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Un syndicaliste de PSA : reconvertir le secteur automobile, c’est possible !

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Un syndicaliste CGT de PSA La Janais (près de Rennes) confirme dans ce bref entretien qu’il est tout à fait possible, comme le propose Solidarité & Progrès, de sauver l’outil industriel et l’emploi en effectuant une reconversion de l’automobile vers d’autres productions utiles, dans le cadre de notre vaste projet de réforme du système économique et monétaire mondial.


Vous êtes employé chez PSA depuis combien de temps ?

Cela fait 34 ans et demi que je suis ici à Rennes.

La direction a annoncé la suppression de 1400 emplois à l’usine de La Janais, sur un total de 5 800. Mais il y a, dans cette entreprise, des outils de production et un personnel formé, notamment aux techniques des presses d’emboutissage. Ces outils pourraient-ils être sauvegardés et utilisés pour produire autre chose ? A-t-on déjà produit sur ce site, dans le passé, autre chose que des véhicules ?

Sur les lignes de presse, non, mais on peut le faire. Je travaillais sur la mise au point d’outils. Le client pouvait être PSA, Airbus ou n’importe qui. On fabrique des outils, puis on les met sous presse pour faire des préséries de pièces. Après, le client prend les outils et il utilise sa ligne de presse. Mais ça peut être fait ici. On peut faire ce qu’on veut en matière de conception d’outils.

Dans le passé, l’Armée et Airbus ont déjà fait appel aux services de PSA…

Eh oui ! Je n’étais pas encore dans l’entreprise, mais il y a eu des casques fabriqués pour l’Armée de terre, et d’autres choses pour Airbus. Je ne peux pas tout citer parce que je ne connais pas tout. On a vu passer parfois un Radar (grande parabole en acier). On a même travaillé pour les bateaux de course. Au niveau des machines, il y a des fraiseuses 5 axes, de grosses machines pour générer des outils.

J’ai aussi travaillé en atelier sur des outils en polystyrène. On taille la forme qu’on veut, ce bloc de polystyrène devient l’outil. Il est ensuite envoyé en fonderie où il est enveloppé de sable et on fait couler de la matière dedans. Et voilà, l’outil est fait. Après il est usiné au niveau des groupes de fraisages numériques ; il est placé sous la presse et la plaque d’acier est frappée. Dans le principe c’est simple.

Si le site ne produit plus de voitures, pourrait-il être un outil fondamental pour la Bretagne et pour la France en vue de produire autre chose, dans le cadre de politiques de grands projets à l’échelle de l’Europe ?

C’est exactement ce qu’il faut. Mais pour faire cela, il faut une volonté politique. Je pense que c’est au niveau politique que tout cela va se décider. Et si les politiques décident de faire de grands travaux, on pourra s’en sortir. On a les bâtiments, on a les outils. L’automobile, c’est comme des pans entiers de l’industrie qui sont déjà tombés, le textile et d’autres choses, mais là, il y a quand même un outil.

L’appel urgent à un Glass-Steagall global que nous lançons…

Oui, il y a urgence… Si ici à Rennes on ne bouge pas, tout ira très vite. Au début, on nous a dit qu’on irait au bout de la production de la Peugeot 508 dont un des modèles est hybride. Mais maintenant on apprend qu’elle va être produite en Allemagne ! Il y en a qui vont devoir bouger leur derrière : c’est Hollande et Ayrault, son Premier ministre, de Nantes en plus ! Quand on dit que la gauche va faire quelque chose, eh bien non ! Avec la Peugeot 508 à 45 000 euros, ce n’est pas nous qui profiterons du plan d’aide aux véhicules électriques ; c’est plutôt la marque étrangère Toyota (dont l’hybride Prius est moins chère).

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