www.solidariteetprogres.org | BP27 92114 Clichy cedex | 01 76 69 14 50

Accueil >Actualité >Agriculture

Quand l’UE nous fait tourner le lait

2224 visites | 7 commentaires

18 septembre 2009 (Nouvelle Solidarité) – Une semaine après que 400 responsables de toute l’Europe se soient retrouvés pour lancer la « grève européenne du lait », le mouvement continue à prendre de l’ampleur. Les producteurs sont en colère.

D’après l’Association des Producteurs de Lait Indépendant (APLI), 40 000 producteurs laitiers participent aux actions contre la chute des prix du lait et pour le retour d’une régulation du marché laitier au niveau européen digne de la politique agricole commune (PAC). Les français ont été au fur et à mesure rejoints par leurs confrères européens représentant les principaux pays producteurs de l’UE : l’Allemagne, la Belgique, les Pays-bas, l’Italie, le Luxembourg, Espagne et la Suisse.

Bien que les producteurs continuent à traire leurs vaches, « en France, 45% du lait n’est plus livré aux laiteries », affirme Pascal Cousté, membre du bureau de l’APLI. Plusieurs opérations spectaculaires, en particulier des distributions gratuites de lait et des déversements collectifs ont été organisés pour sensibiliser l’opinion publique.

Aujourd´hui, les producteurs demandent à l’UE d’annuler sa décision purement idéologique de mettre fin au système des quotas de production d’ici 2014. Avec ses défauts, ce système permettait aux producteurs, grâce à une visibilité des prix de vente, de se projeter dans l’avenir. Depuis la décision de l’UE, le prix d’une tonne de lait (1000 litres) a chuté de 30 à 50%. En janvier 2008, une tonne se vendait 378 euros. En janvier 2009, elle ne valait plus que 325 euros et seulement 205 euros en mars. Aujourd’hui, elle vaut environ 265 euros, à un moment où personne ne conteste que le prix de revient est au minimum de 310 euros la tonne ! Cette baisse spectaculaire des prix se traduit presque mécaniquement en une baisse tout aussi spectaculaire des revenus des producteurs et signifie, surtout pour ceux qui ont investi dans des capacités de production supplémentaires, le chemin de la banqueroute.

La fin d’une politique de stocks de la part de l’UE soulève une autre problématique. Le président de la Fédération Européenne des Banques Alimentaires, Jean-Marie Delmelle, note dans La Revue Politique et Parlementaire, que « l’UE met à disposition des tonnages importants de denrées alimentaires excédentaires telles que le lait, pâtes, farines, riz, sucre, etc. En 2009, les surplus étant quasi inexistants, l’UE achète des vivres pour les redistribuer via les Etats… »

Tout en prétendant que la grève n’affecte pas leur production, les industriels font venir en secret des camions citernes et, selon certaines sources, des bateaux, remplis de lait en provenance d’Europe de l’est, pour démoraliser et casser la grève.

Sans la perspective d’une réorganisation du système financier et de l’économie, la grève semble désespérée. En France, selon diverses sources, plusieurs agriculteurs se sont suicidés la semaine dernière, et les producteurs sont poussées par des agents provocateurs à radicaliser leurs actions en s’attaquant aux non grévistes, aux crémeries, aux centres de distribution et aux hypermarchés. « Le désespoir pousse de plus en plus de producteurs à joindre le mouvement », affirme le directeur de l’European Milk Board (EMB), Romuald Schaber, dont l’organisation représente à peu près un tiers des producteurs laitiers européens.
Déjà, lors de l’ouverture de la foire agricole SPACE à Rennes, le ministre de l’agriculture Bruno Le Maire et le président de la FNSEA Jean-Michel Lemétayer ont du affronter plusieurs centaines d’agriculteurs en colère.

