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Tirer les leçons du scandale Dexia

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Avec Le scandale Dexia, enquête sur la plus grosse faillite bancaire européenne, Alain Piffaretti, ancien journaliste de La Gazette des communes et grand spécialiste des collectivités locales, jette un pavé dans la marre.

Mi-thriller mi-histoire d’horreur (financière), l’effroi n’est que plus grand lorsque l’on se rend compte qu’il s’agit bel et bien d’une histoire vraie qui nous menace toujours !

Car la vérité est bien là : la nébuleuse Dexia demeure un Tchernobyl financier. Si les émanations toxiques nous empoisonnent depuis 2008, son cœur est loin d’être éteint et risque l’explosion dans les semaines à venir. Pour désamorcer cette bombe, il est indispensable d’identifier les responsables. Or jusqu’ici ceux-ci n’ont jamais été inquiétés. Pire encore, alors qu’ils n’ont rien vu venir et ont fait payer aux populations le prix fort de leurs errements, les dernières lois françaises sur la résolution bancaire (Moscovici) les promeuvent au sommet des instances de régulation !

L’auteur, sans pour autant évoquer comme S&P la nécessité d’un retour impératif à une séparation stricte entre banques de dépôt et banques d’affaires (Glass-Steagall Act), reconnaît cependant que le type de banque que représentait Dexia est à revoir de toute urgence.

Faire du crédit aux collectivités est le rôle exclusif d’un Etat ou d’une banque de dépôts. Dexia, tout comme Lehman Brothers, n’en était pas une. Pour obtenir des liquidités, la banque dépendait totalement des marchés interbancaires et de l’émission de covered bonds (obligations « sécurisées », c’est-à-dire garanties par les emprunts aux collectivités).

En apparence, avec 651 milliards d’euros au bilan et plus de 10% de fonds propres en 2008, Dexia était une affaire qui marchait ! Et elle passait les stress tests ! Mais en temps de fortes secousses monétaires, une banque de ce type se transforme rapidement en schéma de Ponzi. Avec l’argent emprunté aux uns, elle honore ce qu’elle doit aux autres. Et tant qu’entre voleurs la confiance règne, car chacun se sert au passage, le manège continue à tourner. Mais si par malheur le marché interbancaire se gèle, toute la pyramide financière s’effondre.

Comme le rappelle Piffaretti, « lorsque Lehman fait faillite, la valeur des centaines de milliards d’obligations que la banque [Dexia] avait donné à droite, à gauche s’effondre brutalement… » Privée de marché interbancaire et incapable de trouver preneur pour ses covered bonds, Dexia s’adresse en urgence aux banques centrales européennes et américaines et aux Etats. Dès 2007, suite à la crise des subprimes, Dexia emprunte 45 milliards d’euros à la BCE, le plus gros tirage auprès de l’institution. Le 29 septembre 2008, suite à la chute de Lehman, Dexia, via le guichet spécial de la Réserve fédérale, se voit accorder un prêt de 6 milliards de dollars…

Suit alors l’impossible sauvetage d’une banque « trop grosse pour sombrer ». Piffaretti décrit bien cette interdépendance qui fait en sorte que la chute de l’un, telle une cordée d’alpinistes, entraîne la chute de tous :

En cas de défaut du groupe, des risques de réaction en chaîne considérables sont à envisager sur les marchés financiers. Les milliers de milliards d’euros d’encours non sécurisés et de produits dérivés (au moins 1500 milliards d’euros de swaps, d’options, etc.) pèseraient excessivement lourd sur les banques contreparties et affecteraient de façon très importante la liquidité des marchés. La disparition du groupe entraînerait, en outre, la mise en vente de quantités gigantesques de titres avec pour conséquence un effondrement de leur valeur et la déstabilisation des marchés secondaires, tout particulièrement ceux de la zone euro, amplement représentés dans le portefeuille de Dexia.

Vous l’avez compris : pour éviter une série de défaillances bancaires et surtout pour sauver la zone euro, nos grandes banques (BNP Paribas, Société générale, etc.) ont forcé nos politiques à « sauver » Dexia !

La description méticuleuse de cette expérience grandeur nature du naufrage d’une banque « trop grosse pour sombrer » est sans doute l’un des meilleurs plaidoyers en faveur d’une vraie réforme bancaire que tout le monde attend : celle d’un rétablissement d’une séparation stricte des métiers de banque.

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