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Ukraine : le très influent Club Izborsk russe établit un parallèle avec la crise des missiles de Cuba

La rédaction
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1990

Un mémorandum intitulé « Sauver l’Ukraine », rédigé par des experts du Club Izborsk, est paru dans l’hebdomadaire russe Zavtra de cette semaine. Il dénonce comme une menace aux intérêts stratégiques russes, le « coup d’État fasciste rampant » qui a lieu contre l’Ukraine. Le Club Izborsk est un groupe d’intellectuels influents promu par le président Vladimir Poutine depuis quelques temps.

« Sauver l’Ukraine », qui accuse les États-Unis et l’Union européenne d’être à l’origine de la tentative de changement de régime en cours en Ukraine, somme les États-Unis de participer à des consultations de crise, sous l’égide du Mémorandum de Budapest de 1994 sur la souveraineté ukrainienne. Ce mémorandum de 1994, garantissant la souveraineté nationale de l’Ukraine, avait été signé par les États-Unis, la Grande Bretagne, l’Ukraine et la Russie. Si l’Ukraine ou la Grande Bretagne venaient à refuser une telle conférence, alors la diplomatie russo-américaine devrait entreprendre des négociations de toute urgence, en s’appuyant sur le précédent de la crise des missiles de 1962.

Certaines des évaluations et des idées promues par le mémorandum du Club Izborsk vont dans le sens des prises de position récentes de Sergueï Glaziev, conseiller spécial du président russe, et du général à la retraite Léonid Ivachov, ancien chef du Département de politique étrangère du ministère russe de la Défense. Glaziev et Ivachov participent tous deux au Club Izborsk et ont été parmi les co-auteurs du Livre blanc sur la stratégie militaire publié par ce groupe en 2013. En janvier de la même année, le groupe avait publié « Réforme de la défense, partie intégrante d’une conception de la sécurité pour la Fédération de Russie », où il auscultait le nouveau projet américain visant à anéantir, grâce à des armes nucléaires miniaturisées et de très grande précision, la riposte d’un ennemi à une première frappe nucléaire. (Voir « US Moves Towards a Nuclear First Strike Capability », EIR, March 15th, 2013.)

Le mémorandum « Sauver l’Ukraine » rapporte que la situation du pays « approche rapidement de la limite au-delà de laquelle l’Ukraine pourrait devenir fasciste ». L’Ukraine, un État non-aligné, neutre et non nucléaire, deviendrait ainsi un « point chaud » en Europe et dans le monde, « une zone d’instabilité et de chaos aux frontières de la Russie ».

La déstabilisation en cours en Ukraine est en train de créer « les conditions de la prise de pouvoir par une coalition de forces politiques qui ne représente pas les intérêts de la majorité du peuple ukrainien ». Selon ce mémorandum, le groupe américain en charge de l’opération « Ukraine » est composé d’intellectuels et de diplomates de haut niveau. Washington « s’inquiète que Moscou, dont les réserves en capital sympathie au sein de la population ukrainienne sont énormes, puisse soudainement se réveiller, devenir plus actif et saborder le projet presque finalisé d’établir un gouvernement totalement anti-russe en Ukraine, allant même jusqu’à largement recourir aux héritiers fascistes du collaborateur nazi Stepan Bandera ».

Le rapport énumère les scénarios possibles d’un changement de régime en Ukraine : expulsion abrupte de Ianoukovitch, ou lancement d’un processus de « gouvernement de coalition » qui aboutirait en définitive à son éjection du pouvoir. Un nouveau dirigeant, peut-être même Ioulia Timochenko, libérée de prison, pourrait alors « prendre la direction de l’Ukraine, au sein de la plate-forme radicale nationaliste d’Oleg Tiagnybok et d’autres groupes fascistes d’extrême droite. Une telle tournure idéologique des événements (...) pourrait aboutir à la formation d’un Etat anti-russe aux frontières de la Fédération de Russie et perturber toute tentative d’intégration dans l’ancienne région soviétique ».

Conséquences pour les intérêts stratégiques de la Russie

Dans ce chapitre, le mémorandum développe ce qu’un tel régime pourrait « décider qui affecte directement les intérêts stratégiques de la Fédération de Russie » :

« – Rejet de la présence des forces armées russes en Crimée, y compris l’utilisation de Sébastopol comme base de la flotte russe en mer Noire. Le délai d’expulsion pourrait être fixé à 6 voire 10 mois, un délai insuffisant pour une relocalisation ordonnée des installations militaires sur le territoire russe, aux environs de Novorossiisk.

