique.

Et de façon plus générale, comment décririez-vous l’approche de la Russie en Afrique ? En quoi est-ce qu’elle se distingue de l’approche de la France, des États-Unis, de la Chine ou encore du Brésil ?

Les hiérarchies de priorité sont forcément différentes. Avec la France pas toujours, mais le plus souvent on était ensemble pour la cause africaine. Mais, on ne comprend pas. On est ces derniers temps un peu surpris de certaines escapades. C’est peut-être des incidents de parcours.

Vous parlez de la Libye ?

Je parle surtout de la Libye. Ça m’a surpris personnellement quand j’ai regardé à la télévision les embrassades de l’ancien président avec Kadhafi. Et deux mois après, ou presque, il y a les rafales qui arrivent et qui bombardent. Ça m’a un peu surpris.

Votre ministre des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, s’est rendu au Zimbabwe où des contrats d’exploitation minière ont été signés. La question du non respect des droits de l’homme dans certains pays africains n’empêche pas la Russie de faire des affaires avec ces régimes ?

Vous savez, nous avons certaines différences de position. Nous respectons la souveraineté des Etats africains. Et puis les problèmes de droit de l’homme dans le contexte de chaque pays, surtout en Afrique, se pose d’une façon différente. Les Français s’embrassaient avec les Zaïrois à l’époque de Mobutu. Et on ne pouvait pas dire que Mobutu était le champion dans le domaine de la démocratie. Et puis le business et le problème politique... Nous respectons la politique et les positions de nos partenaires africains si ça ne porte pas atteinte au droit international et à d’autres normes généralement admises dans le monde.

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