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Obama dos au mur après la fuite du mémo sur les assassinats ciblés

La rédaction
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Après la fuite, lundi soir, par le journaliste de la chaîne NBC Michael Isikoff du « Livre blanc » confidentiel du département de la Justice sur les assassinats ciblés, la Maison Blanche a convoqué d’urgence mardi matin une conférence de presse pour tenter d’éteindre l’incendie.

Obama s’est contenté d’une courte apparition pour lire une déclaration, avant de s’esquiver un long moment avec son porte-parole Jay Carney, qui est revenu pour répondre aux questions des journalistes. Carnay, visiblement pas content d’être laissé avec le pétard en main, a déclaré qu’il pensait échapper à l’exercice (sous-entendant qu’il croyait qu’Obama aurait le courage de répondre lui-même aux questions), mais qu’il allait finalement faire face à la musique.

Ces événement font suite à une lettre envoyée au Président par un groupe de 11 sénateurs plus tôt dans la journée de lundi, parmi lesquels se trouvaient 8 démocrates, exigeant de la Maison-Blanche qu’elle rende public le mémo confidentiel du département de la Justice justifiant les assassinats ciblés.

Ce livre blanc, intitulé « De la légalité des opérations létales dirigées contre un citoyen américain exerçant de hautes responsabilités auprès d’al Qaïda ou une autre force associée », est explosif par le seul fait qu’il confirme que le Président s’arroge le droit de tuer toute personne désignée par lui comme associée à des activités terroristes. Le mémo indique que le Président peut agir de cette manière, à condition que soient respectés les trois éléments suivants :

  • La première condition est « qu’un responsable informé, de haut niveau du gouvernement des Etats-Unis a déterminé que l’individu ciblé pose une menace imminente d’attaque violente contre les Etats-Unis ». Le mémo ne précise pas qui doit être le haut responsable en question, ni ses qualifications ou la qualité des preuves dont il dispose. Bien au contraire, le mémo poursuit en précisant que cette « condition n’exige pas que les Etats-Unis disposent de preuves claires montrant qu’une attaque particulière contre des ressortissants ou intérêts américains doit avoir lieu dans un futur immédiat ». Ainsi, le concept de « menace imminente » est déformé jusqu’à le rendre totalement méconnaissable.
    Jameel Jaffer, directeur-adjoint responsable des questions légales de l’Association de défense des droits civiques (ACLU), en fait l’analyse suivante :
    « L’affirmation première du livre blanc est que le gouvernement a l’autorité de procéder à l’assassinat extra-judiciaire d’un citoyen américain si ’’un responsable gouvernemental informé et de haut niveau’’ estime qu’il pose ’’une menace continuelle au pays’’. Cette vaste autorité existe, selon le mémo, même si la menace n’est pas imminente aux sens normal de ce mot, même si la cible n’a jamais été inculpée d’un crime ou informée des allégations pesant contre elle, et même si la cible ne se trouve d’aucune manière sur un champ de bataille réel. »
  • La deuxième condition est qu’il faut que la « capture ne soit pas réalisable ». Il s’agit d’un court paragraphe, dans un texte de 16 pages, qui traite de manière expéditive s’il est commode ou non de tenter de capturer la cible plutôt que de simplement l’assassiner.
  • La troisième condition est que l’assassinat doit être exécuté dans le respect des lois de la guerre.

Ainsi, ce qui est nouveau dans ce livre blanc, par rapport à quelques autres mémos rédigés sous l’administration Bush-Cheney et dont le contenu a été publié au cours des dernière années, est que l’administration Obama étend le concept de menace « imminente », en utilisant ce que le département de la Justice lui-même appelle « un concept élargi de l’imminence ». La seule preuve requise avant de cibler quelqu’un est que l’on dise qu’il est associé à al Qaïda ou une « force associée », « complotant continuellement des attaques contre les Etats-Unis ».

Pour ce qu’il reste des notions de séparation des pouvoirs et d’équilibre entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire, elles n’apparaissent nulle part dans ce système. En utilisant la guerre (contre le terrorisme) comme prétexte, l’administration Obama ne reconnaît plus de limites ni en termes de temps, puisque la guerre au terrorisme est permanente, ni en termes d’espace, puisqu’il n’y a plus de frontières et que le monde entier est transformé en un unique champ de bataille, ni en termes de droit, puisque l’exécutif devient une autorité suprême se suffisant à elle-même.

