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Pour en finir avec le scandale des travailleurs détachés dans l’UE

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Sacré Michel Barnier ! A six mois des élections européennes et candidat éventuel à la succession de Barroso, le commissaire européen au Marché intérieur et aux Services semble découvrir (après 17 ans) les dégâts durables provoqués par la directive européenne sur les travailleurs détachés de 1996.

Évidemment, selon l’euro-dialectique de Barnier, s’il y a un problème quelconque en Europe, ce n’est pas de la faute à l’Union européenne, mais de la faute à l’absence d’Union européenne. Il suffit donc d’en rajouter une couche. Ainsi, au lieu de modifier la directive, Barnier propose tout simplement de créer une agence européenne d’inspection du travail et de dresser une « liste noire » d’entreprises contrevenant aux règles, alors que ce sont précisément les règles qui constituent l’abus.

En vérité, maintenant que le citoyen lambda commence à se fâcher pour de vrai contre l’UE, puisqu’il constate que nos gouvernements ont les mains liés par l’euro et les traités européens qui l’ont fondée, l’eurocratie est prise de panique. Michel Barnier le reconnaît implicitement lorsqu’il déclare que

s’agissant de la liberté et de la mobilité des salariés, il faut que les droits sociaux soient respectés (…) Sinon vous allez avoir des réactions de repli, de fermeture et de protectionnisme contraires au marché intérieur, sous l’effet des mouvements populistes

Une enquête publiée par Le Parisien – Le Magazine du 29 novembre sur quelques uns des 144 411 travailleurs détachés travaillant en France, dont le nombre a augmenté de 779 % depuis l’entrée de l’Europe de l’Est dans l’UE, permet de prendre la mesure de l’horreur d’un dumping social systématique et caractérisé. Intitulé « Les forçats du rail », l’article raconte les montages réglementaires et financiers permettant à la SNCF et Réseau ferré de France (RFF) d’employer une main d’œuvre qualifiée à prix cassés et hors de toute concurrence. Est évoqué le cas d’une vingtaine d’ouvriers d’origine moldave, ukrainienne ou géorgienne embauchés dans l’usine Matière à La Gravelle (Mayenne) pour monter et souder les armatures des tunnels qui passeront sous les 214 km de la future ligne à grande vitesse (LGV) qui doit relier Rennes au Mans.

Premier problème : une sous-traitance en cascade qui « vaporise » les responsabilités de chacun et empêche tout contrôle sérieux. Si le groupe privé Eiffage pilote le chantier, en partenariat avec RFF, il sous-traite une partie des activités à des entreprises spécialisées comme l’entreprise Matière.

A son tour,

la société Matière délègue une partie de la fabrication à une société allemande, qui confie l’assemblage à une firme lorraine, qui fait appel, en fin de chaîne, à des entreprises d’intérim… portugaises, lesquelles envoient sur la LGV des travailleurs vivant au Portugal, mais originaires d’Europe de l’Est

Rappelons que les travailleurs détachés polonais qui œuvraient sur le chantier de l’EPR de Flamanville avaient été recrutés par une agence d’intérim dont les bureaux se situaient à Chypre mais qui siégeait en Irlande…

Deuxième problème : si le détachement ne peut être que provisoire, le droit du travail du pays d’accueil doit être respecté : horaires, salaires minimaux, etc. Les cotisations sociales, elles, sont versées dans le pays de l’entreprise étrangère (souvent 30% inférieures à la France). Feuille de paie à l’appui, Le Parisien démontre que les soudeurs embauchés par l’agence intérimaire portugaise sont payés mensuellement 585 euros pour pas moins de 40 heures de travail par semaine !

Conclusion du Parisien  : « La directive a motivé la création d’entreprises dont la seule activité consiste à détacher des travailleurs. Peu chères et peu regardantes sur les conditions de travail, elles sont utilisées en bout de chaîne, où le contrôle est difficile. »

François Hollande a réclamé un « plan de lutte contre ces abus ». Cependant, « lors de leurs appels d’offres, les collectivités choisissent des entreprises recourant à des salariés détachés. C’est le cas pour de nombreux chantiers en Partenariat Public-Privé, tels que la LGV Bretagne-Pays de la Loire, le stade de Nice ou même le futur ministère de la Défense à Paris ».

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Vos commentaires

  • Le 7 décembre 2013 à 10:34
    par petite souris

    il a dû se souvenir et re-regarder toute la série des Shaddocks !

    Répondre à ce message

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