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Vaincre la fatalité de la sécheresse en France

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Comme chaque année, la France a été surprise par la sécheresse qui met en péril notre agriculture et nos agriculteurs, et donc la possibilité de vivre dignement dans nos régions. Si nous voulons reprendre en main notre avenir, il va falloir cesser de s’en remettre aux caprices de dame nature et rebâtir sérieusement notre infrastructure.

La moitié de la France est touchée

Cet été, 52 départements français ont été contraints de prendre des mesures limitant l’usage de l’eau ; parmi les plus touchés, l’Aisne, l’Ille-et-Vilaine et la Charente-Maritime. Outre leur impact anecdotique sur l’arrosage des jardins, le remplissage des piscines et le lavage des voitures, ces arrêtés préfectoraux mettent en péril notre agriculture. Sommés de restreindre leur volume de pompage pour l’irrigation, des milliers d’agriculteurs voient leur production céréalière réduite de 30 à 50 %. Pour pouvoir nourrir leur bétail dès l’automne, ils devront donc acheter des céréales sur les marchés où les prix ne cessent d’augmenter. Mais puisqu’ils ont travaillé en pure perte et qu’ils sont pour la plupart déjà très endettés, où vont-ils trouver les ressources pour acheter ? Il ne leur restera plus qu’à brader leur bétail avant qu’il ne soit arrivé à maturité, puis à cesser leur activité. « Sans eau, je mets la clé sous la porte », prévient un agriculteur charentais.

Soumis, le gouvernement rationne

La Loi sur l’eau et les milieux aquatiques (LEMA) du 31 décembre 2006 entreprend de résoudre le problème en rationnant annuellement les prélèvements pour l’irrigation. Les Schémas directeurs d’aménagement et de gestion de l’eau (SDAGE) qu’elle crée imposent aux agriculteurs des baisses de volume allant jusqu’à 70 % dans certains bassins. A l’horizon 2017, il n’y aura donc plus à prendre de mesures de restrictions en été ! Cette politique assassine découle de la directive européenne du 23 octobre 2006, qui établit un cadre politique dans lequel l’eau n’est qu’une ressource renouvelable naturellement, et qu’il faut donc protéger contre les dégâts de l’activité humaine. Résultat, la loi LEMA ne prévoit aucun travail d’infrastructure qui permettrait d’accroître la quantité d’eau disponible.

L’eau ne tombe pas (que) du ciel !

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Barrage de Ste Croix sur le Verdon (1974). Son lac, la deuxième retenue artificielle de France, stocke 760 millions de mètres cubes d’eau, dont 140 sont réservés à l’agriculture.

Cette année, comme chaque année, la France métropolitaine a reçu près de 170 milliards de mètres cubes d’eau sous forme de neige et de pluie. Sur cette quantité astronomique, nous ne captons que 32 milliards de mètres cubes pour une part finalement consommée de moins de 6 milliards de mètres cubes, soit 3 % des précipitations annuelles. Par nature, la pluviométrie est inégale dans le temps et dans l’espace : certaines régions reçoivent beaucoup d’eau en très peu de temps, d’autres peu d’eau mais tout le temps. N’attendons pas que l’eau tombe du ciel au bon endroit et au bon moment, mais construisons aux bons endroits et tout de suite ! Les derniers grands projets pour l’eau en France datent des Trente Glorieuses : il s’agit du système des canaux de Provence et des réservoirs des Coteaux de Gascogne (voir encadré), édifiés grâce au mécanisme d’émission de crédit public établi à la Libération et démantelé sous Pompidou, Giscard et Mitterrand.

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Réservoir de l’Astarac en Gascogne.

Aujourd’hui, l’Etat s’est totalement désengagé du territoire et laisse les collectivités locales sans moyens de financement. Des centaines de projets dorment dans les cartons, et lorsque certains sont lancés, ils sont mis en échec par les rivalités et les oppositions locales. Mais l’approvisionnement en eau ne peut en aucun cas être réglé par une addition de petits projets. Les bassins hydrographiques sont plus vastes que le territoire d’une commune ou d’un département, et leur aménagement nécessite des travaux d’une ampleur régionale combinant une multitude de petits et moyens projets. Les investissements requis sont donc trop lourds pour être faits sans le soutien, indéfectible, d’un Etat indépendant des puissances d’argent et moins prompt à susciter la peur que l’espoir.

Le Canal de Provence

Créée en 1957 sous l’impulsion du commissariat au Plan, la Société du canal de Provence approvisionne en eau 111 communes, 3 millions d’habitants, 60 000 hectares de terres agricoles et 500 industries et zones artisanales. L’essentiel des travaux a été réalisé entre 1964 et 1986. L’ensemble du système est approvisionné par deux rivières, la Durance et le Verdon, sur lesquelles ont été bâtis une série de grands barrages-réservoirs, à commencer par celui de Serre-Ponçon, la deuxième plus grande retenue d’eau d’Europe, à 150 kilomètres au nord de Marseille. Le réseau du canal de Provence en lui-même est constitué de 3200 kilomètres de canaux, tunnels, canalisations et 33 stations de pompage. L’ensemble de l’investissement consenti pour son édification depuis les années 1960 est de seulement 2 milliards d’euros.

Réservoirs des Coteaux de Gascogne

Créée en 1959, elle aussi sous l’impulsion du Commissariat au Plan, la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne a redonné vie à cette région rurale des Hautes-Pyrénées, très sèche en été et ne bénéficiant pas de l’eau des montagnes voisines. Le vieux canal de la Neste descendant des Pyrénées a été doublé, ses retenues d’eau en haute montagne ont été accrues et des dizaines de réservoirs de toutes tailles bâtis dans les coteaux traversés par les dix-sept rivières qu’il dessert.

Eau : une solution simple pour réconcilier agriculteurs et écolos

Les milliers de réservoirs et canaux d’irrigation à bâtir sur l’ensemble du territoire devront être agrémentés de « ripisylves ». Ces zones de végétation ornant les rives des cours et plans d’eau agissent pour le bien-être de l’homme et de la nature. Composées d’arbres, de buissons et d’herbage sur une largeur d’une dizaine de mètres, ces formations permettent non-seulement de développer la faune et la flore, mais empêchent également l’érosion des sols agricoles, tout en épurant les eaux courantes de leurs polluants comme le phosphate et le nitrate apportés par les engrais et les insecticides. En captant ainsi les écoulements avant qu’ils ne se jettent dans les eaux, elles permettent d’accroître le cycle de l’eau sur terre. En effet, plutôt que de s’écouler dans les rivières puis dans la mer, l’eau captée par la végétation alimente leur croissance et accroît l’évapotranspiration. Non seulement cette source d’humidité contribue à tempérer le climat, mais elle revient ensuite directement sur terre sous forme de pluie, sans avoir à passer par la mer.

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