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Russie : Handelsblatt somme ses confrères de ne pas tomber dans la propagande de guerre

La rédaction
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Le 9 août, sous le titre « L’Occident sur la mauvaise voie », Gabor Steingart, éditeur du premier quotidien économique allemand Handelsblatt, met en garde ses collègues de la grande presse « mainstream » de ne pas suivre l’exemple des scientifiques et journalistes qui avaient apporté leur blanc-seing au lancement de la Première Guerre mondiale et à ses horreurs.

Force est de constater qu’en ce qui concerne l’Ukraine et la Russie, l’opinion publique est aujourd’hui aussi travaillée psychologiquement qu’elle l’était il y a un siècle.

L’Occident sur la mauvaise voie

par Gabor Steingart - Handelsblatt
Extraits

(...) Le Congrès américain discute ouvertement d’armer l’Ukraine, écrit Steingart. L’ancien conseiller à la sécurité nationale Zbigniew Brzezinski recommande d’armer chaque citoyen ukrainien pour des combats de rue. La chancelière allemande, comme à son habitude, est moins directe mais ne dit pas autre chose : nous sommes prêts à prendre des mesures sévères.

(...) Le journalisme allemand a basculé d’une vision équilibrée à celle d’agitée, et ceci en à peine quelques semaines, note Steingart. La largeur de vue s’est rétrécie à celle du viseur d’un sniper. Des journaux que l’on croyait passionnés par le débat des concepts et des idées, marchent désormais au pas des politiciens dans leurs appels aux sanctions contre la Russie de Poutine. Même les grands titres de la presse trahissent une agressivité rappelant le langage des hooligans des stades lorsqu’ils encouragent leurs équipes respectives.

(...) La géographie oblige chaque chancelier à un peu plus de sérieux, alors que pour les politiciens américains, il s’agit d’"Adolf Poutine", poursuit Steingart.

(...) En tant que voisins de la Russie, faisant partie d’une communauté européenne liée par un même destin, et en tant qu’importateur d’énergie et fournisseur de ceci et cela, nous, les Allemands, avons clairement un intérêt vital à la stabilité et la communication. Nous ne pouvons nous permettre de regarder la Russie avec les yeux du Tea Party américain. Toute erreur commence par une erreur de pensée. Et nous faisons cette erreur si nous croyons que seule l’autre partie profite de notre relation économique et souffrira quand elle cessera. Si des liens économiques ont été maintenus dans un intérêt commun, les délier conduira à une perte mutuelle. La punition et l’autopunition coïncident dans ce cas. L’idée même que la pression économique et l’isolement politique allaient mettre la Russie par terre n’a pas été pensée jusqu’au bout. Supposons que cela marcherait : quel intérêt aurait une Russie par terre ? Comment espérer vivre ensemble dans la maison commune européenne avec un peuple humilié, dont les représentants élus sont traités comme des parias et dont on devrait soutenir les citoyens l’hiver prochain ?

(…) Si l’Occident avait jugé le gouvernement américain lors de son débarquement en Irak, dépourvu d’une résolution de l’ONU et de la preuve de l’existence d’armes de destruction massive, selon les mêmes critères qu’on utilise aujourd’hui pour juger Poutine, alors George Bush aurait immédiatement été interdit de séjour dans l’UE. Les investissements étrangers de Warren Buffett auraient été gelés et les marques de voitures GM, Ford et Chrysler bannies.

(...) Nous devrions cesser d’accuser 143 millions de Russes de regarder le monde différemment de John McCain. Ce qui est nécessaire, c’est une aide à la modernisation du pays et non des sanctions qui augmenteront les pénuries et endommageront les relations. Les relations économiques sont elles aussi des relations. La coopération internationale est semblable à la tendresse entre les nations parce tout le monde se sent mieux après.

(...) Il est bien connu que la Russie est une superpuissance énergétique en même temps qu’un pays industriel en voie de développement. C’est la politique de réconciliation et d’intérêt mutuel qui devrait ici être de mise. L’aide au développement en échange de garanties territoriales, notre ministre des Affaires étrangères avait même le mot qui convient pour décrire ceci : un "partenariat de modernisation". Il faut simplement dépoussiérer ce mot et s’en inspirer. La Russie doit être intégrée et non pas isolée. Des petits pas dans cette direction valent mieux que le grand non-sens des politiques d’exclusion.

Steingart conclut en avertissant qu’il ne faut pas attendre que les élites se rendent compte que la guerre fut une erreur : Essayons d’éviter le détour par les champs de bataille du XXIe siècle. L’histoire ne doit pas forcément se répéter. On peut peut-être trouver un raccourci…

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