Mais il semble bien que le monde selon Obama ait finalement atteint ses dimensions maximales, comme le montrent les multiples questions auxquelles à été soumis son porte-parole Jay Carnay au cours de la conférence de presse de mardi matin.

En voici un échantillon : Comment le gouvernement peut-il déterminer si un citoyen américain représente une menace imminente aux intérêts américains sans qu’il n’existe aucune preuve montrant que l’individu ciblé est en train de planifier une attaque immédiate ? Mais comment le gouvernement peut-il décider qu’il y ait une menace imminente s’il n’y a aucune preuve qu’une attaque doit arriver dans l’avenir immédiat ? Le peuple américain devrait-il être confiant à l’égard de la définition de l’administration du terme imminent, si cela signifie également qu’il n’y a aucune preuve précise pour la soutenir ? Sur la question des drones, existe-t-il un document de référence qui définisse de manière plus précise ce qu’est une menace imminente ? Ou un tel document est-il en préparation ? Le Maison-Blanche ne croit-elle pas que ceci est de toute manière plutôt vague ? Le Président a mis fin aux « techniques d’interrogation » de l’administration Bush, mais comment le fait de lancer une bombe sur la tête d’un citoyen américain sans aucune procédure judiciaire ou procès ne peut-il pas soulever la question des droits de l’homme autant que le « waterboarding » ? Que répondez-vous à l’ACLU, qui décrit ce document comme « profondément dérangeant » ? Que dire à propos du drone qui a tué le fils de 16 ans d’Awlaki ? Est-il considéré comme un haut responsable d’al Qaïda, comme il est stipulé dans le livre blanc ? Nous ne questionnons pas les bonnes intentions du Président, mais n’êtes-vous pas en train d’établir un précédent à l’égard des administrations à venir ? Le Président a beaucoup parlé de transparence, et pourtant un document confidentiel vient de surgir et des sénateurs demandent plus d’information. Est-ce de la transparence ?

Non seulement des cris de révolte commencent-ils à se faire entendre dans les coulisse du Congrès et dans la presse, mais aussi au cinéma, avec la projection récente d’un nouveau film aux festival du film de Sundance, intitulé « Dirty Wars : The World Is a Battlefield » (Guerres sales : le monde est un champ de bataille), des réalisateurs Jeremy Scahill et Rick Rowley. Ce film documente les allées et venues de l’unité de commandement spéciale conjointe responsable de rechercher les individus placés secrètement sur la liste de cibles d’Obama. Un opérateur interviewé dans le film exprime son étonnement de voir que malgré les « activités » soutenues du groupe, la liste continue à s’allonger.

Sans un article du Guardian, Naomi Wolf affirme quant à elle que les assassinats ciblés d’Obama constituent la « question essentielle de l’histoire contemporaine de notre pays ». Elle constate : « Cet arrangement, où des équipes de la mort sont à l’œuvre sous la seule autorité de l’exécutif, est une définition de la dictature. »

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Vos commentaires

  • Le 7 février 2013 à 20:48
    par Eric

    Si les Etats-Unis étaient une démocratie et non un gouvernement faussement représentatif, jamais un psychopathe comme Obama n’aurait pu perpétrer les crimes qu’il a perpétrés. D’abord, dans une démocratie le pouvoir du Président de la république démocratique est réduit à la portion congrue. Ensuite, les membres de l’Assemblée nationale sont tirés au sort, n’ont pas vocation à rédiger et à voter les lois, ils sont révocables, leurs mandats sont courts, non renouvelables et ils doivent rendre des comptes régulièrement.
    L’anti-Constitution des Etats-Unis est la racine du mal. Destituer Obama serait une bonne chose, mais il ne faudra surtout pas que les Américains s’arrêtent là. Obama n’est qu’une des nombreuses conséquences néfastes de l’anti-Constitution américaine. Si les Américains ne s’attaquent pas à la racine du mal, celui-ci perdurera.

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