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Super Grand Lyon : un bon élève français piqué au jeu de l’excellence européenne

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A la surprise générale, le 4 décembre dernier, Gérard Collomb (maire de Lyon) et Michel Mercier (ancien président du Conseil Général du Rhône) annonçaient la création d’ici 2015 d’une entité territoriale nouvelle : l’euro-métropole lyonnaise.

Elaboré en catimini - élus et citoyens n’ont pas été consultés - le projet est une grande première en France. Il consiste à faire du Grand Lyon une « super ville » d’envergure européenne, en lui faisant absorber une partie du département du Rhône.

Les élus locaux, vexés d’avoir été mis devant le fait accompli, ont tout d’abord émis quelques réserves sur le projet ; mais, succombant à la promesse de voir leur bonne élève de ville atteindre l’excellence européenne, une grande majorité s’est finalement prononcée en sa faveur !... Un peu rapide pour un sujet aussi important ! Car, au-delà de Lyon, du département du Rhône et de la région Rhône-Alpes, il est surtout question de l’aménagement des territoires urbains et ruraux en France. En effet, Lyon ne sera pas la seule à devenir euro-métropole : Marseille, Lille et même Strasbourg la rejoindront très prochainement.

Euro-métropole lyonnaise : à quoi ressemble un premier de classe européen ?

Difficile à dire quand on voit les différences qu’il existe entre les trois métropoles généralement prises en exemple pour illustrer cette idée : Barcelone, Manchester et Milan !

Deux constantes se dégagent néanmoins : la taille de la ville et l’importance de son budget.

Dans le cas de Lyon, pour rivaliser avec ses voisines européennes, il a été décidé que le département du Rhône serait coupé en deux : d’un côté, le Rhône urbain qui dépendra de la nouvelle euro-métropole devenue collectivité territoriale à part entière, et de l’autre, le Rhône rural qui dépendra de ce qui restera du Conseil Général.

Sur toute la superficie de l’actuel Grand Lyon (Carte ci-dessous), l’euro-métropole absorbera les compétences, les comptes et les budgets du département et du Grand Lyon. Elle comptera 1,2 million d’habitants et disposera d’un budget s’élevant à 3,6 milliards d’euros. Au terme de cette fusion, le Grand Lyon deviendra la collectivité territoriale la plus puissante de France après Paris.

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Lyon euro-métropole : le nouveau profil de la ville (Lyon en rouge, la future métropole en bleu, le Rhône en gris).

A ce jour, ce n’est que l’esquisse de l’euro-métropole qui fait jaser les lyonnais. Ses contours exacts seront déterminés par une nouvelle loi de décentralisation sur laquelle travaille actuellement le gouvernement Ayrault ; mais au-delà des détails, l’esprit général qui anime l’euro-métropole est déjà parfaitement défini. La réunion qui s’est tenue le vendredi 1er février 2013 à l’Auditorium de Lyon devant la presse et les élus locaux (l’entrée était interdite au public), était l’occasion de clairement le rappeler.

Une conférence pour sceller l’esprit général de l’euro-métropole

Militante S&P Lyon, je ne pouvais manquer le rendez-vous ! Je n’ai d’ailleurs pas été déçue car même si les interventions n’ont pas toujours été intéressantes, celle du géographe Michel Lussault valait à elle seule, le détour.

Ecoutons-le plutôt :

Aujourd’hui, 600 agglomérations dans le monde possèdent 50% du PIB mondial. En 2025, ces 600 agglomérations possèderont 60% du PIB mondial. Or, Lyon pourrait ne plus faire partie de ces 600 agglomérations !

Autrement dit : si Lyon ne fait pas l’euro-métropole, elle deviendra une ville de second plan ! Puis, de conclure qu’il était temps de : « Ne plus penser le monde à partir des Etats mais à partir des grandes agglomérations mondiales. ».

Messieurs Collomb et Mercier sont décidément de fins stratèges. Par expert géographe interposé, ils signent, l’air de rien, l’arrêt de mort de l’Etat-Nation et du découpage territorial français actuel ; tout cela sans que l’auditoire ne s’en émeuve. Leur ambition est claire : moins de départements, plus d’euro-métropoles et de pôles métropolitains en France ; c’est-à-dire, plus d’entités territoriales qui s’organisent selon une logique de performance économique et non de soucis de représentation de tous les territoires et de développement mutuel. La devise : être le meilleur quelles qu’en soient les conséquences.

Connaissez-vous le puzzle « la France des départements » ?

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Le puzzle des départements français : un découpage administratif qui prend en compte tous les territoires.

Composé de 96 pièces représentant chacune un département métropolitain, le but du jeu est de les situer correctement sur la carte afin de reconstituer la France dans son entièreté. Chacune des pièces est à la fois indispensable et égale aux autres : si l’une manque, le puzzle est incomplet, le jeu perdu et la France amputée.

