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Quand l’Ukraine fait vaciller le « mur » européen

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En donnant un coup d’arrêt à son adhésion à l’UE, l’Ukraine nous ouvre la porte de notre prison Europe

La suspension, le 21 novembre, des négociations en vue d’un accord d’association avec l’UE a eu l’effet d’une bombe. L’Ukraine devient le premier grand pays de l’Est européen à oser dire et acter ce que tout le monde sait depuis longtemps : le roi Europe est nu, et il faut partir !

L’Ukraine a finalement refusé de monter à bord du Titanic européen, et ce message, même s’il doit encore être confirmé, contribuera à l’effondrement du « mur » européen, comme la sortie du communisme de la Pologne avait provoqué la chute du mur de Berlin en 1989.

Car cette Europe de Maastricht n’a plus rien à voir avec l’Europe des patries et des projets de De Gaulle et Adenauer. Non seulement elle n’a pas tenu ses promesses de croissance, mais elle est devenue une dictature féroce contre ses peuples. Entre 2001 et 2011, la croissance n’a pas dépassé en moyenne 1,1 % en France, 0,25 % en Italie et 0,9 % en Allemagne.

Pire encore, comme nous le montrons dans ces pages à propos de l’Espagne ou de la Grèce, elle a délibérément provoqué la désindustrialisation et la paupérisation de ceux qui l’ont rejointe. Et depuis la crise de 2007, sa politique d’austérité budgétaire et de sauvetage des banques en faillite tue.

Au cimetière européen, l’Ukraine a préféré le vent de croissance soufflant de Russie et de Chine. Sans rejoindre encore l’Union douanière « Russie-Biélorussie-Kazakhstan », comme le lui propose Poutine, c’est résolument vers cet espace économique, qui deviendra une union eurasiatique étendue à l’Arménie, au Kirghizistan et au Tadjikistan en 2015, qu’elle se tourne. La décision de M. Ianoukovitch de maintenir sa visite en Chine, où d’importants accords ont été signés notamment dans le domaine agricole, malgré la crise politique ouverte dans son pays par sa décision, en est particulièrement symbolique.

D’autres pays devraient suivre. Déjà, l’Arménie vient d’abandonner ses négociations avec l’UE pour rejoindre l’union eurasienne. La Roumanie, dont le désamour pour l’UE est manifeste et qui est fortement travaillée par son ancienne alliée et toujours amie, la Chine, pourrait-elle suivre ?

UE contre Union douanière eurasiatique

En arrière-plan de la décision ukrainienne, un pugilat entre l’Europe et la Russie, entre d’une part, un traité de libre-échange entre nations aux niveaux économiques très inégaux et aux conséquences catastrophiques pour les peuples, proposé par l’UE, et de l’autre, un traité entre nations au développement similaire offrant des protections aux peuples, proposé par la Russie.

L’accord d’association UE/Ukraine comprenait le redoutable DCFTA – Accord de libre échange approfondi et global – un vaste accord qui ouvrirait sans restriction les portes de l’UE aux produits ukrainiens, beaucoup moins chers, et mettrait fin du même coup à toutes les formes de protection subsistant en Ukraine.

Imaginons l’impact de cette décision sur la France : avec 43 millions d’hectares de terres arables, dont 20 % des terres noires du monde, les produits agricoles de l’Ukraine, cinquième producteur mondial de céréales et grand producteur de lait, déferleraient sur une UE où les agriculteurs peinent à survivre. De l’autre côté, le marché ukrainien serait inondé de produits manufacturés européens, beaucoup moins chers que les produits locaux. Avec les conséquences que l’ont sait : faillites des entreprises ukrainiennes, rachetées à bas prix par des capitaux européens beaucoup plus forts !

C’est pourquoi il y a incompatibilité entre les deux unions. On ne peut être membre des deux à la fois, a souligné le très compétent créateur de l’Union douanière russe, Serguei Glazyev, conseiller spécial du président Poutine, ainsi que, de son côté, la direction de l’UE.

Alors, retour au communisme ? Si à la City et à Wall Street, on tente de raviver la crainte du « péril rouge », les étiquettes politiques traditionnelles sont difficilement applicables à ces pays : Poutine se définit comme un conservateur, la Chine est nominalement communiste et l’Inde, un pays libéral ! Le dénominateur commun est plutôt leur volonté de développer leurs capacités scientifiques, techniques et industrielles, ainsi que le niveau de vie de leur population, politiques qui sont proches du New Deal de Roosevelt et des Trente glorieuses en Europe.

La réalité est que ni l’Est ni l’Ouest n’ont aujourd’hui la capacité de venir en aide à ce grand pays potentiellement riche, mais aujourd’hui en faillite qu’est l’Ukraine. Car sa situation n’est que le reflet de tout un système devenu fou qu’il faut changer. En 2009, l’effondrement des échanges provoqué par la crise financière mondiale, s’était traduit en Ukraine par une chute du PIB de 15% ! Ceci en raison, principalement de la chute de ses exportations d’acier. Le FMI avait alors accordé un crédit de 15 milliards de dollars dont seule la première tranche a été déboursée. Car, l’institution internationale exigeait en échange ses infâmes conditionalités, notamment des hausses dans les services publics. Aujourd’hui encore, le FMI s’est déclaré prêt à reprendre les décaissements, à condition que l’Ukraine augmente ses tarifs de gaz au peuple, de 40%. C’est à dire d’organiser un système, où comme nous l’avons dit plus haut, les gens meurent !

De l’autre côté la dette ukrainienne envers la Russie, pour ses importations de gaz, atteint 28 milliards de dollars. Selon des spécialistes, l’Ukraine aurait besoin de 160 milliards d’euros pour repartir. Mais où les trouver, dans un système où la finance spéculative contrôle l’émission de la masse monétaire, et l’oriente uniquement vers les profits financiers maximales, à court terme ?

L’Est et l’Ouest doivent donc saisir cette occasion pour enterrer les démons de la finance spéculative et du libre-échange destructeur, et revenir aux politiques du New Deal de Roosevelt et des Trente glorieuses en Europe, qui constituent, en effet, la seule politique de rechange à cette crise. Issus du courant colbertiste européen, devenu au XIXe siècle le système américain d’économie politique, opposé au système de libre-échange britannique, ces courants furent aussi à l’origine de la très forte croissance en Russie, en Allemagne et en Asie au XIXe siècle.

Nos dirigeants occidentaux comprennent-ils qu’en refusant d’aller dans cette voie, nous pourrions tous sombrer ? Leur tentative de plonger ce pays dans le chaos d’une nouvelle révolution orange, et l’invitation à venir en France, adressée par Laurent Fabius à Vitali Klitschko, l’un des principaux opposants, montre que plutôt que la paix par le développement, ils ont choisi les gants de boxe.

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