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Trump/Corée du Nord : poker nucléaire ou entente, détente et coopération

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Le bras de fer avec la Corée du Nord est désormais engagé. Suite dramatique d’une guerre froide qui s’est éternisée depuis 1953, cuite et recuite par les menaces proférées par des générations de néo-conservateurs qui se sont succédées à la tête des États-Unis, la Corée du Nord est en voie de se doter de capacités balistiques et nucléaires qui constituent désormais une menace pour ses voisins.

Le 5 août, pour mettre un terme à l’escalade, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies – Chine, Russie, Etats-Unis, Royaume Uni et France – ont approuvé, tous ensemble pour la première fois depuis longtemps, un train de sanctions particulièrement draconien contre ce pays. Un tiers de ses exportations ont été interdites par le Conseil de sécurité, une politique de menace forte devant aboutir cependant, selon tous les membres permanents, à une solution politique du conflit.

Or, c’est à la Chine, souvent dénoncée par les analystes occidentaux comme la « protectrice » de la Corée du Nord – bien que depuis des années elle dénonce les velléités nucléaires de Pyongyang – que revient la responsabilité d’imposer ces sanctions, étant le marché quasiment unique d’exportation de la Corée du Nord.

La Chine et la Russie approuvent les sanctions

La crainte de fuite en avant d’un Président Trump, inexpérimenté et sujet à des coups de sang, a-t-elle contribué à ce que la Russie et la Chine approuvent ces sanctions alors qu’elles en ont rejeté bien d’autres depuis 2011 ? Aux prises avec son « Deep State » qui l’accuse de connivence avec la Russie de Poutine et qui travaille chaque jour davantage à sa destitution, Donald Trump ne pourrait-il pas être tenté d’appuyer sur quelque gâchette, pour calmer son opposition intérieure et se maintenir au pouvoir ? C’est d’ailleurs la proposition folle que lui fait Jacques Attali dans son dernier billet.

D’un point de vue positif, notons cependant que depuis l’arrivée des Bush au pouvoir, Donald Trump est celui des présidents américains qui a établi les meilleures relations avec la Russie et la Chine, indiquant sans ambiguïté, lors de ses rencontres avec Xi Jinping et avec Poutine, sa volonté d’établir une entente avec les deux. Il a aussi donné des gages importants à la Corée du Nord.

Son ministre des Affaires étrangères, Rex Tillerson qui a déjà su nouer une relation constructive avec la Russie, a clairement annoncé qu’il ne souhaite pas de changement de régime en Corée du Nord, ni même la réunification rapide des deux Corées, mais simplement l’arrêt des programmes de développement du nucléaire militaire et des missiles balistiques. Il est à espérer que Donald Trump écoutera les conseils de sagesse de ses homologues.

Épée de Damoclès

Voilà le type de considération qu’ont pu avoir les capitales des principaux opposants à l’empire anglo-américain, avant de décider « d’accompagner » le processus lancé au sein du Conseil de sécurité de l’ONU. Ceci ne doit cependant pas nous faire oublier l’immense difficulté de la tâche : ne rien faire et risquer l’éclatement d’une guerre nucléaire dans la péninsule coréenne et peut-être à l’échelle mondiale, ou accompagner le processus pour peser sur les solutions et faire en sorte qu’il aboutisse à la dénucléarisation de la péninsule toute entière, mais risquer aussi l’embourbement, en cas des provocations.

Or, ce ne sont pas, en premier lieu, les personnalités des chefs d’État en question qui rendent ce processus si dangereux. C’est le parti de la guerre des néo-conservateurs excités par l’oligarchie financière de Londres et de Wall Street et leurs médias mainstream mobilisés pour faire tomber Trump, qui cherchent à reprendre la main aux États-Unis et à l’échelle mondiale pour mener une politique bien pire que celle de l’actuel président américain. La moindre provocation pourrait allumer l’étincelle de la guerre nucléaire dans la péninsule : une attaque américaine avec des « mini nukes » contre la Corée du Nord, une riposte nucléaire de celle-ci contre la Corée du Sud, une riposte nucléaire américaine contre la Corée du Nord.

Bras de fer

Or, le lundi 14 août, le bras de fer a été engagé, non par Trump seul, mais par le Conseil de sécurité de l’ONU. Les autorités chinoises ont annoncé la mise en application des sanctions décidés par le Conseil de sécurité : « Toutes les importations de fer, minerai de fer, plomb, minerai de plomb, et d’animaux aquatiques et produits de la mer seront interdites », sont concernées, a indiqué le ministère chinois du Commerce.

Une interdiction qui démarre dès mardi. Des sanctions qui seront surtout appliquées par la Chine, car dans l’isolement croissant que connaît la Corée du Nord depuis 2002, sa dépendance envers le marché d’exportation chinois est passée de 26% à 92% aujourd’hui. C’est bien un milliard de dollars qu’elle pourra perdre, sur ses 3 milliards en 2016, si elle n’accepte pas d’ouvrir les négociations avec les 5 grands.

Pour l’heure, les premières réactions semblent aller vers une désescalade et peut-être une ouverture vers la négociation. Le président nord-coréen a déclaré ce mardi qu’il pourrait remettre en question son projet de tir de missiles, au dessus du Japon, vers l’île de Guam, qu’il avait annoncé le 8 août. L’île de Guam est un territoire américain dans le Pacifique abritant deux importantes bases militaires.

