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Ray McGovern : je vois la main du FBI derrière le Russia-Gate

La rédaction
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Jay Edgar Hoover, l’indéboulonnable patron du FBI de 1921 à 1972. Il organisa la chasse aux sorcières contre tout ce qui pouvait potentiellement mettre en cause l’omnipuissance de Wall Street : ceux qu’on soupçonnait de sympathies communistes (notamment Einstein et plus tard les Frères Kennedy) et les noirs (MLK) qu’il accusa d’infériorité raciale.

Durant l’ère Watergate, les libéraux (comprenez « gens de gauche ») ont sonné l’alarme sur la manipulation des politiciens américains par les agences de renseignement (la CIA [1], le FBI [2], etc.), mais aujourd’hui, la haine de Trump aveugle beaucoup d’entre eux sur la réalité du danger qui s’annonce, comme l’explique l’ancien analyste de la CIA Ray McGovern.

Source : Ray McGovern, Consortium News, 11 jan. 2018
Traduction : Les Crises.fr

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Le Russia-gate est devenu le FBI-gate, grâce à la publication officielle des messages imprudents entre l’officier de contre-espionnage du FBI Peter Strzok à la langue bien pendue, et sa loquace petite-amie l’avocate du FBI Lisa Page.

Malgré son précédent poste comme chef de la section contre-espionnage du FBI, Strzok pensait naïvement que ses messages SMS depuis les téléphones du FBI, ne pourraient pas être tracés. Strzok devait dormir pendant le « Security 101 ». Ou Il était peut-être trop occupé à envoyer des SMS pendant cette formation. Sa petite amie Page ne peut pas se réjouir de s’être fourvoyée en étant certaine que l’utilisation de téléphones du bureau serait une façon sécurisée de mener leur histoire(s).

Il aurait déjà été assez malheureux pour Strzok et Page de voir leurs textes au ton adolescent tout simplement dévoilés, exposant l’abandon insouciant d’amants maudits qui cachent (pensaient-ils) des secrets aux époux cocufiés, aux collègues du bureau, et à tout le monde. Cependant, pour les comploteurs du « jamais Trump » au FBI, la publication officielle d’une partie seulement (375 sur environ 10 000) des messages, produit considérablement plus de dégâts.

Nous nous trouvons soudain face à des preuves documentées que des éléments clés de la communauté du renseignement avaient essayé de court-circuiter le processus démocratique. Et cela jette un voile nouveau et sombre sur la promotion du Russia-gate qui dure depuis un an. Il apparaît maintenant que ce ne sont pas les Russes qui ont essayé de truquer le résultat des élections américaines, mais des chefs de la communauté de renseignement américaine, des personnages de l’ombre appelés parfois le « Deep State ».

On attend la publication annoncée de plus de messages du dialogue Strzok-Page. Et l’inspecteur général du Ministère de la Justice possède apparemment des messages additionnels venant d’autres personnes de l’équipe que le conseiller spécial Robert Mueller avait choisi pour l’aider à enquêter sur le Russia-gate.

En plus de provoquer le licenciement de Strzok et Page, la révélation des messages a aussi sonné le glas de la carrière du directeur-adjoint du FBI Andrew McCabe, dans le bureau duquel s’est passé une partie du complot et qui a déjà annoncé son projet de prendre sa retraite bientôt.

Mais la principale victime est la campagne de 18 mois menée par le FBI pour saboter le candidat et actuel président Donald Trump en utilisant l’évaluation des renseignements de l’administration Obama sur le Russia-gate, la surveillance électronique à la légalité douteuse et un dossier salace puant, tout en utilisant des techniques tout aussi discutables pour exonérer Hillary Clinton et ses plus proches conseillers des crimes qui consistent notamment à mentir au FBI et à compromettre des secrets.

Ironiquement, les messages Strzok-Page procurent quelque chose que l’enquête sur le Russia-gate avait tristement oublié : des preuves de première main de l’intention de corrompre et de sa mise en œuvre. Après des mois de recherches épuisantes d’une « preuve » de la collusion Trump-Russes dont le but aurait été de mettre Trump à la Maison Blanche, ce que l’on a à présent, c’est la véritable preuve que des hauts fonctionnaires de l’administration Obama ont fait collusion pour garder Trump hors de la Maison Blanche – preuve de ce que les détectives privés du bon vieux temps appelaient « les moyens, le motif, et l’opportunité ».

