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Transports en commun : le retour du coussin d’air

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La société franco-italienne Poma, après deux ans de travaux, a achevé en juin 2012 au Caïre en Egypte ce magnifique MiniMétro glissant sur des coussins d’air et propulsé par des câbles.
Crédit : POMA

Dans le pays d’Alstom et de Veolia, grands fabricants de tramway, la nouvelle n’a pas fait la manchette de la grande presse.

Alors qu’en France, Valéry Giscard d’Estaing annule en 1974 le projet ambitieux de l’ingénieur Jean Bertin visant à relier Cergy avec La Défense grâce à un Aérotrain glissant sur coussins d’air et propulsé par un moteur électrique linéaire, c’est aujourd’hui, presque 40 ans plus tard, que le coussin d’air, économe en énergie et généreux en travail fourni, apparaît de nouveau comme une alternative à la roue.

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Après deux ans de travaux, POMA, le groupe franco-italien basé à Voreppe (Isère), l’un des leaders mondiaux du transport par câble (remontées mécaniques, funiculaires, etc.), a inauguré en juin 2012 un Automatic People Mover (APM) aérien glissant sur coussins d’air et reliant les trois terminaux de l’aéroport du Caire avec les parkings et le centre commercial. Ce projet a été baptisé « MiniMetro® ».

Appelé à transporter 8,5 millions de passagers par an, le projet s’inscrit dans le programme de modernisation de l’aéroport du Caire dont la capacité doit passer à 22 millions de passagers cette année. Le contrat a été signé en mars 2009 avec le ministère de l’Aviation civile égyptienne pour un montant total de 75 millions d’euros (60 pour les travaux et 15 pour l’exploitation et la maintenance). Il s’agit d’un ensemble de deux trains de 170 passagers se déplaçant sur coussins d’air (technologie « Air Levitation »), tirés par des câbles, une technique déjà mise en œuvre par Poma pour le Skymétro de l’aéroport de Zurich en 2002 ou l’ExpressTram de l’aéroport de Detroit.

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Le Skymétro de l’aéroport de Zürich. On voit clairement les coussins d’air sous le véhicule.

A la fin des années 1960, suite à l’arrivée en masse des voitures individuelles dans des pays sous-équipés en infrastructures routières, plusieurs gouvernements réfléchissent sur des transports de masse rapides, bon marché et silencieux.

  • En France, c’est l’aventure de l’Aérotrain visant à utiliser le coussin d’air.
  • En Allemagne, où les recherches s’orientent vers la lévitation magnétique, la société Krauss-Maffei expérimente néanmoins un prototype (Transrapid 03) combinant coussin d’air et moteur électrique linéaire.
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Le Transrapid 03, un prototype combinant coussin d’air et propulsion électromagnétique construit par la société Krauss-Maffei.
  • En Italie, à l’Institut d’aéronautique de Palerme, on se fixe le même objectif avec le prototype IAP3.
  • En Angleterre, le professeur Eric Laithwaite, l’un des pères du moteur électrique linéaire, teste son prototype de Hovertrain, le RTV31, avec une technologie identique.
  • Aux Etats-Unis, en 1974, lors d’un test, le prototype du « Garrett », un train rapide roulant sur des rails en acier mais propulsé par un moteur électrique linéaire, dépasse les 400 km/h.

Bien qu’à partir de 1974, pour des raisons qui demeurent obscures, la plupart des pays renoncent les uns après les autres aux recherches dans ce domaine, la société américaine General Motors (GM) continue à s’intéresser à l’APM et met au point le procédé Hovair. Selon certaines sources, GM, suite à des lois anti-trust, aurait revendu cette technologie à Otis, qui la commercialisera dans le monde.

Dès 1979, cette société utilise la technologie « Otis Hovair » pour réaliser une navette automatique sur coussins d’air propulsée par un moteur électrique linéaire, pour transporter des malades au Centre médical de l’Université de Duke, en Caroline du Nord. Le système, baptisé « ascenseur horizontal » par Otis et unique en son genre, pouvait non seulement avancer et reculer mais se déplacer latéralement. Il a fonctionné avec succès pendant trente ans, jusqu’à l’agrandissement de l’hôpital en 2009.

Otis a ensuite décidé d’abandonner la propulsion par moteur électrique linéaire pour la remplacer par des câbles. En 1996, Otis s’associe avec Poma pour concevoir des APM de nouvelle génération. C’est vers cette époque que la joint-venture Poma-Otis développe pour le Skymétro de l’aéroport de Zurich le « Hovair débrayable », un transporteur horizontal par câble avec des navettes sur coussins d’air, issues de la technologie Otis, et des pinces débrayables, issues de celle de Poma.

Si Poma-Otis n’existe plus aujourd’hui, Poma a conservé l’héritage technologique de cette époque et a su la sortir de son chapeau pour le projet de MiniMétro® du Caire.

Comme quoi, en dépit de l’inertie d’un monde financier qui nous paralyse, l’esprit de créativité et d’innovation reste la grande ressource de notre pays. A nous de mobiliser la volonté politique pour la libérer.

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