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Présidentielles 2017 : même Le Monde constate une dérive inégalitaire

La rédaction
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Ce n’était pas un poisson d’avril. Le 1 avril 2016, le quotidien Le Monde, sous la plume de Gary Dagorn, s’honore avec un article dévastateur (pour le pouvoir en place) sur le traficotage (« modernisation ») des règles de l’élection présidentielle.

Temps de parole : vers une présidentielle plus inégalitaire ?

Source : Guy Dagorn, Le Monde.

Une proposition de loi du groupe socialiste à l’Assemblée prévoit de modifier les règles du temps de parole accordé aux candidats à l’élection présidentielle 2017.
Les règles d’égalité de traitement médiatique entre les candidats à l’élection présidentielle pourraient changer prochainement. Une proposition de loi, déposée en novembre 2015 par Bruno Le Roux et Jean-Jacques Urvoas (nommé depuis ministre de la justice en remplacement de Christiane Taubira), adoptée le 24 mars en seconde lecture par les députés avant un nouvel examen au Sénat, prévoit d’assouplir l’égalité stricte du temps de parole dans les médias audiovisuels (télévision et radio) entre les candidats. Une règle imposée par la loi et surveillée étroitement par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

Quelles sont les règles actuelles ?

Lorsque le CSA compte le temps d’apparition des candidats à l’élection présidentielle, il distingue deux temps différents :

  • Le temps de parole, qui comptabilise toutes les interventions directes d’un candidat ou de ses soutiens à la télévision ou à la radio. La presse écrite et les sites Internet n’y sont pas tenus.
  • Le temps d’antenne, qui inclut en plus tous les sujets radiodiffusés ou télévisuels consacrés à un candidat ou à ses soutiens.

L’année d’une élection présidentielle, le CSA distingue trois périodes différentes :

  1. La période préliminaire, qui court du 1er janvier à la publication de la liste officielle des candidats par le Conseil constitutionnel, à la fin de mars. Pendant la période préliminaire, la loi n’oblige à aucune égalité, ni de temps d’antenne ni de temps de parole aux médias audiovisuels, mais oblige à une « équité » dans le traitement, notion plus souple laissée à l’appréciation du CSA ;
  2. La période intermédiaire, débutant dès la publication de la liste des candidats, dure jusqu’à la veille du début de la campagne officielle, au début d’avril. Dès la publication de la liste des candidats et le début de la période intermédiaire, l’égalité du temps de parole devient obligatoire, tandis que le temps d’antenne reste soumis à l’obligation d’équité définie par le CSA ;
  3. La campagne officielle, démarrant deux semaines avant le premier tour et redémarrant une semaine avant le second.

Une fois que la campagne officielle débute, à deux semaines du premier tour, l’égalité du temps d’antenne devient obligatoire.

La réforme peut-elle vraiment déséquilibrer les temps de parole ?

Il est d’abord important de noter que l’article 4 de la proposition de loi ne porte que sur la période intermédiaire, c’est-à-dire les quinze jours entre la publication de la liste des candidats et le début de la campagne officielle. Pendant ces deux semaines, la proposition du Parti socialiste (PS) est de remplacer le principe d’égalité des temps de parole par celui, plus souple, d’équité. Pour juger de la représentativité des candidats, le CSA devra tenir compte de critères, tels que :

  • les résultats obtenus aux plus récentes élections par les candidats ou leurs formations ;
  • la contribution de chaque candidat à l’animation du débat électoral ;
  • les indications des enquêtes d’opinion (sondages).

Dans les faits, le CSA se base déjà sur les deux premiers critères pour estimer si la représentativité des candidats est respectée. La proposition de loi ne ferait donc que les inscrire dans le marbre.

En revanche, le troisième critère concernant les enquêtes d’opinion est nouveau, et concentre les critiques des « petits partis », qui y voient une injustice : le fait de laisser les sondages influencer les temps de parole va renforcer des candidats qui bénéficient déjà d’une exposition médiatique importante.

Cinq à dix fois moins de temps de parole pour les « petits »

En nous basant sur la moyenne dans les sondages de chaque candidat à l’élection présidentielle de 2012, nous avons tenté de calculer quels auraient été leurs temps de parole si cette réforme avait été appliquée à l’époque, lors de la période intermédiaire qui a précédé la campagne officielle (20 mars-8 avril 2012) :

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Avec et sans la réforme proposée par le groupe socialiste. Temps de parole cumulé sur la période intermédiaire du 20 mars au 8 avril 2012, calculé sur la base des sondages d’opinion sur la même période.

MM. Hollande et Sarkozy auraient eu le double en temps de parole durant ces quinze jours, tandis que Mme Le Pen aurait vu son temps de parole augmenter de 55 %. Les plus petits candidats auraient en revanche vu leur temps de parole fondre : cinq fois moins de temps pour Eva Joly, dix à onze fois moins pour Philippe Poutou, Nathalie Arthaud ou Nicolas Dupont-Aignan et… 92 fois moins de temps de parole pour Jacques Cheminade.

Lorsqu’on compare la répartition de ces presque vingt heures de temps de parole sur la période intermédiaire de 2012 avec ce qu’aurait donné l’article 4 de la réforme proposée actuellement par le PS, la différence est frappante.

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Avec et sans la réforme proposée par le groupe Socialiste. Temps de parole cumulé sur la période intermédiaire du 20 mars au 8 avril 2012, calculé sur la base des sondages d’opinion sur la même période.

Ces projections ne se basent que sur un seul des trois critères (les enquêtes d’opinion) prévus par la proposition de loi. Il est probable que les mandats d’Eva Joly (eurodéputée) ou de Nicolas Dupont-Aignan (maire et député) modifient quelque peu les projections faites ci-dessus les concernant, mais pas au point d’enrayer l’évaporation de leurs temps de parole.

L’égalité nuirait à la couverture de la présidentielle

Le gouvernement, de son côté, justifie ces dispositions en arguant de la complexité, pour les chaînes de télévision et les radios, de respecter une stricte égalité, « conduisant in fine à une réduction du temps médiatique consacré à la campagne présidentielle ».

Selon le rapport du CSA publié à la fin de 2012, le temps de couverture audiovisuelle de l’élection présidentielle a reculé de 50 % entre 2007 et 2012 sur les cinq grandes chaînes généralistes. Le gouvernement reprend à son compte la proposition que le CSA avait formulé en 2012, dans son Rapport sur le bilan de l’élection présidentielle, de supprimer la période intermédiaire. Aucune mention n’est en revanche faite de la couverture sur les radios généralistes et les chaînes d’information en continue, qui diminue légèrement mais reste stable.

Un temps d’antenne consacré à la présidentielle en diminution

Francine Mariani-Ducray, membre du CSA, explique que « lorsque l’on a une dizaine de candidats aux profils très variés, il est difficile de faire appliquer l’égalité avant le début de la campagne électorale proprement dite ». Le CSA a alors proposé de revenir à un principe d’équité, « mais à condition de programmations comparables, c’est-à-dire dans les mêmes tranches horaires ».

Le Conseil constitutionnel avait cependant estimé en 2012 que le principe d’égalité devait rester la règle, dès lors que la liste des candidats est publiée.

Le Sénat s’est opposé à la suppression de l’égalité en première et en nouvelle lecture, mais l’Assemblée nationale et la majorité socialiste, soutenue par le gouvernement, devraient avoir le dernier mot et adopter le texte.

Le vote définitif à l’Assemblée nationale est prévu pour mardi 5 avril.

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