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Pour sauver la bulle, la BCE va produire plus de vent

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Si tout le monde attendait un nouvel épisode exaltant dans les aventures de « super-Mario », le « paquet significatif de mesures » annoncé le 5 juin par le patron de la BCE Mario Draghi ne fera que retarder de quelques micro-secondes l’éclatement final des bulles financières actuelles.

Une fois de plus, au lieu de répondre aux besoins de l’économie réelle, la BCE accomplit sa mission statutaire : répondre aux attentes « des marchés », c’est-à-dire aux banques cupides.

Concrètement, la BCE baisse son principal taux directeur à 0,15 % (contre 0,25 %), le plus bas de son histoire. Ensuite, elle réduit le taux de prêt marginal, auquel les banques empruntent pour vingt-quatre heures à ses guichets, de 0,75 % à 0,4 %. Enfin, elle réduit le taux de facilité de dépôt à - 0,10 %, ce qui le fait passer en territoire négatif, une mesure inédite censée encourager les banques à prêter à l’économie (Ah bon, elles ne le faisaient pas ?)

Et surtout, la BCE annonce une nouvelle opération de refinancement à long terme – le fameux « LTRO » en anglais. Cette fois-ci, la BCE a pris soin de « moraliser » cette manne de 400 milliards d’euros sur quatre ans offerte aux banques à taux fixe (0,25 %). Car il s’agit d’un « LTRO ciblé ». Comme le précise Le Monde, l’argent est rendu disponible « dans l’espoir » que les banques « prêtent à leur tour à l’économie ».

Gilles Moëc, le chef économiste Europe chez Deutsche Bank, relève dans l’Opinion que cet argent permettra avant tout de rembourser en septembre et en février prochain quelque 400 milliards d’euros… des LTRO précédentes. Ensuite, toujours selon Moëc,

sur la base de la documentation publiée, il n’y a rien qui empêcherait les banques d’en ‘divertir’ une partie vers les achats d’obligations publiques, contrairement aux intentions affichées par Mario Draghi dans sa conférence de presse.

(Il n’y donc pas que Jean-Claude qui Trichait…)

Sur le fond, les mesures de la BCE ne changeront rien et ne créeront aucun emploi et aucune richesse. Elles ne feront qu’ajouter du vent au vent, de l’illusion à la fiction.

Pour leur part, les experts se consolent en disant qu’en répondant aux attentes des marchés, on a pu éviter une envolée de l’euro à 1,40 dollar, ce qui aurait menacé la croissance et aggravé les pressions déflationnistes. Et pourtant, sous prétexte que l’industrie française ne représente plus que 9 % de notre PIB, ces mêmes experts veulent nous faire croire qu’aujourd’hui, l’économie réelle, ce n’est plus l’industrie mais nos banques, dont ils refusent de reconnaitre l’état de faillite !

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