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« Sélection, tri et triage », un colloque... médical

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Comme au bon vieux temps des années 30, le « prix donné à la vie humaine » est un facteur important en temps de crise financière et économique. En fait la question est : quels sont les critères éthiques d’admission des malades dans des filières de soins lourds et « trop onéreux » ? Ou encore : Le tri de ces patients profiterait-il à la collectivité ?

Ces mots que l’on ne prononcera pas

Les 19-20-21 novembre 2012, à Paris, un colloque international a été organisé par Céline Lefève et Guillaume Lachenal au sein de l’Université Diderot : « Sélection, tri et triage en médecine. Logiques, pratiques et valeurs ».

Une trentaine de sociologues, anthropologues et médecins ont débattu sur Les conditions des possibilités pour un concept de triage en médecine , soutenus par un comité scientifique composé de Jean-Claude Ameisen du Centre d’Etudes du Vivant/Paris Diderot ; Claude-Olivier Doron de Médecins du Monde ; Marie Gaille du CERSES/CNRS/Paris Descartes ; Dominique Lecourt de Centre G. Canguilhem/Paris Diderot ; Anne-Marie Moulin de SPHERE/Paris Diderot et Vinh-Kim Nguyen de l’Université de Montréal/Collège d’Etudes Mondiales.

A aucun moment les termes « eugénisme ou euthanasie » ne furent évoqués au cours de ces trois journées de débat : sans doute les dérives menant à l’hygiène raciale des médecins nazis imprègnent encore trop vivement la mémoire collective. Donc pas de vilains mots qui fâchent et qui fichent… Mais, « sélection et triage » qui semblent plus désuets et surtout qui sont des expressions si lointaines, évoquées au XIXe siècle dans des contextes philosophiques et politiques si particuliers ; pourquoi pas ?

Malheureusement, l’histoire et l’éducation civique disparaissant progressivement au sein de l’enseignement scolaire, voici qui permet, en partie, l’oubli et la résurgence d’idéologies créées il y bientôt 200 ans au cœur des guerres de l’empire britannique et napoléonien sans qu’aujourd’hui, la population s’y oppose ou pire...

Vaste sujet ? Non ! Simple écho d’un passé pas si lointain des Sociétés eugénistes de Sir Francis Galton.

Ne nous y trompons pas, le remplacement de la sélection dite "naturelle" du malthusien Charles Darwin par une sélection plus volontariste de son cousin, Francis Galton, est et reste le sujet prégnant : « La notion de triage provient de la médecine de guerre [ex : sous Napoléon Bonaparte] et de la médecine des catastrophes, où les médecins, dans des situations où le nombre de blessés dépassait largement les capacités de prise en charge, durent déterminer quels patients traiter en premier. Ordonner les patients par ordre de priorité est aussi une routine quotidienne de la médecine d’urgence, où elle tient lieu de nécessité. Plus généralement, le triage est devenu central dans la médecine contemporaine : de nombreuses situations et décisions médicales conduisent à distinguer et à sélectionner les « bons » et les « mauvais » sujets, susceptibles d’être soignés, hospitalisés ou inclus dans des protocoles de recherche, ou non » spécifie l’invitation à ce colloque.

Ce qui fût largement évoqué par le Docteur Michael Nurok (Special Surgery, Weill Cornell Medical College & Harvard Medical School) : The conditions of possibility for the concept of triage : 18th-21st century perspective. Ce qui représente les quatre siècles de la puissance coloniale de l’Empire britannique et de son idéologie malthusienne.

Ethicratie et triage humain

Disons le tout de suite, les médecins font face à des situations complexes qui demandent de prendre des décisions rapides et efficaces. Dans un monde où l’Etat républicain garanti le bon fonctionnement de la santé publique par une couverture financière suffisante, le corps médical sera porté à garantir les soins pour tous dans les meilleurs conditions. Aujourd’hui les acteurs de la santé sont pris entre le marteau des restrictions budgétaires et l’enclume du manque de moyens matériels : ce qui met forcément ceux-ci dans un état de stress qui peuvent les porter à faire des choix (tris) hâtifs et dramatiques.

