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Yannis Varoufakis : Il aurait mieux valu que la Grèce fasse faillite

La rédaction
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Dans un entretien accordé à lexpansion.fr le 7 mars, Yanis Varoufakis, ancien conseiller de Georges Papandréou, revient sur les conséquences des plans « d’aide » de la Troïka (BCE, Commission européenne, FMI) imposés à son pays pour sauver l’euro.

La Grèce est un Etat exsangue, avec une minorité qui prospère grâce à la corruption, et une majorité qui dépérit. Les véritables décisions sont prises par les commissaires européens. Les seuls biens que nous exportons, ce sont nos jeunes, partis s’installer sous d’autres cieux (…)

Les premières années de la crise ont été marquées par de nombreux troubles sociaux ; il y en a beaucoup moins maintenant. Les gens rentrent chez eux et lèchent leurs plaies. Ils essaient de joindre les deux bouts, et de mettre de quoi manger sur la table. Pour résumer, les rues sont calmes, mais le mécontentement est fort, et la pauvreté, un cancer qui tue les gens psychologiquement.

De très nombreux ménages sont surendettés. Ce que j’ai pu observer au sein des familles, c’est une forme de dépression au sens clinique du terme, qui s’apparente beaucoup aux états bipolaires. Un jour, les gens sont catatoniques et, le lendemain, ils sont dans une forme d’optimisme bizarre, où ils éprouvent le sentiment totalement irréaliste que tout est possible. Puis la dépression revient. Pas besoin d’être grand clerc pour savoir de quoi tout cela est le terreau, on l’a déjà expérimenté dans les années 1930, et pas seulement en Allemagne...

Bien que le parti néonazi « l’Aube dorée » ne recueille qu’une minorité des suffrages, « cela ne veut pas dire que ses idées ne sont pas au pouvoir. En 2012, juste avant les élections législatives, le gouvernement socialiste a ordonné que les femmes SDF à Athènes soient soumises sans leur consentement à des tests VIH et que, si elles étaient séropositives, elles soient emprisonnées et que leurs photos soient affichées à l’extérieur des commissariats. A l’été 2012 encore, des députés du parti au pouvoir [sous le gouvernement conservateur d’Antonis Samaras] ont déposé au Parlement un amendement qui stipule que, pour entrer dans la police ou l’armée grecque, il ne faut pas seulement être citoyen du pays, mais pouvoir prouver que l’on est de sang grec. Si les partis traditionnels font cela, que feront les fascistes ? »

En 2009, en tant qu’ancien conseiller économique de Papandréou, « j’étais un des seuls à dire : il ne faut pas accepter le plan de sauvetage, il aura des conséquences catastrophiques ; mieux vaut laisser l’Etat faire défaut. Dès lors, j’ai commencé à être considéré en Grèce comme un ‘agent du mal’, celui qui voulait que le pays fasse faillite. Cela ne s’est pas arrangé l’année suivante, quand j’ai critiqué le second plan de sauvetage, qui alimentait la corruption financière, avec la bénédiction de la troïka. Ma famille a alors commencé à recevoir des menaces, et j’ai décidé de quitter le pays. Voilà pourquoi je vous parle aujourd’hui depuis l’Université du Texas, à Austin ».

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