Selon le quotidien Ouest France, la « révolution du lait » refuse le joug d’une contractualisation en gestation, peaufinée par les coopératives laitières dans le huis clos du ministère de l’Agriculture. « Nous serons pieds et poings liés avec les industriels, nous perdrons notre indépendance », dénonce un
producteur. Un autre lança courageusement au ministre : « on ne veut pas d’argent, on veut une politique ! »

Solidarité et Progrès estime depuis longtemps que la question agro-alimentaire est un enjeu trop important pour le laisser aux marchés spéculatifs. C’est dans ce sens que nous approuvons le combat courageux des producteurs, tout en le resituant dans une perspective gagnante, celle d’une mise en faillite organisée de tout le système financier international comme l’ont proposé Jacques Cheminade en France et Lyndon LaRouche aux Etats-Unis. L’agriculture n’est pas un simple « secteur » de l’économie ou une variable d’ajustement, c’est, avec l’industrie et l’infrastructure, le fondement d’une politique humaine qui entreprend de répondre à la question « de quoi vivront-ils dans 50 ans ? »

Vidéo : l’agriculture avec les yeux du futur

Article : Jacques Cheminade : vivre au pays avec une PAC pour alimenter le monde


A lire : Finies les mesurettes ! L’exploration spatiale sera le vecteur du développement


  • 2525€
  • 5050€
  • 100100€
  • 250250€
  • 500500€
  • 10001000€
  • 20002000€
 

Voir les 7 commentaires

Vos commentaires

  • Le 21 septembre 2009 à 13:56
    par farewell

    un petit détail, tout de même, que tous le monde semble ignorer, (qui me viens d’un membre de ma famille, fils d’éleveur, travaillant dans les abattoirs ) et dont personne ne parle, c’est que depuis L’UE ,le veau ne boit plus de lait depuis des années !!!
    IL MANGE DU RIZ maintenant, une belle idée des crétins/décideurs/escrocs de l’EU !
    normalement, le veau produit une viande blanche car il tete la vache, où alors est alimenté de LAIT par les éleveur ! en tout cas viande blanche car il se nourri de LAIT
    Des que celui-ci n’en boit plus et commence à être alimenter avec des nourritures solide, du RIZ à présent, la viande devient rouge !
    Du veau à viande rouge, personne n’en veut, alors la ruse qu’ils ont trouvé pour que celle-ci reste blanche : ils saignent les veaux 1 ou 2 jours avant de les mener à l’abattoir, leurs retirant plusieurs litres de sang, le peu de sang qu’il reste se retire des muscles (donc de la viande) et reflu vers le système circulatoire (mécanisme de survie), enfin les veaux arrivent à l’abattoir en tenant à peine debout, mais au moins leur viande reste blanche, ni vu ni connu je t’embrouille !
    L’UE vous souhaite on appétit !
    REDONNEZ DU LAIT AUX VEAUX ET TOUT LE MONDE SERA CONTENT !!!!

    • Le 21 septembre 2009 à 19:11
      par eleveur from belgium

      je ne sais s’il faut en rire ou en pleurer !!! nous ne somme pas le premier avril ??!!

      pour commencer vous parler de veaux, alors que la crise du lait, elle touche les producteur de lait, qui commercialise ce dernier aux laiteries....

      les veaux donc !! il ya les veaux elever sous la mere(dont la france est grosse productrice !) et les veaux elever en etable au lait reconstituer (lait en poudre !!) pourquoi le lait, parce qu’il est carencer en fer, ce qui donne une viande blanche... cqfd !!!

      votre histoire de riz est à mourir de rire, le riz est une cereale, on en a asser en europe, et bon marché...

      quand a saigner les veaux.... sans commentaire....

      je vais copier votre message et le diffuser sur les forums agricole... au moin on rira une bonne fois.... LOL

    • Le 22 septembre 2009 à 18:59
      par farewell

      Et bien oui je parle de l’élevage, de l’agriculture, dans un post sur le lait , car il y a quand même un rapport dans le n’importe quoi générale !
      Quand certains dénonçaient l’ajout de copeaux de bois dans le vin, les gens rigolaient bien aussi

      Et bien puisque tu aimes rire , voici 2 liens pour toi !