Kim Jong-un a dit vouloir « observer encore un peu le comportement idiot et stupide des Yankees avant de prendre une décision » sur cette question. Il semble aussi vouloir amorcer une négociation, en déclarant qu’il reprendrait ses projets si les Américains « persistent dans leurs actions irresponsables et dangereuses dans la péninsule coréenne ».

« Les États-Unis , a-t-il ajouté, qui ont été les premiers à acheminer près de nous de nombreux équipements nucléaires stratégiques, devraient prendre en premier lieu la bonne décision et montrer par leurs actions s’ils souhaitent apaiser les tensions sur la péninsule coréenne et empêcher un affrontement militaire dangereux ».

Le dirigeant nord-coréen fait référence ici aux prochaines manœuvres militaires conjointes des Etats-Unis et de la Corée du Sud, à propos desquelles la position nord-coréenne a été constante depuis longtemps : Pyongyang serait prête à arrêter ses recherches nucléaires et balistiques, en échange de l’annulation de ces exercices.

C’est aussi la position arrêtée par la Chine et la Russie dans ce conflit. Elles demandent « le double gel » : gel du développement des capacités nucléaires et des missiles nord-coréens, et en échange, gel des manœuvres militaires Etats-Unis-Corée du Sud. Cette position est rejetée cependant par les Etats-Unis pour qui les manoeuvres conjointes Etats-Unis/Corée ne sont que "défensives".

Enfer nucléaire ou entente, détente et coopération ?

Les États-Unis sauront-ils prendre la voie du dialogue dans ce conflit alors que dans le même temps Trump souffle le chaud contre l’Iran et menace le Venezuela d’une intervention militaire américaine ?

Aux portes de l’enfer nucléaire, seul le pari du futur contre celui du fou, permettra peut-être à notre espèce de surmonter cette crise. Les échanges entre les présidents Xi Jinping et Trump samedi dernier, rendus publics par les deux gouvernements mais souvent tronqués ou oubliés par les médias nationaux et internationaux qui jouent le plus souvent le rôle « d’idiots utiles » du parti de la guerre, nous permettent encore d’avoir de l’espoir.

Alors que les médias montent en épingle les tensions entre ces deux présidents, la simple lecture de leurs propos permet d’entrevoir une autre réalité.

Selon le communiqué publié par la Maison Blanche après cet échange téléphonique :

Les deux dirigeants ont affirmé que l’adoption récente de la nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l’ONU concernant la Corée du Nord était un pas important et nécessaire pour atteindre la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne. Les Présidents Trump et Xi Jinping sont d’accord que la Corée du Nord doit arrêter son comportement provocateur et ses surenchères. Les Présidents ont aussi réitéré leur engagement mutuel à la dénucléarisation de la péninsule de Corée. Le Président Trump a hâte de rencontrer le Président Xi en Chine plus tard cette année, une rencontre qui sera un événement historique. La relation entre les deux présidents est extrêmement proche et, espérons-le, pourra conduire à une solution pacifique du problème de la Corée du Nord.

Du côté chinois, c’est l’agence nationale de presse Xinhua qui, le 12 août, a livré l’appréciation de la présidence chinoise sur l’échange téléphonique. Sous l’intitulé « Xi appelle à la retenue sur la question coréenne lors de l’entretien avec Trump » on peut lire : « Les partis concernées devraient éviter des remarques et des actions pouvant conduire à une escalade dans la Péninsule », a dit Xi, ajoutant que la Chine est prête à travailler avec les Etats-Unis pour résoudre la question de façon adéquate.

Xi a souligné que la Chine et les Etats-Unis ont un intérêt commun dans la dénucléarisation de la Péninsule coréenne et le maintien de la paix et de la stabilité là-bas. Les parties concernées devraient s’efforcer de résoudre la question par le dialogue et la négociation afin d’atteindre une solution politique. « La Chine veut bien maintenir de proches contacts avec les Etats Unis, sur la base d’un respect mutuel, afin de trouver une solution juste à la question », a-t-il ajouté.

« Xi a aussi noté qu’il avait eu une rencontre productive avec Donald Trump, en marge du sommet du G20 le mois dernier à Hambourg en Allemagne » ainsi que « toute l’importance qu’il accorde à la visite d’Etat que fera Trump en Chine plus tard cette année. »

De son côté, « Trump a souligné que les relations entre les Etats-Unis et la Chine connaissent un bon rythme, exprimant sa conviction que les liens bilatéraux pourraient être meilleurs. Le Président américain a aussi dit qu’il attend beaucoup de sa visite d’Etat en Chine. »

Enfin, sur le problème du nucléaire coréen, Xinhua rapporte les propos de Trump selon lesquels « les États-Unis comprennent pleinement les efforts de la Chine pour le résoudre, et veulent continuer à maintenir de proches contacts avec Beijing sur les questions internationales majeures et les questions régionales qui représentent une préoccupation commune ».

Du point de vue de Solidarité & Progrès, pour garantir qu’une paix soit durable, il faut créer les conditions d’un bon vouloir vivre en commun entre les peuples, ce qui veut dire promouvoir des projets de recherche et de développement conjoints permettant d’améliorer rapidement les conditions de vie matérielles et culturelles des citoyens.

De tels projets, mobilisant la Chine, la Russie, et les deux Corées existent déjà. Il faudra créer les bases pour les relancer et pour y intéresser également le Japon, dans le contexte du groupe des 6 pays créé par la Russie pour pacifier la région.

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