Bien plus triste pour les enthousiastes du Russia-gate, la correspondance des amants du FBI procure une preuve factuelle révélant beaucoup de choses sur le récit fabriqué sur la « Résistance » – l’histoire artificielle que le New York Times et la plupart des médias mainstream américains ont jugé digne d’être imprimée avec bien peu de scepticisme et bien peu sinon aucune mise en garde, un scénario sur des sournoiseries russes brillantes qui en fait ne manquent pas seulement de vraies preuves, mais n’a même aucun sens à première vue, se fiant seulement à des ouï-dire et des rumeurs.

Le récit Russia-gate s’articule toujours sur la notion prédominante que le président russe Vladimir Poutine avait prévu il y a des années, ce qu’aucun analyste politique américain n’avait considéré comme seulement possible, l’ascension politique de Donald Trump. Selon le récit, le diseur de bonne aventure Poutine aurait alors pris le risque de créer des tensions pires encore avec la puissance nucléaire américaine qui – en toute logique – aurait été menée par la présidente vengeresse Hilary Clinton.

À côté de ce scénario hautement improbable, il y avait les dénégations catégoriques de Wikileaks, qui avait distribué les e-mails soi-disant piratés des Démocrates, que l’information venait de Russie – et il y a eu l’étrange incapacité de l’Agence de sécurité Nationale (NSA) à utiliser son pouvoir énorme pour fournir une preuve technique qui supporterait le scénario du piratage russe.

Le choc Trump

Mais le choc de l’élection de Trump et la décision de beaucoup de supporters du « jamais Trump » de se jeter dans la résistance a mené à une situation dans laquelle tout scepticisme prudent ou demande de preuves ont été écartés.

Le président Donald Trump faisant son discours officiel inaugural le 20 janvier 2017. (capture d’écran du gouvernement)

Donc, le 6 janvier 2017, le directeur du renseignement National d’Obama, James Clapper, a publié un rapport sans preuves dont il dit qu’il a été complété par des analystes triés sur le volet de la CIA, du FBI et de la NSA, déclarant que la Russie et le président Poutine étaient derrière la publication des e-mails démocrates dans un complot visant à aider Trump à gagner les élections.

Malgré l’extraordinaire gravité de cette accusation, même le correspondant du New York Times Scott Shane a relevé que cela manquait de preuves. Il écrivit à l’époque :

Ce qui manque dans le dossier du (6 janvier) rapport public, c’est ce que les Américains attendaient ardemment : une preuve solide pour soutenir l’affirmation des agences sur le fait que le gouvernement russe a manigancé une attaque sur les élections… Au lieu de cela, le message des agences nous demande essentiellement de “les croire sur parole”.

Lire la suite sur Les crises.fr

Ci-dessous, en anglais, le débat du 5 janvier 2018 organisée par le LPAC avec Barbara Boyd (Comité d’action de Lyndon LaRouche), William Binney (NSA) et Ray McGovern (CIA).


[1Voir notre dossier Les Frères John Foster et Allen Dulles.

[2Sous la direction de J. Edgar Hoover (directeur du FBI de 1921 à 1972), le FBI et le ministère de la Justice lancent dès la fin des années 1950 (face à la montée en puissance du mouvement des Droits civiques de Martin Luther King) des centaines d’opérations de pots-de-vin visant de façon totalement illégale des élus et des responsables issus des minorités ethniques. Entre eux, les agents du FBI parlent de l’« Operation Frühmenschen » (ou « Opération Homme Primitif »). C’est le 27 janvier 1988 que cette stratégie raciste est publiquement dénoncée pour la première fois par Mervyn Dymally, un député démocrate de Californie. Alors président du groupe des afro-américains à la Chambre, (Black Caucus), il fait insérer dans le Journal officiel du Congrès une déclaration sous serment, déposée devant une Cour fédérale d’Atlanta par l’ancien agent spécial du FBI Hirsch Friedman. En voici un extrait : « Cette politique consistait à lancer des enquêtes routinières sans motifs apparents contre d’importants représentants noirs, élus ou nommés à leur poste, dans de grandes zones métropolitaines des Etats-Unis. Au cours de conversations avec des agents spéciaux du FBI, j’appris que cette politique reposait sur l’hypothèse selon laquelle les responsables noirs étaient intellectuellement et socialement incapables d’assumer des postes à responsabilité au sein d’organisations et d’institutions gouvernementales. ».

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