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Débattu en Belgique, le Glass-Steagall pourrait être voté dès la fin novembre en Islande

La rédaction
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Caricature de Kroll parue dans le quotidien belge Le Soir

Bien que certains députés verts en Europe (notamment en Irlande et en Grèce) se soient faits, pour des raisons idéologiques qui leurs sont propres, les apôtres des politiques d’austérité exigées par les financiers, il est intéressant de noter qu’un front de résistance s’élève ici et là et nous permet d’espérer qu’au sein du gouvernement Ayrault certains verts français sauront jouer le rôle d’aiguillon.

En tout cas disons bravo à la députée islandaise Álfheidur Ingadóttir qui a réintroduit le 24 octobre sa résolution pour une séparation des banques selon le principe Glass-Steagall à la Chambre des représentants de son pays avec le soutien de 16 co-signataires de presque tous les partis politiques, sauf le Parti indépendant qui a sa propre proposition de loi sur le sujet. Un débat d’une heure a suivi le dépôt de la résolution, qui demande au Ministre des finances de préparer la voie à l’entrée en vigueur d’une séparation étanche entre banques de dépôts et banques d’investissement avant le 1er février 2013.

L’action d’Álfheidur, présidente-adjointe du Parlement et dirigeante du groupe parlementaire le Mouvement vert de gauche, fait suite à un débat populaire initié par la publication du rapport des « trois sages » sur la réforme bancaire à entreprendre dans le pays, un rapport prônant précisément une réforme à la Glass-Steagall.

La résolution sera étudiée par le Comité pour l’économie et le commerce, et sera ensuite soumise au vote des députés. Le vote est attendu pour la fin novembre, et d’après les interventions des représentants des divers partis lors du débat d’avant-hier au Parlement, le résultat devrait être favorable. On espère ainsi que les directives seront prêtes pour la mise en œuvre de la séparation des banques avant la date butoir du 1er février 2013.

En Belgique, le député vert européen Philippe Lamberts a pour sa part lancé une campagne pour dénoncer, avec un brin d’ironie, les 7 péchés bancaires responsables de la crise qui frappe actuellement le monde. Comme solution au péché n° 3, la perversion, Lamberts non seulement prône le Glass-Steagall mais écarte à juste titre les versions frelatées en circulation (Commission Vickers, règle Volcker, etc.) :

Séparer les métiers bancaires

Compte tenu des effets pervers générés par l’élimination des barrières bancaires, il est crucial de réintroduire une double séparation des métiers bancaires :

Séparer banques de détail et banques d’investissement
Tout d’abord, il conviendrait de démanteler les banques universelles (qui regroupent tous les compartiments de la finance), en les contraignant à opter pour le statut soit d’une banques de détail, soit d’une banque d’investissement. Selon cette approche, les banques disposant d’une licence « banques de détail » seraient les seules institutions financières autorisées à collecter des dépôts auprès des épargnants et à bénéficier d’un soutien public (garantie publique des dépôts d’épargne et accès à la liquidité de la Banque centrale). En contrepartie, elles devraient se consacrer au crédit et ne pourraient détenir des titres financiers que dans des proportions limitées. A l’inverse, les banques optant pour la licence « banques d’investissement » seraient autorisées à exécuter des ordres sur les marchés pour le compte de client ou pour compte propre, mais ne pourraient ni collecter des dépôts, ni bénéficier de lignes de crédit de banques de détail. Une telle mesure est loin d’être irréaliste, puisqu’elle a notamment été introduite aux États-Unis – dans le sillage de la crise de 1929 – via l’adoption en 1933 du Glass Steagall Act. Ce dernier n’a été formellement aboli qu’en 1999. Notons également que, suite à l’éclatement de la crise de 2008, des versions édulcorées du principe de séparation des métiers bancaires ont été adoptées respectivement aux Etats-Unis (via la règle dite "Volcker") et en Grande Bretagne (via la règle dite "Vickers"). A ce sujet, la Banque nationale de Belgique a calculé que, si une réforme de type "Vickers" était appliquée aux banques belges, 22 à 53% de leurs actifs devraient être interdits.

Séparer activités de conseil et activités de marché
Selon l’économiste Eric de Keuleneer, les banques ayant des risques de marché ne devraient plus être autorisée à conseiller ni leurs clients ni les investisseurs. Il est en effet anormal que des banques prennent des risques de placement de titres, et conseillent leurs clients quant à la qualité de ces titres, ou soient actuellement en mesure de spéculer sur l’or, tout en conseillant de façon « désintéressée » à leurs clients d’acheter de l’or. Une mesure permettant d’éviter ce type de conflits d’intérêt consisterait à recréer de véritables fonctions de courtier (comme c’était encore le cas dans les années 1980 aux Etats-Unis et en Europe), en interdisant aux banques d’investissement d’exercer une activité de courtage. En matière de placement de sicav gérées par des banques, les conflits d’intérêt devraient aussi être mieux gérés.

Pour amplifier cette bataille, merci de signer notre Appel à un Glass-Steagall global

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Vos commentaires

  • Le 8 novembre 2012 à 15:47
    par Martin Elsa

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  • Le 27 octobre 2012 à 00:11
    par petite souris

    ..... parmi toutes les petites graines semées pour un Glass Steagall act d’aujourd’hui, malgré la saison des semailles commencent à germer !!!!!
    L’Islande et la Belgique seront vraisemblablement les premiers à l’appliquer
    D’autres pays suivront bien évidemment

    • Le 30 octobre 2012 à 09:03
      par Elie

      Petite souris a une vision très angélique des choses. L’Islande va peut être appliquer Glass Steagall et le monde entier lui emboitera le pas.
      Le problème, c’est que l’Islande tout le monde s’en fout et que cette petite ile se retrouvera sans aucune banque sur son sol puisque il n’y aura plus d’argent à y gagner. Malheureusement je ne pense pas que les petites économies de quelques milliers d’islandais suffisent à faire vivre une banque.
      La seule solution : une banque nationalisée !!!!!!

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  • Le 30 octobre 2012 à 07:54
    par T137

    Encore une usine à gaz qui ne servira à rien ! il faut déposséder les banquiers de leurs pouvoir odieux de création monétaire seul un état doit-être en possession de cette arme de déstabilisation massive.Conclusion il faut nationaliser les banques, alors la banque retrouvera sa vocation, servir l’économie.

    Répondre à ce message

  • Le 27 octobre 2012 à 05:21
    par Evelyne Morgand

    Bah oui, mais mon tendre Amour, en Islande, ils sont combien à voter ?
    Je t’aime.

    Répondre à ce message

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