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Vous avez dit encerclement de la Russie ?

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L’encerclement de la Russie par l’OTAN, vu par un dessinateur de caricatures de l’agence russe RIA.RU
Crédit : RIA.RU

Quand nous parlons d’une crise des missiles de Cuba (1962) à l’envers, ce n’est pas de la rhétorique. Près de 60 000 soldats de l’OTAN et des pays alliés viennent de participer à quatre séries de manœuvres dans les pays baltes, en Roumanie et en Pologne. Les exercices dont le caractère est de loin le plus provocateur sont les Anaconda 16, qui viennent de se dérouler en Pologne. C’est une Pologne allumée par les Anglais et les Américains contre son vieil ennemi russe qui organise elle-même, et non l’OTAN, ces manœuvres. Mobilisant 31 000 hommes venant de 24 pays, ce sont les exercices les plus importants jamais organisés dans ce pays depuis la chute du Pacte de Varsovie en 1991.

A cela s’ajoutent les manœuvres Baltops 16 dans la mer Baltique et ses environs, les Saber Strike 16 qui ont lieu dans les trois États baltes et Swift Response 16, mobilisant l’Allemagne et la Pologne.

Le graphique publié par le département de la Défense américain sur la version 2015 de ces manœuvres parle de lui-même.

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Mais c’est en Méditerranée orientale et en mer Noire que Russes et Américains pourraient se retrouver nez à nez. Face à des chasseurs russes qui ont, à plusieurs reprises, fait comprendre à des navires américains, déployés un peu trop près de leurs frontières en mer Baltique et en mer Noire, que la Russie aimerait qu’ils aillent jouer ailleurs, les États-Unis ont décidé de passer en force. Le 6 juin arrivait en mer Noire l’USS Porter, l’un des quatre destroyers américains dotés du système anti-missile Aegis, basé à Rota, pour mouiller dans le port bulgare de Varna. Pratiquement en même temps, un autre destroyer, l’USS Dwight Eisenhower, entrait dans la Méditerranée en provenance de l’Atlantique, pour rejoindre l’USS Harry Truman qui y était arrivé le 3 juin, par surprise, via le canal de Suez ! L’officier le plus haut gradé de l’USS Truman confiait au Wall Street Journal (8 juin) que l’objectif était bien de faire « une démonstration des capacités ».

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Nouvelle Solidarité N° 10/2016 - S’abonner

A Washington, un responsable militaire qui a préféré garder l’anonymat, expliquait au même quotidien qu’il « fallait une présence en Méditerranée pour contrer les Russes. L’imprévisibilité de ce que nous avons fait avec le Truman, les fera réfléchir à deux fois ».

Cette démonstration de force de la part de l’OTAN est une entrée en matière pour le prochain Sommet de Varsovie, où elle entend obtenir des alliés européens leur accord pour un renforcement en hommes et en équipements de son déploiement avancé dans les pays Baltes, en Roumanie et en Pologne.

Quant à la Russie, tout en se gardant bien de sur-réagir au discours délirant des États-Unis, elle prend des contremesures, notamment avec le déploiement de nouveaux missiles intercontinentaux RS 28 Sarmat hypersoniques, prévu pour 2018-2020.

Avec leurs dix à quinze têtes nucléaires et systèmes électroniques avancés, leur objectif est de percer le bouclier anti-missile déployé par les États-Unis en Europe.

Au bord d’une troisième guerre mondiale ?

Face à cette escalade, les observateurs les plus avisés ont de moins en moins peur d’utiliser ces mots lourds. Le ministre des Affaires étrangères allemand, Frank Walter Steinmeier, déclarait à Bild Zeitung le 19 juin :

On ne doit pas aggraver la situation par le cliquetis des armes et une rhétorique guerrière. Celui qui pense que les parades militaires symboliques de chars à la frontière est de l’OTAN favorisent le climat de sécurité, se trompe. Les manœuvres militaires (Anaconda-16) qui simulent la réponse [de l’OTAN] à "une agression russe" sont contre-productives et dangereuses.

