www.solidariteetprogres.org | BP27 92114 Clichy cedex | 01 76 69 14 50

Accueil >Actualité >Guerre

Sputnik a interrogé Agora Erasmus sur la modernisation des armes nucléaires en Europe

La rédaction
1198 visites
JPEG - 32.8 ko
Crédit : Flickr/ The Official CTBTO Photostream
Interrogé par l’agence de presse russe Sputnik International (en anglais), Karel Vereycken, directeur de publication de Nouvelle Solidarité et fondateur du mouvement politique belge Agora Erasmus, a pu préciser dans quel contexte la dernière pétition de son mouvement contre la modernisation des armes nucléaires américaines stationnées en Belgique, signée par une bonne quinzaine de députés, de sénateurs, de maires, d’écrivains, etc., a pu obtenir un réel succès.

Une cinquantaine de sites russes ont publié des résumés de l’article. Sur le site de RiaNovosti, l’article fut consulté plus de 128000 fois en quatre jours ! Le site russe Moscou a même posté la vidéo suivante lisant une traduction russe du texte :

Modernisation des armes nucléaires en Europe :
Les Européens se sentent de plus en plus trahis par Washington

Par Ekaterina Blinova.
Source (en anglais) : Sputnik international
(version polonaise, et khyrgyze)

Agora Erasmus, un mouvement politique belge, a lancé une pétition contre la modernisation des armes nucléaires de l’OTAN. Cette initiative a réuni des politiciens du Sp.a (socialistes flamands), Groen (Parti vert flamand) et du PS (Parti socialiste en Wallonie). Agora Erasmus souligne que dans le cadre des tensions entre la Russie et les Occidentaux sur la Syrie et l’Ukraine, cette politique envoie « le mauvais signal » et pourrait conduire à une nouvelle course aux armements.

Mais que pensent réellement les Européens de l’OTAN et de son sentiment belliciste anti-Russe ?

« La classe politique belge se comporte souvent comme les esclaves misérables de Washington. Après tout, le QG de l’OTAN se trouve dans la banlieue de la capitale, Bruxelles. Des néo-conservateurs tels que Robert Kagan (l’époux de Victoria Nuland) résidaient dans la région et Robert Cooper, un farouche pourfendeur de la souveraineté nationale, est toujours un conseiller de la Commission européenne et un membre du Conseil européen des affaires étrangères que finance George Soros » affirme Vereycken à Sputnik.

« Cependant, on peut dire que l’image de l’OTAN comme protecteur a perdu pas mal de son lustre. Tant qu’une puissance occupante offre la protection et quelque confort matériel, les gens peuvent accepter de faire avec. Cependant, aujourd’hui, l’ordre financier global de la City de Londres, n’apporte que le chômage, le désespoir et le chaos, à l’instar de l’Empire des Habsbourg qui a provoqué la révolte des Pays-bas au XVIe siècle », souligne le journaliste.

D’après lui, les média occidentaux présentent la Russie et le Président Vladimir Poutine, comme des « Napoléons en herbe ». C’est oublier que le peuple belge, est bien plus fâché avec ses propres média et politiciens qu’avec le dirigeant russe. En dépit des tensions récentes, les liens historiques belgo-russes, restent très forts.

2400 entreprises belges travaillent avec la Russie. Avant les contre-sanctions contre les fruits et légumes, la Russie importait pour 5,4 milliards d’euros de produits belges. 30% étaient des produits agricoles, 32,1 % des produits chimiques, 15,5% des machines-outils, 13,3% du matériel de transport et 10% des produits synthétiques. Et le cluster pétrochimique d’Anvers, le deuxième du monde en importance après Houston, dépend majoritairement de fournisseurs russes, précise Vereycken.

« Dans ma langue maternelle, le Flamand (Néerlandais), on se sert du mot « naft » pour désigner l’essence, car la firme russe NAFTA est un grand fournisseur chez nous. Dans les vieilles rues d’Anvers, on trouve également une belle statue de Pierre le Grand car, lorsqu’il était venu aux Pays-bas pour s’initier à la construction navale, il s’était rendu dans cette ville », remarque chaleureusement le journaliste.

La promesse jamais tenue d’Obama, celle d’une Europe dénucléarisée

Karel Vereycken a démontré que partout en Europe les gens sont déçus du Président Obama. Pour compliquer encore plus la situation, l’OTAN procède avec la modernisation des armes nucléaires B-61 stationnées en Belgique, en Allemagne, aux Pays-bas, en Italie et en Turquie. Une vingtaine de ces ogives mortelles sont entreposées sur la base militaire Kleine Brogel en Belgique.

« En 2009, lors de son discours à Prague, Obama a promis un monde sans armes nucléaires. Le 19 février 2010, quatre politiciens de premier plan (Guy Verhofstad, Louis Michel, Jean-Luc Dehaene et l’ancien secrétaire général de l’OTAN Willy Claes) ont publié ensemble un appel disant : ’Les armes nucléaires tactiques en Europe ont perdu leur utilité. Leur utilité restante – en tant que symbole de l’Alliance transatlantique – est largement insuffisante pour les garder, sachant que de cette façon, nous donnons au reste du monde un signal disant que les armes nucléaires sont ‘nécessaires’ », rappelle Vereycken a Sputnik.

« Le Comité du prix Nobel devrait se réunir et reconnaitre : ‘on s’est trompé, Obama n’aurait jamais dû recevoir le Prix de la Paix’ », souligne le journaliste.

