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Une idée qui fait son chemin : effacer la dette grecque

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Interrogé dans La Croix, l’économiste et jésuite Etienne Perrot, pour qui les premières mesures de Tsipras (rétablissement d’un smic à 750 euros, réembauche de 10 000 fonctionnaires, etc.) ne vont pas dans le bon sens (!), est tout de même obligé de reconnaitre que plusieurs livres de la Bible permettent de justifier l’annulation d’une dette. Le plus explicite est Deutéronome (15, 1-2), où il est écrit :

Tous les sept ans, tu feras relâche. (…) Tout créancier qui aura fait un prêt à son prochain se relâchera de son droit, il ne pressera pas son prochain et son frère pour le paiement de sa dette.

Pour Perrot, « C’est au nom de la fraternité que cette injonction biblique s’exprime. Or, dans une acceptation chrétienne, cette fraternité est universelle puisque tous les êtres humains sont enfants de Dieu ».

Cependant, dans le temple chancelant de la finance mondiale, c’est clairement d’autres dieux qui règnent. Les grands prêtres de la finance sont formels : « Une dette est une dette » a rappelé sèchement la directrice générale du FMI Christine Lagarde. De toute façon, le FMI ne peut juridiquement effacer les créances qu’il détient. La Banque centrale européenne (BCE) ? Elle s’interdit de réduire le montant de la dette ou d’en allonger les maturités, car cela équivaudrait au financement monétaire d’un État, interdit par les traités européens… (Principe allègrement violé par Draghi pour renflouer les banques en faisant marcher la planche à billets…)

« Il n’est pas question de supprimer la dette grecque. Les autres pays de la zone euro ne l’accepteront pas », a martelé lors d’un entretien au Figaro Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. « Dire que tout va changer parce qu’il y a un nouveau gouvernement à Athènes, c’est prendre ses désirs pour des réalités », a-t-il ajouté tout en lâchant une phrase extrêmement révélatrice : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens… »

D’autres, mieux avisés, se rendent bien compte qu’avec une dette publique de 320 milliards d’euros (c’est-à-dire 175 % du PIB), la Grèce, même en mourant, ne pourra jamais payer. Une partie des élites européennes, qui cherchent à résoudre le problème sans rien changer à leur système, craignent même que l’intransigeance allemande et le fanatisme monétaire conduiront fatalement la Grèce à sortir de l’UE et de l’euro, ce qui serait bien plus onéreux que de lâcher quelques miettes ! Espérant calmer le jeu et limiter tout effet de contagion, ils estiment qu’effacer une partie de la dette grecque s’impose. Non pas, comme l’espèrent les nouveaux dirigeants grecs, comme une étape pour renverser toute la dynamique du système, mais simplement pour colmater une brèche et surtout, pour éviter pire.

Le 28 janvier, le chroniqueur américain Harold Meyerson s’est étonné dans les pages du Washington Post que l’Allemagne puisse tellement s’entêter dans l’orthodoxie monétaire.

Car s’il y a eu « miracle économique allemand » dans l’après-guerre, écrit-il, c’est pour l’essentiel grâce à une réduction importante de la dette allemande concédée par plus de vingt pays, dont la Grèce, lors de la conférence de Londres du 27 février 1953. Alors qu’aucun socialiste allemand n’a salué la victoire de Tsipras, Meyerson rappelle ainsi l’étude de juin 2013 de la Fondation Friedrich Ebert où Jürgen Kaiser, en comparant le plan de restructuration de dette allemande de 1953 avec celui adopté pour la Grèce, l’Irak et le Burundi, démontre que l’approche de 1953 a été nettement plus intelligente et donc plus efficace. Cet accord de 1953, négocié par le banquier Josef Hermann Abs, avait réduit de plus de la moitié la dette allemande et en avait rééchelonné le versement à environ 500 millions de DM chaque année – soit alors seulement 4 % du montant des exportations allemandes.

Annuler une partie de la dette ? C’est donc possible, affirme l’économiste Xavier Timbeau, « à condition que les créanciers l’acceptent ». Du coup, le problème n’est plus purement économique, mais politique.

En 2012, la plus grande partie de la dette privée a déjà subit un « haircut » (une réduction) important. Et aujourd’hui, 70 à 80 % des 320 milliards d’euros des titres grecs sont entre les mains des États : 53 milliards pour les États européens (15 mds l’Allemagne, 11 mds la France, etc.) ; 142 milliards pour le FESF, qui est allé chercher cet argent sur les marchés avec la garantie des Etats (40 mds d’Allemagne, 31 mds de la France, etc.) ; 27 mds pour la BCE et 32 mds pour le FMI.

Pour l’analyste Philippe Waechter de Natixis, les gouvernements ne pourront accepter une telle annulation, même partielle, car « cela accroîtra mécaniquement l’endettement de chaque État, qui sera payé par le contribuable dans la durée ».

Faux, a estimé le 30 janvier sur BFM, Matthieu Pigasse, le vice-président de Lazard Frères Europe. C’est sa banque qui a conseillé la Grèce de 2010 à 2012 et qui est actuellement le conseiller du fonds de restructuration bancaire grec. L’impact d’une telle restructuration pour les citoyens Français serait « quasi-nul », affirme-t-il. « Cette dette a déjà été émise donc elle est déjà incorporée dans les ratios dette sur PIB des pays européens. Vous pouvez annuler une partie de la dette grecque, une partie des créances françaises, cela n’impactera en rien la dette française », selon lui. « Comme l’argent a déjà été sorti, cela n’aura aucun impact budgétaire réel (...) Le seul impact est un impact comptable », a-t-il poursuivi.

Pour Pigasse, « il faut réduire de moitié la dette détenue par les institutions publiques en Grèce, » soit environ 200 milliards d’euros. « Je pense que si on réduisait de 100 milliards ces 200 milliards, on permettrait à la Grèce de retrouver ce qu’on appelle un ratio dette sur PIB acceptable, aux alentours de 100 à 120 % du PIB, contre la situation actuelle de 170 % », détaille-t-il, estimant que « cette restructuration est absolument nécessaire. Elle est non seulement nécessaire mais elle est possible (...) la Grèce est devenue le laboratoire de ce que peut être l’Europe demain ».

Si cela échoue, affirme Xavier Timbeau, le risque existe de voir la Grèce, à court de financements, sombrer dans le chaos, hors de la zone euro. Une telle éventualité, prévient Timbeau, « n’est plus invraisemblable aujourd’hui ».

Tsipras tient donc en main ce qui est perçu par Londres, New York, Francfort et Bruxelles, comme une terrible « bombe de la dette ». Face à une finance aveugle, il pourra « négocier son pouvoir de nuire ».

Aidons-le à faire bien plus : une « conférence internationale sur la dette » pourra, en repartant sur des bases assainies, jeter les bases de ce « nouveau Bretton Woods » que réclame Lyndon LaRouche et Jacques Cheminade et que les pays des BRICS ont déjà commencé à construire.

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