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Certains Allemands envisagent de quitter la zone euro avant la Grèce

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Seuls les fous continuent à le nier : l’euro, c’est comme capri, c’est fini. Pourtant, comme à l’époque de l’effondrement du système soviétique, chacun continue à feindre d’y croire. Le bilan est « globalement » positif et l’euro est l’avenir de l’humanité.

Si l’Allemagne (supposément les « fourmis » de la Fable de La Fontaine), à la surface, se montre implacable face aux Grecs (« les cigales »), il existe une « face cachée » derrière l’intransigeance de Berlin.

Ce qui dérange plus qu’une dette non-payée, c’est le fait que la Grèce prouve que l’austérité ne marche pas. Or, si l’on intègre cette nouvelle donne, c’est toute la politique européenne qui est remise en cause. Comme s’il s’agissait d’un virus mortel de type Ebola, Bruxelles parle de « danger de contagion », car d’autres peuples européens risqueront de refuser de boire les potions mortifères qu’on leur a prescrites.

Or, un des grands pays où « le modèle allemand » est désormais rejeté, s’appelle… l’Allemagne. La confédération syndicale DGB y soutient ouvertement le nouveau gouvernement grec et ses objectifs anti-austérité. La centrale syndicale propose même un « plan Marshall » pour la Grèce, en prenant le contre-pied des mesures que Berlin exige pour Athènes.

Pire encore, le consensus sur la modération salariale y est battu en brèche par le syndicat IG Metall qui a obtenu, mardi 24 février, après plusieurs semaines de grèves d’avertissement, des hausses de 3,5 % de salaires dans la métallurgie et le secteur de l’électronique.

A cela s’ajoute le fait que la catastrophe sociale provoquée par les mesures Schroeder est désormais reconnue. Le rapport du 19 février de l’organisation sociale Paritärischer Wohlfahrtsverband constate une pauvreté record dans le pays : 12,5 millions de personnes, soit 15,5 % de la population.

Pour s’en sortir, l’économiste-en-chef du ministère des Finances allemand, Kai A. Konrad, directeur d’un département de l’Institut Max Planck (l’équivalent du CNRS français), s’était déjà prononcé le 17 août 2013 dans le quotidien Die Welt pour une « sortie de l’Allemagne de l’Union monétaire ». L’homme s’est fait sèchement rappeler à l’ordre par Wolfgang Schaüble, mais n’a pas dû pour autant quitter sa fonction. Bruno Odent, dans l’Humanité, y voit le signe que Berlin « garde une drôle de corde à son arc stratégique ». Si elle n’obtient pas les garanties qu’elle exige, c’est-à-dire la politique d’austérité suicidaire qu’elle a érigée en religion, elle se réserve le droit de quitter la zone euro…

Cependant, pire que la fin de l’euro, sera la fin de la crédibilité de ceux qui l’ont mis en place. Il est donc urgent de trouver un coupable. Le grand jeu s’appelle désormais « à qui la faute ? ». Si l’on pouvait convaincre ces foutus Grecs de se casser, la chose serait tellement plus simple. L’échec de l’euro ne serait plus notre faute, mais la leur !

A moins qu’on trouve le courage, entre Allemands et Français, de sauver l’Europe en démantelant ce monstre. C’est l’avis du professeur Wolfgang Streeck de l’Université de Cologne, dans une tribune intitulé « L’Europe doit abandonner la monnaie unique » publiée dans Le Monde du 3 mars 2015.

Streeck annonce d’emblée que Merkel a tort lorsqu’elle disait « Si l’euro échoue, l’Europe échoue ». Aujourd’hui, la réalité est que c’est l’inverse qui est véridique : « L’euro est en train de détruire l’Europe. Si l’euro échoue, il se pourrait quand même que l’Europe finisse par ne pas échouer ». Bien que Streeck finisse par suggérer la création de deux zones euro (une du nord, l’autre du sud), ce qu’il met sur la table indique que depuis les élections européennes, le débat qui fait rage au sein des élites européennes prend une tournure entièrement nouvelle.

La politique mise en place pour faire perdurer l’Union économique et monétaire (UEM), comme on le constate dans le cas grec, n’a pas unifié l’Europe. Tout au contraire, elle a créé des divisions profondes entre l’Europe du nord et l’Europe du sud et ruiné les succès initiaux des politiques européennes allemandes.

Ainsi, écrit le professeur Streeck :

Si nous ne faisons pas attention, elle peut aussi à présent avoir des conséquences catastrophiques sur le plan géostratégique. La Russie est prête à accorder à la Grèce les crédits qui lui seraient refusés par l’UE.

La même idée pourrait s’appliquer en cas de faillite de l’Etat grec ou si ce pays était exclu de l’union monétaire européenne. Si l’on en arrivait là, on se retrouverait face à une asymétrie aussi spécifique qu’unique : de la même manière que l’UE, encouragée par les Etats-Unis, tente de mettre un pied en Ukraine, la Russie pourrait travailler à établir en Grèce une tête de pont vers l’Europe de l’Ouest.

Chacune des deux parties se verrait alors contrainte de remplir un puits sans fond dans la zone d’influence de l’autre (les Grecs auraient ici motif de s’étonner que Bruxelles, Berlin et compagnie aient encore de l’argent pour une Ukraine largement oligarchique, mais pas pour une Grèce dirigée par un gouvernement de gauche). De la même manière que l’Ouest a voulu étendre son emprise en direction de Sébastopol, avec son port militaire russe vers les mers chaudes, la Russie pourrait vouloir pousser la sienne vers l’Egée, espace de manœuvre de la 6e Flotte des Etats-Unis. Ce serait un retour aux conflits géostratégiques de l’après-guerre, qui virent, en 1946, l’intervention des troupes britanniques dans la guerre civile grecque.

L’instant de vérité est arrivé pour une politique d’intégration européenne qui a échappé à tout contrôle, dont le moteur est le capital financier. Pour que l’Europe ne se transforme pas en un marécage d’incriminations réciproques entre nations, avec des frontières ouvertes et courant à tout moment le risque d’être submergée de l’extérieur, il faut démanteler ce monstre qu’est l’Union monétaire.

Le démantèlement doit se dérouler sur la base du contrat social, avant que l’atmosphère ne soit trop empoisonnée pour cela. Comment s’y prendre : voilà ce dont on doit débattre.

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