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A la convention démocrate, Obama se vante d’être « le Président qui n’a pas peur de tuer »

La rédaction
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En 1980, Ronald Reagan a battu le président sortant Jimmy Carter en demandant aux électeurs si leur situation personnelle s’était améliorée depuis quatre ans. Comme il s’agissait d’une période de forte inflation et de faible croissance, la réponse évidente était « non », et le malheureux Carter ne trouva rien à répondre.

En 2012, un Mitt Romney dépourvu d’imagination pose la même question, sachant qu’en dépit des assurances données par la Maison Blanche d’une « lente reprise » de l’économie, la majorité des électeurs ont connu des difficultés économiques sévères depuis 2008, et que la réponse serait encore une fois « non ».

Si les partisans de Barack Obama doivent effectivement reconnaître que la reprise est lente, ils mettent cela sur le dos de son prédécesseur – même si Obama a poursuivi les pires aspects de la politique économique du président Bush, à savoir le sauvetage des banques – et sur le dos des républicains qui contrôlent le Congrès, bien que les démocrates aient eu la majorité des deux chambres pendant les deux premières années de la présidence Obama.

Barack Obama et ses porte-parole à la Convention démocrate ont beau répéter que « les perspectives sont bonnes mais que nous avons besoin d’un peu plus de temps », leur optimisme a été brutalement démenti par de nouvelles statistiques montrant qu’il n’y avait eu aucune création nette d’emplois au cours des neuf derniers mois, tandis que les Américains sont plus nombreux que jamais (46 millions) à dépendre de l’aide publique pour acheter de la nourriture. Selon la dernière étude du département de l’Agriculture, un Américain sur six ne mangeait pas à sa faim en 2011 et neuf millions d’enfants vivaient dans l’« insécurité alimentaire ».

Par conséquent, le seul argument économique que la campagne d’Obama puisse invoquer en faveur d’un nouveau mandat de quatre ans, serait de dire que la politique de Romney serait encore pire. Bien que Romney n’ait rien proposé jusqu’à présent pour arrêter la désintégration de l’économie et du système financier, entre 55 et 65 % des électeurs, suivant le sondage, disent qu’ils ne font pas confiance à Obama sur le plan économique.

Il n’est donc pas surprenant que l’équipe du Président ait choisi de tabler sur l’image d’« Obama le tueur en chef », martelant en particulier « qu’il a eu la peau d’Oussama ben Laden ». Selon un commentateur, le nom de Ben Laden a été prononcé si souvent à la Convention qu’on aurait pu croire qu’il s’agissait du colistier d’Obama !

Cette tactique se reflète dans la réponse macho du sénateur John Kerry à la question de Romney : « Demandez à Oussama ben Laden si sa situation est meilleure aujourd’hui qu’il y a quatre ans. » Le vice-président Biden, de son côté, a proposé comme slogan : « Ben Laden est mort, General Motors est vivant », en référence au sauvetage de GM (qui aura sans doute besoin d’un nouveau renflouement l’année prochaine).

Lors de son interview à CNN pendant la convention, Obama a largement affiché son intention de se présenter comme « le Président qui tue », lorsqu’on lui a demandé sur quels « critères » il s’appuie pour lancer des frappes mortelles par drone. Bien qu’il n’existe aucune disposition juridique ni constitutionnelle autorisant un Président à ordonner un « assassinat ciblé », Obama a souligné qu’il décide personnellement de qui tuer car le droit américain l’y autorise ! Les cibles, ajouta-t-il, doivent représenter une menace « sérieuse et non spéculative », mais son administration n’a jamais présenté la moindre preuve contre ceux qui ont déjà été assassinés, y compris des citoyens américains. De même, il n’a rien à dire sur les centaines, voire les milliers de civils abattus par drone sur ses ordres en Afghanistan, au Pakistan et au Yémen.

S’il est impossible de connaître les chiffres exacts, des experts estiment que ces attaques de drones auraient tué au moins dix fois plus de civils que de terroristes présumés (mais non prouvés). En outre, Obama et son département de la Justice se refusent à poursuivre en justice un seul des Américains accusés de torture, sans parler de ceux qui donnaient les ordres, et ils viennent de classer sans suite les dernières enquêtes.

A l’extérieur du site de la Convention, les militants larouchistes (LPAC) ont pu recueillir le sentiment des délégués participants à l’évènement. De nombreux militants démocrates s’avouent troublés par les méthodes anti-démocratiques employées par le Parti pour étouffer les voix dissidentes.

Depuis le début de la campagne cette année, en dépit de nombreux signes indiquant que les électeurs cherchent une alternative (plus de 40 % des voix dans les primaires démocrates d’au moins cinq Etats ont choisi un autre candidat que le Président sortant), toute opposition à sa réélection a été brutalement rejetée.

Par exemple, lorsque des membres du Comité de rédaction du programme ont voulu y inclure le rétablissement de la loi Glass-Steagall, des proches du président les en ont dissuadé par des mensonges et des intimidations, puisque Obama s’oppose fermement à une régulation sérieuse du monde bancaire et financier. Selon des membres de ce Comité, hormis le Glass-Steagall, une quarantaine de résolutions ont été rejetées d’office. En revanche, les participants étaient appelés à approuver sans discussion l’agenda d’Obama.

Le seul sujet controversé soumis aux délégués de la convention concernait la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. Cette disposition, figurant dans le programme de 2008, avait été supprimée cette année, provoquant la colère d’Obama qui la fit réintégrer. Lors de sa lecture publique, de nombreux délégués se sont révoltés, exigeant un vote.

Après trois votes par acclamation, il était indéniable que la majorité s’opposait toujours à cet article imposé par Obama. Cela n’a pas empêché le président de la session de le déclarer adopté, à la grande colère de ceux qui craignent qu’Obama n’encourage le Premier ministre Netanyahou à attaquer l’Iran.

Autre sujet litigieux, l’immigration. Si Obama a signé un ordre exécutif accordant l’immunité à un groupe spécifique de jeunes immigrés clandestins, il a par ailleurs fait expulser plus de 1,9 million d’immigrés, plus que tout autre Président de l’histoire.

Des militants du LPAC ont pu distribuer sur place des milliers de tracts, notamment sur le danger de guerre. Ils furent frappés, mais non surpris, par le manque d’enthousiasme ressenti par les délégués à l’égard de l’homme en qui ils avaient mis tant d’espoir il y a quatre ans.

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Vos commentaires

  • Le 11 septembre 2012 à 16:57
    par petite souris

    Bien qu’il n’existe aucune disposition juridique ni constitutionnelle autorisant un Président à ordonner un « assassinat ciblé », Obama a souligné qu’il décide personnellement de qui tuer car le droit américain l’y autorise !

    Obama = un Prix Nobel de la Paix !!!!!!

    Les marchands d’armes ont choisi leur président .........

    Les "pattes"m’en tombent !!!!!!!!!!

    Répondre à ce message

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