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Nucléaire : vers un accord franco-chinois gagnant/gagnant

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Par Christine Bierre et Karel Vereycken

A la veille de la visite d’Etat que le président français Emmanuel Macron doit effectuer en Chine à partir du 8 janvier 2018, la perspective d’un accord majeur sur la coopération nucléaire s’invite à l’ordre du jour.

Si l’on est encore loin d’un accord général sur l’initiative « Une ceinture, une route », qui semble pour l’instant cadenassé par l’attitude des autorités européennes, du côté français, on redouble d’efforts pour pousser la coopération bilatérale dans certains domaines.

Sans surprise, le voyage du président français était au cœur du 5e dialogue économique et financier franco-chinois de haut niveau qui s’est tenu à Beijing du 30 novembre au 1er décembre, avec la participation de Bruno Le Maire, ministre français de l’Economie et des Finances, et le vice-Premier ministre chinois Ma Kai.

Les deux grands sujets abordés furent :

  1. la gouvernance mondiale et la nécessité de renforcer les règes du multilatéralisme et
  2. le renforcement des relations commerciales bilatérales, en particulier via des partenariats entre entreprises françaises et chinoises dans les domaines traditionnels : aéronautique, énergie nucléaire, agro-industrie et automobile.

Dans un entretien avec le média chinois Caixin, notre ministre a qualifié ces entretiens de « très fructueux » et annoncé que la visite d’Etat de Macron du 8 janvier serait « le début d’une nouvelle ère dans les relations commerciales » entre les deux pays.

Une usine de retraitement du combustible nucléaire usé

Cependant, le sujet qui cristallise les énergies dans les deux capitales et qui pourrait conduire à une percée majeure lors de la visite de Macron, c’est l’accord géant, discuté depuis 2007, entre Areva et la China National Nuclear Corporation (CNNC), une des plus grandes entreprises de l’Etat chinois dans ce domaine, pour la construction d’une usine de retraitement des déchets nucléaires en Chine.

Or, Areva, un des leaders mondiaux du nucléaire, a développé des techniques et des procédés permettant de récupérer jusqu’à 96 % du combustible usé. Dans ce processus, l’uranium et le plutonium récupérés à partir du combustible usé seront réutilisés dans de nouveaux combustibles, notamment le MOX, un mélange d’oxyde d’uranium et de plutonium.

Un accord avec la Chine aiderait forcément à relancer l’industrie nucléaire française. Rappelons qu’en 2017, le gouvernement a dû voler au secours d’Areva après bien des déboires. Ainsi, alors qu’EDF a racheté les actifs réacteurs (Areva NP, ex-Framatome), l’Etat a apporté 2,5 milliards d’euros à NewCo, la nouvelle entité du groupe nucléaire recentrée exclusivement sur le cycle du combustible.

Alors que la France a écarté toute participation chinoise directe au capital d’Areva, elle n’a pas fermé la porte à la Chine pour lui permettre d’acquérir une usine de retraitement du même type que celle de La Hague.

Dans un premier temps, la Chine, actuellement de loin le marché le plus dynamique au niveau mondial sur le plan nucléaire, achèterait du combustible à Areva, permettant d’améliorer sa situation.

En même temps, la Chine passerait commande pour une usine de retraitement, un projet d’une ampleur comparable au barrage des Trois Gorges (environ 23 milliards d’euros). La moitié de cette somme reviendrait aux Français qui seront chargés de la conception et des services essentiels pour lancer le projet. Si cette commande est confirmée, cela représentera du travail extrêmement qualifié pour quelque 2500 ingénieurs pendant six à sept ans, c’est-à-dire le temps de construire l’usine. Le chantier pourrait démarrer dès 2020 et entrer en service dès 2030.

Cet accord gagnant/gagnant n’a jamais « semblé aussi proche », écrivent Les Echos. Déjà présent à Pékin au début du mois, le président d’Areva, Philippe Varin, s’y est à nouveau rendu jeudi dernier pour s’entretenir avec son homologue à la tête de l’opérateur chinois CNNC. « Il y a des discussions tous azimuts, avec de nombreux déplacements de Chinois en France et de Français en Chine », confirme un industriel.

Les Echos précisent :

L’objectif de la future usine en Chine est de traiter les combustibles usés et d’en recycler une part sous forme de MOX, en se basant sur les technologies d’Areva développées sur les sites de La Hague (Manche) et de Melox (Gard). Elle aurait une capacité de 800 tonnes de combustibles usés par an et il s’agirait de la première usine chinoise de ce genre, validant le choix de la Chine pour le cycle fermé.

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