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Un Fonds monétaire européen (FME) ne sauvera pas l’euro

27 février 2009 - 18:33

27 février 2009 (Nouvelle Solidarité) – Stéphane Cossé, ancien haut fonctionnaire au FMI et Guillaume Klossa, conseiller du secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes pendant la présidence française de l’UE, défendent dans les colonnes des Echos l’impérative nécessité de créer un « Fonds monétaire européen ».

Partant du danger imminent d’une faillite d’Etat en Europe de l’est ou centrale, les auteurs posent la question : « un Etat peut-il réellement faire faillite dans la zone euro ? ». Si un pays en dehors de la zone euro peut faire marcher sa planche à billets ou appeler le FMI au secours, la situation est différente pour les pays membres de l’Eurozone.

D’après les auteurs, trois options se présentent pour ces derniers :

  1. Quitter la zone et « recréer une banque centrale ainsi que sa propre monnaie et faire marcher la planche à billets : une solution coûteuse à la fois pour la population et pour le pays. Il lui faudra en effet de nombreuses années avant de redonner crédit à sa signature et avoir accès à nouveau aux marchés de capitaux à un taux d’emprunt raisonnable. »
  2. « Mettre en place un plan de rigueur convaincant pour les marchés financiers au risque de créer de fortes tensions sociales dans le pays concerné. Mais un tel plan est susceptible de créer un précédent inquiétant pour les autres pays de l’euro. »
  3. « Faire appel au FMI. Mais le FMI peut-il vraiment prêter directement à un Etat de la zone euro ? Les Etats de l’Eurogroupe sont ensemble les premiers actionnaires du FMI et leur monnaie est la seconde monnaie de réserve au monde ! C’est un peu comme si le FMI prêtait à l’Etat de Californie. »

Constat : « La zone euro s’est en fait constitué sans créer un outil essentiel à son fonctionnement, un mécanisme de solidarité financière conjoncturel, un Fonds monétaire européen. Les concepteurs de la zone ont pensé, à tort, que les seules règles de discipline financière des Etats, assorties de sanctions, suffiraient à en assurer la solidité. Ils ont été trop confiants et pas suffisamment ambitieux. »

Pour sauver le système, les auteurs préconisent de passer au plus vite à la vitesse supérieure en matière d’ambition politique et de gouvernance économique. A défaut d’un FME, « on pourrait envisager de créer une facilité exceptionnelle pour la Banque centrale européenne (BCE), d’autoriser un emprunt spécial de la Banque européenne d’investissement, d’allouer une enveloppe spécifique à la Commission européenne dans le cadre d’un fonds de stabilisation conjoncturel. »

Cependant, concluent-ils, « Quel que soit le mécanisme, il faudra bien entendu assortir le soutien financier de conditions analogues à celles des programmes du FMI ».

Alors, c’est ça l’Europe ?

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