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Solve et coagula : la nouvelle devise de l’UE

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La devise des alchimistes solve et coagula (dissout et coagule) est aussi la recette politique pratiquée par l’oligarchie depuis des siècles pour soumettre des adversaires puissants à son Empire. C’est l’arrière-plan de ce qui se prépare dans les semaines à venir en France au nom de la réforme territoriale.

Alors qu’on nous fait miroiter qu’au sommet de la pyramide du pouvoir les gouvernements autoritaires ont laissé depuis belle lurette la place à un processus convivial de consultation et de concertation (la fameuse « nouvelle gouvernance » qui domine le G8, le G20, l’OMC, l’UE, le partenariat UE/Etats-Unis), en bas, notamment en France, sous couvert de simplifier le fameux « mille feuilles français » et de « faire des économies », il s’agit d’effacer les frontières des Etats-nations, quitte à faire renaître des fiefs, des baronnies, des duchés et autres principautés, le tout surplombé d’un Empire européen composé de cités-Etats d’antan.

Métropoles

Lors de son déplacement le 12 mars à Dijon, François Hollande n’a-t-il pas souligné qu’il fallait rationaliser l’action publique dans le contexte de crise que nous traversons ? « Je suis ici dans une agglomération avec des sénateurs très attachés à la liberté des collectivités locales mais aussi responsables de l’avenir de leur pays. Ils savent bien que les charges, les missions, les rôles des collectivités locales doivent évoluer. Le cadre institutionnel doit être moins lourd. Les niveaux d’administration ne peuvent pas se superposer. Les financements ne doivent pas s’enchevêtrer au point d’être illisibles y compris par les acteurs publics. Nos concitoyens ont besoin de clarté. Ce sera le sens de la nouvelle loi sur la décentralisation dont le Parlement sera saisi avant l’été. Et je fais confiance d’ailleurs au Sénat pour bien répartir les compétences, définir les collectivités chefs de file et faire faire émerger les métropoles dont notre territoire à besoin. »

Hollande ne fait que reprendre ce que disait Sarkozy à Toulon en 2008 : « Le moment est venu de poser la question des échelons de collectivités locales dont le nombre et l’enchevêtrement des compétences est une source d’inefficacité et de dépenses supplémentaires. La compétitivité de notre économie est capitale. Elle ne peut supporter un poids excessif de dépenses publiques. »

A ce titre, Sarkozy, bonne élève de son mentor Edouard Balladur, prévoyait, dans son projet de loi de réforme des collectivités territoriales, la création d’une nouvelle collectivité territoriale à statut particulier, la « métropole », dont il annonçait la création d’office d’une dizaine d’entre elles (Lyon, Marseille, Lille, etc.). L’objectif officiel était de doter la France de pôles urbains « de dimension européenne », vastes et puissants sur le plan économique, tout en engageant indirectement la disparition progressive de l’échelon départemental. C’est dans cette perspective qu’on a accepté l’organisation le 7 avril d’un référendum sur la fusion des deux départements qui composent la région Alsace.

Comme premier pas dans cette direction, la réforme engendrée par la loi du 16 décembre 2010 a accouché de métropoles sous la forme d’un Etablissement public de coopération intercommunale (EPCI), défini comme une zone d’un seul tenant regroupant au minimum 500 000 habitants.

Emissions obligataires

Comme par hasard, doter les métropoles d’une personnalité juridique arrivait à point nommé par rapport à la crise financière. Faillite de Dexia, gel des dotations, austérité imposée, tout concourt pour pousser les collectivités locales à trouver des « financements alternatifs », dont l’émission obligataire. « L’emprunt obligataire devient un nouvel outil pour répondre à la raréfaction du crédit », écrit la Gazette des communes. Rien qu’en 2012, seize collectivités locales ont émis ensemble un total de 2,32 milliards d’euros d’obligations, contre seulement 684 millions en 2011, soit un triplement des volumes émis. L’une d’entre elles s’appelle l’Association des communautés urbaines (ACUF). Présidée par le maire de Lyon, elle regroupe 4 régions, 9 départements et 21 communautés de communes. Il n’est pas difficile à comprendre qu’une métropole opulente pourra émettre plus de crédit qu’une petite ville au fin fond de la Creuse.

Si cette tendance se confirme et se consolide, ce sera la fin d’une péréquation verticale, la fin de la solidarité entre territoires et populations, c’est-à-dire la fin d’un vouloir vivre en commun, la fin de la République.

Euro-métropoles

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Bien avant cette réforme, l’on a vu prospérer le terme d’euro-métropoles, employé pour désigner un « groupement européen de coopération territoriale (GECT) », dont l’ambition est de faciliter et promouvoir la coopération transfrontalière, transnationale et inter-régionale. Institué en 2006 par le Parlement européen et le Conseil de l’Europe, il s’agit d’un groupement coopératif doté d’une personnalité juridique. Il agit au nom de ses membres (Etats, collectivités régionales et locales et organismes de droit public), issus d’au moins deux Etats de l’UE. Actuellement, il existe 15 GECT. Certains mettent en œuvre un projet ou un programme de coopération territoriale, d’autres portent une démarche de « gouvernance ».

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C’est le cas de l’Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai que préside actuellement Martine Aubry. Créée le 21 janvier 2008 par arrêté préfectoral, elle est peuplée de deux millions d’habitants vivant dans 147 communes sur une surface de 3533,5 km² en France et en Belgique. Elus locaux, maires et bourgmestres ont « travaillé ensemble pour définir et mettre en place une gouvernance adaptée à une métropole polycentrique, tri-culturelle et binationale ». Dès le 28 janvier 2008, une assemblée constitutive de l’Eurométropole s’est réunie à Courtrai pour élire un président (Pierre Mauroy), trois vice-présidents et voter un budget. Cet embryon d’un nouvel Etat possède déjà sa propre assemblée de 84 membres et se réunit au moins deux fois par an.

Bye-bye la France

Métropole, émissions obligataires, eurométropole, en vérité on cherche à nous convaincre que :

  1. Dans le cadre européen, l’Etat-nation France serait « trop petit » par rapport à une Europe fédérale qui, elle, ferait le poids face à des Etats-continents (Chine, Inde, Etats-Unis, etc.).
  2. Par rapport aux citoyens, l’Etat-nation France serait « trop grand », une entité froide, « trop éloignée » de leurs préoccupations au quotidien.
  3. A cause de la crise, l’Etat-nation France est en faillite et n’a plus les moyens de mener une politique.

Les fédéralistes européens, depuis Churchill et Denis de Rougemont, n’ont jamais caché leur haine farouche de l’Etat-nation. Arnaud Huc, l’un des rédacteurs du site « euro-citoyen » Le Taurillon, évoquant la crise des Etats-nations comme la France face aux Etats-continents émergents, estime que « les seuls Etats qui semblent sortir de cette crise sont ceux de petite taille. La raison en est toute simple, ils ne sont pas dans la même course que celle qui guide les grands Etats, ils ne cherchent pas la puissance. Dans ce sens là, l’existence des petits Etats semble plus pérenne que la puissance des grands. Pourtant il ne faut pas oublier que les petits Etats n’existent et ne survivent que par bienveillance historiquement fragile des Etats alentours. »

En clair, dissoudre la France devient la priorité d’une oligarchie en faillite qui veut balayer toute opposition à sa politique. Les nouvelles régions et eurométropoles sur le territoire français rejoindraient alors rapidement le statut de Chypre.

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