« – Purges des éléments pro-russes dans l’est et le sud de l’Ukraine, conduisant à un exode en masse de réfugiés vers la Fédération russe.

« – Destruction des capacités manufacturières à Kiev, Dnepropetrovsk, Kharkov et d’autres villes ukrainiennes, qui travaillent pour le complexe militaro-industriel russe.

« – Ukrainisation forcée des populations vivant à l’est du Dniepr [où vivent des populations ethniquement russes ou russophones importantes].

« – Partenariat renforcé entre l’Ukraine et l’OTAN et établissement de bases américaines et de l’OTAN dans le pays, y compris en Crimée.

« – Établissement en Ukraine orientale de bases d’entraînement de terroristes pouvant opérer aussi bien dans le Caucase que dans le bassin de la Volga et éventuellement en Sibérie.

« – Extension du recours aux techniques de l’Euromaidan dans de grandes villes en territoire russe, définies par leur majorité ethnique.

« – Expulsion de l’Église orthodoxe russe hors d’Ukraine, suivie par la saisie des églises et monastères, résultant dans l’affaiblissement de l’autorité aussi bien de l’Église orthodoxe russe que du gouvernement central au sein de la société russe.

« – Ouverture de poursuites contre Gazprom, Rosneft et leurs cadres dirigeants, ainsi que d’actions en justice contre la Russie dans les Cours de justice internationales soutenues par les occidentaux, sous différents prétextes. »

Que faire ?

Dans leur conclusion, les auteurs déclarent : « Nous considérons la situation qui émerge en Ukraine comme catastrophique pour le futur de la Russie et de tout l’espace post-soviétique. » Parmi les mesures qu’ils proposent, dans « le cadre du droit international » :

« – une évaluation idéologique officielle du coup d’État fasciste en cours, contre les droits des peuples et des groupes ethniques vivant en Ukraine.

« – un appel aux peuples russe et ukrainien à résister, de toute leur force, à la plaie fasciste qui prend le pouvoir à Kiev, et à faire entrer des couches plus vastes du public dans le processus politique.

« – apporter une aide sociale et économique à toutes les régions du sud et de l’est de l’Ukraine, via des programmes bilatéraux et par la baisse des prix du gaz pour les consommateurs ukrainiens, tout en retirant tout crédit supplémentaire au gouvernement d’Ukraine.

« – appel à tous les citoyens russes pour qu’ils contactent leurs parents et amis en Ukraine, afin de les mobiliser pour rejoindre un processus politique ouvert contre ce Maidan qui nous conduit à une lutte fratricide future.

« – un appel du gouvernement de la Fédération de Russie, aux gouvernements d’Ukraine, des États-Unis et de Grande Bretagne, invoquant le Mémorandum de Budapest sur la souveraineté de l’Ukraine (5 décembre 1994 (Article 6)), toujours en vigueur, pour protester contre l’ingérence des États-Unis dans les affaires internes de l’Ukraine et demander à toutes les parties du Mémorandum de convoquer une conférence sur l’agression politique et les mesures de « coercition économique destinées à soumettre à leur propre intérêt [celui des États-Unis] l’exercice par l’Ukraine des droits inhérents à sa souveraineté ».

« – En cas de refus de l’une des parties de participer à cette conférence, le Mémorandum de Budapest devra être invalidé temporairement. La Russie entrera alors en pourparlers directs avec Washington, en citant la crise des Caraïbes (crise des missiles de Cuba) de 1962 comme précédent aux événements actuels en Ukraine, et lui proposera d’ouvrir des négociations pour une surveillance conjointe des processus politiques et électoraux en Ukraine, ainsi qu’une médiation conjointe pour la résolution de la crise politique en cours.

« – Proposer à la République populaire de Chine et à d’autres pays du BRICS de développer une assistance économique en faveur de l’Ukraine et un travail conjoint sur toute la zone post soviétique, afin d’empêcher toute tentative d’hégémonie unilatérale des États-Unis. »

En guise de conclusion, ils écrivent : « Seul ce type d’initiative par l’Etat Russe et d’autres forces saines dans la communauté russe ou internationale, avec les organismes exécutifs de nos deux pays, peut stabiliser la situation économique et sociale en Ukraine et empêcher une catastrophe politique et sociale dans ce pays. »

Pour en savoir plus sur les solutions à cette crise, regardez les derniers entretiens de Jacques Cheminade sur ces sujets :

Entretien à la Voix de la Russie

Entretien sur la crise ukrainienne posté sur son site

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