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Syrie : Vladimir Poutine bouscule l’agenda international

La rédaction
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L’intervention décisive du Président russe pour éviter une escalade des conflits et du terrorisme en Asie du sud-ouest a fait basculer la situation stratégique internationale, prenant complètement au dépourvu le président Obama.

Tout en renforçant les moyens militaires des forces armées syriennes, le président russe a appelé à une coalition internationale pour faire du combat contre Daesh en Irak et en Syrie une priorité. Il a fait remarquer par la même occasion que la vague de réfugiés est constituée avant tout de Syriens fuyant les décapitations barbares et autres atrocités commises par Daesh, dont la destruction de monuments culturels et historiques irremplaçables.

La priorité de Washington, par contre, reste le renversement du régime du président Bachar al-Assad pour des raisons géopolitiques, quitte à soutenir les forces bestiales financées par les Saoudiens. Nul ne conteste que la campagne de raids aériens que les États-Unis prétendent conduire contre Daesh ne donne aucun résultat.

Poutine présentera sans doute sa proposition lors des débats à l’Assemblée générale de l’ONU. Des représentants européens ont déjà fait preuve d’une ouverture à son appel.

Tel n’est pas le cas du président Obama, qui a été visiblement déstabilisé par l’initiative russe. Si certains à Washington, notamment dans le monde du renseignement et de la défense, ont salué l’implication de la Russie eu égard au renforcement alarmant des forces djihadistes, Obama lui-même a claironné que Washington ne permettra en aucun cas que Bachar al-Assad reste au pouvoir.

Le secrétaire d’Etat John Kerry a averti que face à une coalition internationale, les « sponsors de Daesh » réagiraient en lui fournissant plus d’armes et d’argent. Bien qu’il ne l’ait pas dit, on sait que les « sponsors » en question sont des organisations wahhabites saoudiennes.

Or, comme le faisait remarquer l’économiste américain Lyndon LaRouche, Poutine a mis Obama au pied du mur et celui-ci devra céder. Vladimir Poutine n’est pas un politicien opportuniste, mais un « penseur stratégique », a également souligné LaRouche. Il était à Beijing pour consolider les relations bilatérales avec la Chine, juste avant d’y assister au défilé militaire du 3 septembre. Ensuite, lors du Forum économique de l’Est, qui s’est tenu du 3 au 5 septembre à Vladivostok et qui a débouché sur de nombreux nouveaux accords russo-chinois, Poutine a insisté sur les tâches communes de la Russie et la Chine.

Avec son initiative en Syrie, le Président russe s’est livré à une prise de judo, juste avant l’ouverture de l’Assemblée générale de l’ONU où se réunissent les dirigeants du monde pour discuter de la paix et du développement. La question est donc posée de savoir qui est prêt à combattre cet ennemi mortel de la civilisation incarné par Daesh.

La réponse européenne

Le drame des réfugiés, venant s’ajouter à la crainte d’actions terroristes sur leur propre sol, oblige les dirigeants européens à revoir, du moins partiellement, leur soutien au chaos déclenché par l’Occident en Asie du sud-ouest.

  • Le 12 septembre, Angela Merkel a finalement répondu à l’appel de Vladimir Poutine, en déclarant que l’Europe occidentale doit travailler avec la Russie et les Etats-Unis « pour résoudre la crise en Syrie ». La veille, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Martin Schäfer a évoqué le rôle clé de Moscou en Syrie, ajoutant : « Je pense que nous saluerons le fait que la Fédération russe et le président russe (...) participent activement au combat contre l’ISIS, étant donné les dangers découlant du terrorisme islamique. » Le dirigeant de la CSU, Horst Seehofer, a exprimé de son côté sa conviction que le conflit en Asie du sud-ouest ne peut être résolu sans l’aide du président Poutine. Autre signe positif en provenance de Berlin, le dialogue russo-allemand de Saint-Pétersbourg doit reprendre après avoir été suspendu il y a deux ans en raison de la crise en Ukraine. La nouvelle a été annoncée par le nouveau directeur de l’organisation, Roland Pofalla, qui est très proche de la chancelière.
  • Le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond a nuancé la position de son gouvernement à l’égard de Bachar al-Assad. Devant la commission des Affaires étrangères du parlement, il a déclaré le 9 septembre : « S’il existe un plan de transition raisonnable qui prévoit qu’Assad soit impliqué dans le processus pendant un certain temps, nous l’étudierons. (...) Nous ne disons pas qu’il doit partir dès le premier jour. » Le Premier ministre David Cameron, quant à lui, se contente de répéter qu’« Assad doit partir », tout en précisant qu’il envisage d’avoir recours à la « force militaire dure » en plus des attaques par drone. Toutefois, cette option semble hors question depuis la victoire éclatante de Jeremy Corbyn, farouche adversaire des aventures militaires à l’étranger, à la tête des travaillistes.
  • En France, le président Hollande a affiché dans sa conférence de presse du 7 septembre, un changement de ton vis-à-vis du Président syrien. Il n’a plus demandé son départ immédiat, indiquant que la France est prête à coopérer avec « tous les pays » pouvant faciliter une solution politique et une transition, y compris la Russie et l’Iran. Tout en livrant sa traditionnelle attaque en règle contre le pouvoir à Damas, Hollande a dit que le « départ de Bachar al-Assad sera à un moment ou un autre posé dans la transition », la nuance étant dans les mots « à un moment ou un autre ». Sur un autre front, François Hollande poursuit activement une percée dans les négociations du « Groupe de Normandie » (Allemagne, France, Russie, Ukraine) pour faire avancer l’accord de Minsk.

Toutefois, la situation exige une rupture totale des grandes puissances européennes avec la politique de « changement de régime » poursuivie par Washington, qui vise en fin de compte la Russie et la Chine, et une coopération intense avec les BRICS pour assurer le développement économique des régions que fuient actuellement les populations.

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