La politique actuelle de l’OTAN et des Etats-Unis ressemble fortement aux initiatives de Washington durant la guerre froide visant à nucléariser l’Europe. A la fin des années 1970, l’OTAN avait un plan visant à stationner des armes nucléaires à portée intermédiaire, les missiles Cruise et Pershing II, ciblant l’URSS à partir du Royaume Uni, l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas. Cette décision avait immédiatement provoqué des manifestations anti-guerre dans toute l’Europe.

Aujourd’hui, par contraste, les pacifistes « dorment ou sont trop absorbés par leurs jeux vidéo », remarque amèrement le journaliste.

Entre temps, « les États-Unis et l’OTAN, qui ont déclaré une nouvelle guerre froide contre la Russie, ont demandé à pouvoir de nouveau disposer de la base militaire de Zutendaal, actuellement utilisée pour entreposer les archives de l’Armée, afin de faire transiter l’armement américain en direction de l’Europe de l’Est où l’OTAN organise les plus grandes manœuvres jamais organisées », constate-t-il.

Le journaliste a rappelé qu’après la chute du Mur de Berlin, bien que l’Occident avait promis à l’URSS de ne jamais stationner des armes à la frontière de la Fédération russe, Washington et l’OTAN ont violé leurs propres engagements. Et cela n’a pas échappé aux Européens. Peut-être est il temps de dissoudre l’OTAN, a suggéré Vereycken.

Cette [dissolution de l’OTAN] a été implicitement recommandée le 7 août 2014 par Katlijn Malflied, une experte de la Russie du Centre international des études européennes de l’Université de Louvain (LINES), qui a exprimé ses inquiétudes à propos des sanctions occidentales contre la Russie, car elle ’ne pouvaient qu’aggraver la situation des deux cotés’, tout en appelant pour la création d’une ‘nouvelle architecture internationale de sécurité’, souligne-t-il.

Il existe une alternative fiable à l’architecture politique planétaire dirigée par les Etats-Unis, et qui s’appelle « les BRICS », souligne Vereycken. Il ajouta que le port d’Anvers, qui a formé un bon nombre d’experts chinois de l’infrastructure, vient de mettre sur pied une « Silk Road task force » afin d’explorer le potentiel d’une plus grande coopération avec l’ensemble des pays des BRICS.

La crise des réfugiés : la faillite politique et économique de l’UE

« Les causes à la racine du problème des réfugiés sont la politique du FMI qui a condamné l’hémisphère sud à la famine et les guerres de l’OTAN menées successivement durant les dernières décennies dans les Balkans, en Irak, en Afghanistan, en Libye et en Syrie », a élaboré Vereycken.

« Le système financier transatlantique, basé sur des pyramides à la Ponzi et des bulles financières, est désespérément en faillite. Comme le dirait l’ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis, le ‘minotaure planétaire’ est mort en 2008 et maintenant il faut l’enterrer. Le danger provient du fait que la guerre et le chaos sont de plus en plus considérés par certains comme les moyens ultimes pour la survie d’une structure oligarchique du pouvoir », il a ajouté.

Agora Erasmus espère que l’intervention du Président Poutine continuera à changer la donne dans la crise syrienne et qu’il appellera les dirigeants mondiaux à former une alliance planétaire contre Daesh lors du Jubilé de l’Assemblée générale de l’ONU à New York.

« Le rôle de la Russie pour résoudre la crise iranienne fut exemplaire et la façon dont cela a été traité devrait servir de modèle pour résoudre la crise syrienne aujourd’hui. L’action militaire, y compris avec les Etats-Unis, ne doit pas être exclue, mais le démantèlement des opérations financières de Daesh qui passent par la Turquie et Londres, reste le moyen le plus efficace dont on a besoin aujourd’hui » a dit Vereycken à Sputnik.

Selon le journaliste, une coopération honnête entre l’Europe et les BRICS pourra offrir des solutions gagnant-gagnant pour chacune des parties.

« Mettre fin à cette guerre froide stupide entre l’Ouest et ‘le reste’ pourrait mettre fin aux guerres et permettre aux réfugiés d’utiliser leurs qualifications et leurs esprits créateurs pour reconstruire leur pays d’origine. L’UE a de toute façon le dos au mur, car la crise des réfugiés est insoluble tant que l’on reste à l’intérieur des paramètres financiers et politiques du système actuel »,
souligne-t-il.

Seule un nouvel ordre politique, financier et de sécurité, basé sur l’investissement dans l’avenir, peut permettre à l’humanité de sortir de la boue de l’autodestruction suicidaire. Le moment est vraiment venu de tirer enfin les leçons de l’histoire. L’échec n’est pas une option », conclut Karel Vereycken.

La Radio Sputnik France a également interrogé Karel Vereycken :

  • 2525€
  • 5050€
  • 100100€
  • 250250€
  • 500500€
  • 10001000€
  • 20002000€
 

Écrire un commentaire

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Notez que votre message n'apparaîtra qu'après avoir été validé par notre équipe.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Vous pouvez utiliser les boutons pour enjoliver votre texte. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Déplier les commentaires||Replier les commentaires

« Le parti a pour objet de combattre, en France et dans le monde, pour la paix par le développement économique et l'égalité des chances et contre l'usure financière et les idéologies du sol, du sang et de la race. Il défend pour chacun et entre les peuples le progrès matériel, intellectuel et moral. A cet effet, il participe à la vie politique de notre pays, notamment lors des échéances électorales. Il peut apporter son soutien politique et financier à des partis et associations dont l'objet concorde avec celui-ci. »

Extraits des statuts - Article 2 - Objet