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Tony Blair proclame la fin de l’ère des traités de Westphalie

La rédaction
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Nicolas Sarkozy promeut activement l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair comme premier Président du Conseil européen, dans le cadre du nouveau Traité européen simplifié que les dirigeants de l’UE veulent imposer sans référendum. Bien que largement discrédité en Grande-Bretagne, l’ami anglais du Président français a été unilatéralement choisi par George Bush, l’été dernier, pour devenir l’envoyé spécial du Quartette au Moyen-Orient.

Un aspect peu connu de M. Blair - dont le gouvernement et les SR ont joué un rôle clé dans le déclenchement de l’invasion de l’Irak - est son opposition explicite aux traités de Westphalie, qui mirent fin à la guerre de Trente ans en instaurant un système d’Etats-nations souverains. Comme il l’a proclamé en 2004, la politique britannique du XXIème siècle devrait consister à utiliser la guerre préventive pour instaurer un ordre « post-westphalien ».

Dans un discours prononcé le 5 mars 2004 à Sedgefield (Angleterre), bien après que ses mensonges sur l’Irak aient été exposés au grand jour, M. Blair révéla franchement les motifs « philosophiques » de son intervention.

Dans le monde actuel, dit-il, « tout change : économie, technologie, culture, mode de vie. (...) Le XXIème siècle est non conventionnel à presque tous égards. Quant à moi, même avant le 11 septembre, je cherchais déjà, en termes de relations internationales, une philosophie différente de celle, traditionnelle, en vigueur depuis les traités de Westphalie de 1648, qui veut que les affaires internes d’un pays ne concernent que lui et que l’on ne s’y ingère pas à moins que [ce pays] ne vous menace, ne viole un traité ou ne déclenche une obligation d’alliance. Je ne pensais pas que l’Irak avait sa place dans cette philosophie. »

« En vertu du droit international actuel, un régime peut peut-être brutaliser et opprimer son peuple sans que l’on puisse faire quoi que ce soit, si le dialogue, la diplomatie et les sanctions échouent, sauf s’il s’agit d’une catastrophe humanitaire. (...) Tel est peut-être le droit, mais devrait-il en être ainsi ? »

Et plus loin, « je ne dis pas que toute situation mène à l’action militaire. Mais nous avons certainement un devoir et un droit d’empêcher que la menace ne se réalise. Et nous avons certainement la responsabilité d’agir lorsque le peuple d’une nation est soumis à un régime comme celui de Saddam. »

Effacées, les frontières des Etats et leurs institutions. Est-ce vraiment ce dont a besoin une Europe déjà supranationalisée ?

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