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Pour le Financial Times, le Glass-Steagall est nécessaire, et pas seulement aux Etats-Unis

La rédaction
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Dans la foulée de la déposition par quatres sénateurs américains le 11 juillet de la proposition de loi « Glass-Steagall de 2013 pour le XXIème siècle », le Financial Times de Londres revient à la charge [1] dès le lendemain avec un éditorial endossant le principe de séparation bancaire totale, intitulé : « Séparez les banques : une nouvelle Loi Glass-Steagall est nécessaire – Pas seulement aux Etats-Unis. » (A New Glass-Steagall Act Is Needed—not Just in the U.S.).

Faisant part de son étonnement de voir deux sénateurs aux vues si divergentes coopérer entre eux pour présenter cette proposition de loi (la démocrate Elizabeth Warren et le républicain John McCain), le FT insiste sur le fait que :

leur instinct selon lequel les banques de détail doivent être séparées des activités plus risquées est sain et devrait être suivi. Comme la crise financière l’a amplement démontré, les principaux bénéficiaires du modèle de banque universelle ont été les banques elles-mêmes. Elles ont été capables de se financer à moindre coût, car les investisseurs savent que les gouvernements viendront à leur rescousse pour sauver les déposants. Cette subvention implicite encourage le type de comportement casse-cou que les contribuables du monde entier n’ont pas fini de payer.

Le FT explique ensuite que le principe de séparation partielle (tel que mis en œuvre par les lois Franck-Dodd aux Etats-Unis, le projet Vickers en Angleterre et la future loi Moscovici en France) est en réalité une usine à gaz, plus difficile à mettre en œuvre qu’une séparation totale.

Une fois les banques coupées en deux, l’éditorial fait remarquer que les banques d’affaires auraient plus de mal à se financer, ce qui limiterait par conséquent leur taille, et ajoute que « la disparition des géants libérerait les politiques de leur puissante influence ». Quant aux banques de détail, leur point faible étant la spéculation immobilière, une surveillance accrue et une meilleure capitalisation seraient nécessaires, conclut-il.

A quelques jours du vote final de la loi de réforme bancaire Moscovici en France, le silence des médias à cet égard illustre à quel point le poids des mégabanques « universelles » françaises dépasse celui de la City de Londres, pourtant pas négligeable, par rapport à nos vénérables institutions politiques et médiatiques.

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