      http://www.dailymotion.com/video/x1ds9p_alerte-a-babylone-le-film-de-jean-d_politics

      http://video.google.com/videoplay?docid=-2909489196349752965#

    • Le 27 septembre 2009 à 15:53
      par eleveur from belgium

      tu ne serais pas un peu parano !!!

      les copeaux, c’est toxique ? ben non. on a dit au con-sommateur, que le bon vin etait passer par des futs de chênes.. alors tant que cela goute le bois, certains sont contend, meme si ça ne goute rien d’autre... pitoyable.

      concernant ta video, j’aime bien Bourguignon, sur le travail du sol et le non labour, c’est un expert...
      par contre, en 30 sec, il raconte pas mal de connerie... nos parents n’on pas attendu 1950 pour utiliser des pesticides !! en cereale, on traite une a deux fois avec un fongicide et pas 3 ou 4 !! et le ble ne pourri pas, mais alors la pas du tout !! le rendement diminue, la oui...
      et l’utilisation de racourciseur pour eviter la verse, c’est 10-15 cm maximum !!!! pas passer de 1.5M a 70cm !!!

      decroche un peu de ton ordi, et va renconter les vignerons, les paysans, t’en apprendra des choses..

    Répondre à ce message

  • Le 19 septembre 2009 à 11:02
    par petite souris

    Comment laisser à "Bruxelles" la politique agricole ?
    Ces gens-là ont perdu, dans leurs universités, grandes écoles et milieu socio-professionnel, le simple bon sens qu’ils n’ont peut-être jamais eu, par manque d’éducation !

    Pour justifier, et leur poste et leur existence, ils sont devenus "mondialistes" et incapables de comprendre ce qui se passe réellement sur le terrain (ils ont des 4x4 mais ne savent pas traire une vache !) et, donc, de trouver des solutions.

    Les "petits" agriculteurs (je préfère le mot de paysan qui, plus noble, contient le mot pays, pays qu’ ils façonnent par leur travail) ont raison de se faire entendre.

    Répondre à ce message

  • Le 18 septembre 2009 à 21:26
    par artelost

    C’est vrai que c’est très courageux de verser du lait pendant qu’une partie importante de ses semblables trime pour manger, payer son loyer .Et ne vous y trompez pas, je ne parle pas des paysans, car ceux là ils manifestent avec des tracteurs qui roulent au carburant rouge (detaxé)et ils s’en sortent toujours avec des primes (payés par nos impôts), même quand ils saccagent les biens publics (et comme d’ab c’est nous qui payons le nettoyage).Les salariés eux qui crèvent n’ont pas un euro d’aide.

    • Le 18 septembre 2009 à 23:34
      par Un homme en colère

      Les aides promises ne représentent que les pertes de 1à 3 jours de production. Si vous aviez au moins lu l’article. Les éleveurs ne veulent pas d’argent mais une politique agricole qui permettrait de réguler le marcher et par la même occasion, les prix. Mais ceci vous échappe totalement. Il est également à noter que le soutien à l’agriculture permet aussi indirectement de maintenir l’emploi, 164000 emplois rien que dans les 4 départements bretons dépendent de l’agriculture. Entremont alliance en grande difficulté dans le secteur laitier, 4600 emplois dont partie va malheureusement perte son emploi ! La liste est longue ! EN SOUTENANT L’AGRICULTURE, ON SOUTIEN L’EMPLOI !

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Notez que votre message n'apparaîtra qu'après avoir été validé par notre équipe.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Vous pouvez utiliser les boutons pour enjoliver votre texte. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Déplier les commentaires||Replier les commentaires

« Le parti a pour objet de combattre, en France et dans le monde, pour la paix par le développement économique et l'égalité des chances et contre l'usure financière et les idéologies du sol, du sang et de la race. Il défend pour chacun et entre les peuples le progrès matériel, intellectuel et moral. A cet effet, il participe à la vie politique de notre pays, notamment lors des échéances électorales. Il peut apporter son soutien politique et financier à des partis et associations dont l'objet concorde avec celui-ci. »

Extraits des statuts - Article 2 - Objet