Prenons à présent l’Union Européenne des métropoles. Impossible d’avoir un puzzle complet à partir de cet échelon. Le jeu est perdu avant même le lancement de la partie.

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Le puzzle des métropoles européennes : un découpage qui laisse trop de territoires de côté.

De nombreux territoires, parce qu’ils ne rentrent pas dans les critères de l’euro-métropole, sont naturellement exclus du puzzle. On se retrouve ainsi avec une Europe désunie : d’un côté, des pans entiers de territoire laissés à l’abandon dans lequel s’accentue le désert administratif et la paupérisation ; de l’autre, d’opulents oasis faisant bande à part.

Comme le martelait le socialiste Bernard Catelon lors de la dernière séance du Conseil Général de l’année 2012 :

 Comme d’habitude, le grand gagnant est le Grand Lyon de Gérard Collomb, et le grand perdant le monde rural, éternelle variable d’ajustement.

Ce sont pour ces raisons que, de même que nous nous étions prononcés contre le projet de décentralisation de Nicolas Sarkozy en 2010, nous nous prononçons aujourd’hui contre le projet d’euro-métropole lyonnaise. En effet, n’en déplaise au socialiste Gérard Collomb, l’euro-métropole s’inscrit dans la continuité du travail sur la réforme des collectivités territoriales accompli par la commission de l’UMP Edouard Balladur !

Un livret scolaire embarrassant…

Les habitants du Grand Lyon savent-ils que la nouvelle euro-métropole risque de prendre aveuglément et à leurs frais la responsabilité des actifs et des passifs du département du Rhône ?

La gestion du département sous la présidence Mercier a été particulièrement déplorable. Entre les dettes liées aux emprunts toxiques (perte évaluée à 400 millions d’euros) et celles liées aux dérives budgétaires de certains projets en cours (Musée des Confluences), le département est très certainement en faillite virtuelle. Il est indispensable de faire la lumière sur cette situation avant que l’euro-métropole voie le jour. En effet, les futurs citoyens métropolitains ne doivent pas accepter une hausse substantielle de leurs impôts sous prétexte que quelques élus, par corruption ou par couardise, n’aient pas osé, suivant l’exemple de Saint-Etienne, Sassenage ou du Conseil Général de la Seine Saint-Denis, assigner Dexia en justice.

Emparons-nous donc au plus vite de cette question pour mettre un terme, sinon au projet au moins au caractère précipité et confidentiel dans lequel il est discuté, afin d’organiser un grand débat public auquel tous les citoyens lyonnais, grand lyonnais et rhodaniens seront conviés.

Lyon, élève modèle pour l’Europe : c’est ça l’excellence française !

Refusant de voir à la fois le Rhône se transformer en l’archétype du département croupion, et Lyon en une sorte de géant économique qui, méprisant la France, ne se préoccuperait plus que des moyens pour rivaliser avec les grandes métropoles économiques européennes, nous voulons développer dans le cadre des municipales lyonnaises de 2014, une toute autre conception de ce que doit être une grande ville et son rôle dans le département, la région, le pays et l’Europe.

Au cours de ma scolarité, j’ai rencontré, en tout et pour tout, trois types de premier de classe : le premier type était prêt à tout, même à écraser ses camarades pour briller ; le deuxième, sans trop s’interroger sur le sens de la course à l’excellence à laquelle il participait, menait tranquillement sa barque ; enfin le troisième, amoureux des sciences, partageait son talent et se donnait pour mission, tandis qu’il avançait, de faire avancer en même temps ses camarades.

Aujourd’hui, Lyon a pour ambition de devenir première de la classe. Soit ! Mais qu’elle soit un premier de la classe de la troisième catégorie. Lyon doit à la fois poursuivre son propre développement et assurer celui des villes et des territoires voisins.

Cela commence par de grands projets de transports et d’aménagement du territoire à l’échelle de la ville, de sa périphérie, du département et de la région. En partenariat avec des villes comme Saint-Etienne, Grenoble, Valence, Bourg-en-Bresse, Chambéry et Annecy, Lyon doit faire le pari du co-développement et de la modernité, notamment en réalisant la première ligne régionale d’aérotrain ou de trains à lévitation magnétique (voir projet LYSETTE). En reliant les villes de la région à moins de 20 minutes les unes des autres, une péréquation spontanée pourra se mettre en place : entre la mobilité des contribuables, la création d’emplois liée aux grands projets et une plus grande attractivité des territoires au-delà de Lyon, c’est une véritable dynamique régionale qui se développera.

En disant non à une logique territoriale du gain financier, Lyon doit devenir la première grande ville d’Europe au service du développement de ses citoyens en même temps que de celui des départements qui l’avoisinent ; du développement de sa patrie, en même temps que de celui de toutes les patries d’Europe et du monde.

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