Ce qui a été largement souligné lors de ces journées, non pas pour remédier au problème, mais pour cautionner des pratiques dignes des années 30 du XXe siècle : « Ce colloque se donne pour objectif d’étudier les logiques et les pratiques de tri et de sélection des sujets dans le soin et dans la recherche. […] Il s’agira aussi de rapporter les opérations et les logiques de tri à leurs contextes politiques, sociaux et économiques en tentant de comprendre comment le triage procède – tout en les produisant – de principes, de valeurs et de choix autant que de contraintes matérielles et de nécessités économiques. »

Le sophisme est une arme de l’empire financier et les mots ont un sens. Par exemple le mot euthanasie a été créé par le Lord-chancelier Francis Bacon sujet du tyran Jacques Ier d’Angleterre : eu (bien) et thanatos (mort) ce qui signifie « bien mourir » ou plutôt « bien suicider ». Il prenait l’exemple de Sénèque qui dut se « suicider » à la demande de Néron.

Un autre mot a été créé par un sujet de l’Empire de Victoria, Francis Galton : eugénisme, eu (bien) et gennaô (engendrer), ce qui signifie littéralement « bien naître ». Ce qui a justifié toutes les politiques qui ont mené à la sélection systématique des plus aptes du milieu du siècle passé. Le vieillard, l’handicapé et même le chômeur sont jugés inaptes et représentent des vies qui ne valaient « pas la peine d’être vécues ».

« Ils savaient ou ils auraient dû savoir » disait Leo Alexander au tribunal de Nuremberg lors du jugement des médecins nazis.

Le docteur Michel Hasselmann (IRIST- EA 3424 - Service de réanimation médicale - CHRU Strasbourg) a débuté la troisième journée de ce colloque sur ce sujet : Admettre ou ne pas admettre une personne âgée en réanimation : à qui profite le tri ? Soulignant que face à l’emballement des dépenses de santé et au manque de lit « toute mise de fonds supplémentaires se fait au détriment des fonctions régaliennes de l’Etat » et en ce sens le tri des personnes âgées de plus de 80 ans en réanimation « profiterait à la collectivité  […] car les lits doivent être utilisés à bon escient pour guérir et reprendre des activités professionnels » (sic).

Monsieur Hasselmann se dit éthicien. Sans doute, il faudra remplacer, au plus vite, la démocratie par l’éthicratie comme Alexis Carrel suggérait la biocratie en 1935, estimant que « la sélection naturelle n’a pas joué son rôle depuis longtemps » et que « beaucoup d’individus inférieurs ont été conservés grâce aux efforts de l’hygiène et de la médecine ». Il faut rappeler qu’en 1941, Carrel rencontre le maréchal Pétain qui le nomme « régent » de la Fondation française pour l’étude des problèmes humains chargée de « l’étude, sous tous ses aspects, des mesures les plus propres à sauvegarder, améliorer et développer la population française dans toutes ses activités ».

Souhaitons que le docteur Hasselmann rejoigne bientôt les citoyens de la république, celle où « tous les hommes naissent libres et égaux en droits ».

Tous centenaires et bien portants

Déjà en Angleterre, le LCP (Liverpool Care Pathway for the Dying Patient) inscrivent les patients qu’ils estiment « irrémissibles » dans leur parcours des soins de fin de vie : ces patients doivent mourir dans l’année. Une fois les données entrées sur internet, quelque soit l’établissement où le « malade » est admis, il va d’office dans une unité qui applique à tous le même traitement : ils affament leurs patients de tous âges (nourrissons, vieillards, handicapés ou malades de longue durée). Le prétexte est que ceux-ci auraient peu de temps à vivre et que les soins seraient si lourds et… surtout trop onéreux.

La réalité est toute autre : tout comme le passé nous le démontre, c’est un programme malthusien qui est mis en place tout comme avant la Deuxième guerre mondiale au moment de la Grande dépression économique.

« Le choix fondamental est ainsi immédiatement devant nous : régression de l’espérance de vie dans le contexte de contraction économique actuel ou "révolution du grand âge" dans le contexte d’un retour à une véritable politique de croissance et de développement mutuel. » Car seule une politique de santé publique sans exclusion nous donne l’espoir de vivre Tous centenaires et bien portants.

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