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L’affaire Petraeus et le Benghazigate peuvent conduire Obama à sa chute

La rédaction
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Que savait Obama sur l’enquête à l’égard de Petraeus, et que savait Petraeus sur l’inaction d’Obama lors des attaques sur Benghazi ? C’est cette question à double sens que se pose tout Washington à la suite de la démission-éclair du général quatre étoiles et directeur de la CIA David Petraeus le jeudi 8 novembre.

Ce général puissant, « héros de la victoire américaine en Irak », a offert au Président sa démission deux jours après l’élection présidentielle et à quelques jours d’une audition à huis-clos au Congrès sur les événements de Benghazi. Tout cela un an à peine après sa nomination à la tête de la CIA, pour une histoire de correspondance électronique avec sa maîtresse. Une relation sur laquelle enquêtait le FBI depuis février dernier et dont on parlait déjà largement il y a un an et demi en Afghanistan, après les nombreux voyages du général et sa maîtresse (officiellement sa biographe) dans ce pays, car Obama l’avait mis en charge de diriger l’opération de renforcement des troupes en Afghanistan après son arrivée à la Maison Blanche en 2009.

Le Président prétend qu’il a appris l’existence de cette relation – et de l’enquête – seulement le lendemain de sa réélection, soit le 8 novembre, et que le général lui a immédiatement offert sa démission, qu’il s’est empressé d’accepter dans l’intérêt général du pays.

Or, un nouveau retournement dans toute cette affaire, est le fait que le général Petraeus s’était rendu à Benghazi il y a deux ou trois semaines, pour enquêter sur les événements qui ont conduit à la mort de l’ambassadeur Chris Stevens et trois autres officiels américains le 11 septembre dernier.

Lorsqu’il s’est avéré que la CIA, qui avait une unité active à proximité du Consulat, justement pour le protéger (du moins c’était la couverture justifiant sa présence à Benghazi), n’était pas intervenue pour aider l’ambassadeur et ses collègues au moment de l’attaque, Petreaus, dans un communiqué, avait rétorqué que la décision de ne pas intervenir ne venait pas de lui.

Le Pentagone avait déclaré la même chose en ce qui concerne la non intervention de ses troupes spéciales basées à Rota, en Espagne, et de certains de ses avions de reconnaissance qui survolaient Benghazi au moment même de l’attaque du commando lourdement armé.

Obama avait été pointé du doigt à de nombreuses reprises (assez timidement, il est vrai, en pleine campagne électorale), comme étant celui qui aurait donné l’ordre de ne pas intervenir. Les raisons qui l’auraient conduit à prendre une telle décision, s’il s’avérait que c’était bien le cas, ne sont pas encore connues, mais nous avons déjà rapporté certaines hypothèse sur ce site.

Toute la question est de savoir ce que faisait le Président américain au moment de l’attaque sur Benghazi, car son emploi du temps précis n’a toujours pas été communiqué. Le général Petraeus devait être questionné à ce sujet jeudi le 15 par le Congrès américain. Quelques heures après l’annonce officielle de sa démission, l’administration a informé qu’il ne témoignerait plus.

Après la démission de Petraeus, le question devient : « Comment le Président pouvait-il ne pas savoir que le FBI menait une enquête sur le directeur de la CIA, alors qu’il est pratiquement le seul à pouvoir autoriser une telle enquête ? De plus, comment se fait-il que les deux chambres du Congrès n’en ont pas été informées, alors que c’est une obligation légale ? »

La sénatrice démocrate Dianne Feinstein, directrice du Comité du Sénat pour les questions de renseignement, a expliqué hier à la chaîne télé MSNBC qu’après avoir demandé à recevoir une copie du rapport qu’aurait remis Petraeus à son retour de Benghazi, « quelequ’un m’a répondu qu’il l’a lu, et lorsque nous essayons de l’obtenir on me dit qu’il [Petraeus] n’en a pas fait ».

Comme il est arrivé dans le cas du Watergate, le scandale d’espionnage qui a conduit le Président Nixon à démissionner, ce n’est pas l’affaire en elle-même qui a causé la démission du Président, mais sa tentative de l’étouffer. De même aujourd’hui, ce n’est pas l’affaire Benghazi en elle-même qui pourrait causer la démission du Président Obama, mais sa tentative désespérée de la couvrir.

Il y a une semaine, le sénateur McCain avait appelé à la création d’une commission d’enquête modelée sur celle du Watergate pour faire la lumière sur Benghazi, et lorsque le journaliste de MSNBC a demandé à la sénatrice Feinstein s’il elle soutiendrait une telle idée, elle a répondu qu’elle « était ouverte à la suggestion », pourvu que l’enquête soit faite dans un esprit « non partisan » et dans les deux chambres.

Eric Leser, cofondateur du site Slate.fr pointe lui aussi sur les « zones d’ombres de l’administration Obama » et évoque l’hypothèse qu’Obama cherche à éloigner tout ceux qui dérangent :

En démissionnant et en ne témoignant plus, David Petraeus évite-t-il de donner une version de l’affaire Benghazi qui n’est pas celle de la Maison Blanche ?

Une thèse cohérente avec la première réaction de la sénatrice Dianne Feinstein stupéfaite quand elle a appris le départ du général Petraeus.

« J’aurais préféré que le Président Obama refuse sa démission. Je voulais qu’il continue. Il était bon, il aimait son travail et a une maîtrise des questions de renseignement sans équivalent. »

David Petraeus et Hillary Clinton (sur le départ selon d’insistantes rumeurs) pourraient d’ailleurs ne pas être les deux seules victimes de l’opération place nette après Benghazi. L’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Susan Elizabeth Rice, pourrait aussi figurer sur la liste et ne pas obtenir le département d’Etat qui lui semblait promis après le départ d’Hillary Clinton. Lors de la procédure de nomination, elle devrait forcément répondre devant le Congrès à des questions embarrassantes sur l’attaque en Libye.

Susan Elizabeth Rice avait expliqué devant les caméras d’ABC en septembre que l’attaque du consulat de Benghazi était liée à une manifestation ayant dégénéré de musulmans offensés par la fameuse vidéo blasphématoire « Innocence of Muslims ». En fait, il n’y a eu aucune manifestation devant le consulat américain à Benghazi le jour de l’attaque qui a coûté la vie à l’ambassadeur Chris Stevens.

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