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Alors que les chars allemands pénètrent, pour la première fois depuis 1945, les territoires de l’Europe de l’Est, le ministre allemand des Affaires étrangères dénonce les manœuvres bellicistes de l’OTAN auxquelles son pays participe.
Crédit : Sputnik

Pour Der Spiegel (8 juin), ces manœuvres Anaconda 16 en Pologne « vont trop loin » : « Bruxelles veut rétablir le dialogue avec la Russie, mais en Pologne une vraie guerre est en train d’être jouée. » Le prochain sommet de l’OTAN « est empoisonné politiquement (...) Varsovie agit délibérément de façon provocatrice. Elle a invité la Géorgie et l’Ukraine à prendre part aux manœuvres Anaconda-16. Toutes deux voudraient faire partie de l’OTAN, alors que l’Alliance rejette cette idée depuis des années. Mais pour les Polonais, peu importe ! »

Cela fait des mois que David Cameron et Ashton Carter incitent la Pologne à agir « contre l’agression russe ».

Le 9 juin, Edward Lozansky, président de l’Université américaine de Moscou, et Gilbert Doctorow, du Comité américain Est-Ouest, faisaient paraître dans le Washington Times une page publicitaire dénonçant la diabolisation de la Russie par les médias, sur le modèle de la lutte contre l’Union soviétique, et appelant littéralement à une Perestroïka aux Etats-Unis !

Pour les deux chercheurs, « l’échec imminent de la [politique étrangère américaine] (...) et notre fuite en avant vers le précipice d’une troisième guerre mondiale, doivent être la première préoccupation de notre pays (...) Lorsqu’une guerre nucléaire menace, ce qui, hélas, est plus probable aujourd’hui qu’à n’importe quel moment depuis la crise des missiles de Cuba de 1962, toutes les autres questions » sont sans importance. Les auteurs demandent d’organiser une Perestroïka aux États-Unis et d’ouvrir le débat à tous les opposants aux politiques actuelles contre la Russie.

La proposition d’Evan Branden Montgomery, un haut responsable du Centre pour la stratégie et les évaluations budgétaires (ancien Office of Net Assessments d’Andrew Marshall), dans le Wall Street Journal du 8 juin, visant à implanter une OTAN en Asie, ne laisse planer aucun doute quant à la volonté des Etats-Unis de maintenir leur suprématie par la force. Il propose d’étendre l’arsenal nucléaire américain à la Corée du Sud et au Japon en créant un Groupe de planification nucléaire et en permettant à certains alliés de l’utiliser avec leur autorisation.

Dans ce contexte surchauffé et alors que presque tout dialogue entre la Russie et les Etats-Unis a cessé, un incident même mineur pourrait provoquer un enchaînement fatal vers la guerre.

Merci de signer et de diffuser la pétition :
À Varsovie, ils préparent la guerre. Sortons de l’OTAN !
http://sortirdelotan.fr/form/form_petition2.php

Russie, la France fait entendre sa différence

Au niveau des sanctions comme de l’escalade nucléaire de l’OTAN, la France fait de nouveau entendre sa petite musique. Après l’Assemblée nationale en avril, c’est le Sénat qui a adopté, le 8 juin, à une large majorité (302 voix contre 16), une résolution déposée par Yves Pozzo di Borgo (UDI-UC) et Simon Sutour (socialiste républicain), visant à une « levée progressive et sectorielle » des sanctions.

Le 11 juin, une douzaine de parlementaires européens de France, Italie, Allemagne, Slovénie et Malte, conduits par Rachida Dati, demandaient aussi la levée des sanctions dans une lettre ouverte. Adoptées à l’unanimité par le Conseil européen, pour une durée de six mois, les sanctions doivent être renouvelées le 31 juillet prochain.

A en croire le journaliste militaire Jean-Dominique Merchet, la France a boudé les manœuvres Anaconda 16 en Pologne (6-16 juin), auxquelles participaient vingt-quatre pays. Selon une source militaire française citée par Merchet dans L’Opinion, une telle participation française « n’est pas immédiatement utile »

Selon le journaliste : « Les militaires français seraient d’abord préoccupés par le flanc Sud, en Afrique et au Moyen-Orient », et « l’Est ne les intéresse guère ». Il impute cela :

à un tropisme historique, renforcé par les impératifs de la lutte contre le terrorisme, [auquel] s’ajoutent désormais les sentiments pro-russes d’une partie de la hiérarchie militaire. Comme chez les souverainistes de droite, le maître du Kremlin y est considéré avec une certaine sympathie, alors que les Polonais ou les Baltes passent volontiers pour des paranoïaques dans la surenchère.

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