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Le gouvernement américain au sujet de l’emprisonnement de LaRouche :
« C’est pas un type bien, mais on ne peut pas vous dire pourquoi... »
14 avril 2000
Introduction
Depuis près de trente ans, certains éléments du département de la Justice mènent une chasse aux sorcières politique contre mes collaborateurs et moi-même, notamment à travers certaines opérations lancées, dès le début des années 70, de pair avec le département d’Etat (1) dont Henry Kissinger était secrétaire. Au cours de ces dix dernières années, divers responsables gouvernementaux américains ont eu l’occasion de présenter aux organismes concernés des éléments démontrant qu’à l’époque, les poursuites juridiques et le harcèlement à l’encontre de mon mouvement et de moi-même étaient de toute évidence frauduleux et motivés par des raisons politiques. Tout au long de la procédure, la réponse systématique du département de la Justice fut, en gros : « Il faut que vous compreniez pourquoi nous devons agir de cette façon. Nous ne pouvons pas produire nos dossiers secrets devant le tribunal ; nous devons piéger le prévenu par d’autres moyens. Croyez-nous : nous ne pouvons pas vous dire pourquoi, mais c’est vraiment un sale type. » Qu’est-ce qui prouve que je sois un « sale type » ? La réponse est, invariablement : « Nous ne pouvons pas vous le dire. Les preuves sont secrètes. ». Le DOJ refuse de dévoiler les preuves supposées, sous prétexte qu’il s’agit d’une affaire de sécurité nationale ou, tout simplement, pour protéger les auteurs de rapports incontestablement falsifiés. En bref, ces attaques contre moi et mes collaborateurs, qui durent depuis près de trente ans, relèvent des méthodes tristement célèbres de la Star Chamber *, fort en vogue dans le droit anglais du XVIIème siècle. C’est une méthode de gouvernement qui s’appuie sur le mensonge officiel. Aujourd’hui, en vertu des sophismes tendancieux du gouvernement américain et des cours de justice qui ne veulent pas appeler les choses par leur nom, on ne parle pas de mensonge, mais de « questions politiques ». [*Star Chamber - tribunal royal d’Angleterre aboli en 1641, connu pour ses sessions secrètes sans jury, ses jugements sévères et arbitraires et l’utilisation de la torture. ndt] C’est ainsi qu’on a assisté, dans le cas qui nous concerne, à une série de séances ex parte, in camera et autres, au cours desquelles ce type d’arguments reposant sur de prétendues preuves a été utilisé pour amener les juges à déroger exceptionnellement à la loi, sous le couvert de « questions politiques ». (2) Les poursuites et diffamations basées sur la prétendue autorité d’éléments de preuve « secrets », utilisent ce terme de manière intrinsèquement frauduleuse ; néanmoins des responsables corrompus du DOJ et leurs complices continuent d’appliquer cette méthode pour couvrir l’escroquerie monumentale menée depuis des décennies dans le but de « casser LaRouche », sous le patronage conjoint du département de la Justice et des médias. Toutefois, durant ces trente années de harcèlement du DOJ contre mon organisation et moi-même, certaines indications portant sur la nature de ces prétendus dossiers secrets ont filtré au cours de différentes procédures. Ce qui est désormais établi publiquement est plus que suffisant pour montrer que ces membres du gouvernement et leurs complices ont été impliqués dans l’opération de corruption politique la plus vaste, la plus longue et la plus choquante que l’on connaisse, menée entre autres par le DOJ(3). La question le plus souvent posée par ceux qui ont étudié les caractéristiques déterminantes de cette opération est : « A votre avis, quelle motivation plausible peut-on trouver à l’opération que vous décrivez ? » Cette question m’a été posée maintes fois, ainsi qu’à d’autres : « Comment expliquez-vous un tel acharnement ? » La meilleure réponse à cette dernière question est : « Rappelez-vous la "Lettre volée" d’Edgar Allan Poe . » Comme je vais le montrer ici, la réponse se trouve, pour ainsi dire, juste sous votre nez ; les pièces sont déjà visibles, elles sont simples, claires et concluantes. Passons d’abord en revue les grandes lignes de l’affaire elle-même, avant de nous intéresser à la nature des mobiles de ses instigateurs, personnalités haut placées dans nos institutions. Une fraude judiciaire organisée par le ministère public
Ceux qui ont lu le récit bien documenté de l’affaire LaRouche, publié en 1989 dans le livre Railroad ! [Procès expéditif], se rappelleront un nombre significatif de faits probants (4). En effet, plus de dix ans après, Railroad ! reste une mine de documentation pertinente, une lecture indispensable pour quiconque veut sérieusement examiner les trente années de « l’affaire LaRouche ». Ce texte-ci, plus concis que le précédent, comporte aussi deux différences notables quant à son contenu. Premièrement, au cours de ces dix dernières années, nous avons obtenu des informations supplémentaires déterminantes qui nous permettent d’écarter certains des sujets marginaux - considérés auparavant comme des aspects non résolus, obscurs ou contestables de l’attitude du ministère public - de ce qui était autrement un exposé clair de faits probants (5). La deuxième différence, et c’est la principale raison d’être de ce nouveau rapport, vient de la nécessité de reformuler la question de manière à ce que le lecteur comprenne pourquoi cette opération frauduleuse contre moi et mes collaborateurs se poursuit encore aujourd’hui, après plus de trente ans. Au fond, comme je vais le montrer ici, il n’y a qu’un seul motif sous-jacent. Etant depuis le début l’un des observateurs les plus attentifs de cette affaire, je comprends combien il est difficile de saisir la véritable cause de la duplicité du DOJ et de ses complices et d’en suivre les méandres, si l’on ne replace pas l’aspect juridique de cette affaire là où se trouve en fin de compte la vérité, c’est-à-dire dans le cadre de la vie réelle, dans une perspective historique et politique adéquate. Voilà l’objectif spécifique du présent dossier. Un exemple de cette difficulté : on ne comprend pas pourquoi le fils de John Keeney, du DOJ, est, depuis l’été 1996, partie prenante dans l’effort acharné pour faire annuler, avec l’aide du Comité national démocrate (DNC) [la direction du Parti démocrate], la loi de 1965 sur le droit de vote. Faute de la neutraliser, cette manoeuvre risque d’entraîner la destruction virtuelle du Parti démocrate (les signes en sont déjà visibles) lors de l’élection générale à venir et par la suite. En fait, comme l’avocat du DNC, John Keeney Jr, le faisait valoir dans sa plaidoirie devant le juge Sentelle, en août 1999, l’abrogation par la Cour fédérale de cette loi sur le droit de vote était déjà bien avancée (6). Ceci dit, dans ce cas précis, le rôle de Keeney et de l’ancien président du DNC, Don Fowler, consista à faire accélérer cette annulation au cours des audiences d’août 1999. Quand on regarde les choses de cette manière, on voit clairement apparaître l’aspect politique des forces qui, au sein du DOJ et de la Cour fédérale, sont à l’origine des attaques contre mes collaborateurs et moi. C’est ce genre de relations qu’il faut examiner pour comprendre les facteurs cruciaux ayant façonné la politique et les gouvernements des Etats-Unis durant ces trente dernières années, surtout ce dernier quart de siècle, depuis les élections générales de 1976. On doit situer l’« affaire LaRouche » elle-même dans le cadre des profonds changements opérés dans l’orientation de la politique américaine depuis l’assassinat du président John Kennedy et, plus encore, depuis la période 1968-1972. En parfaite cohérence avec cette observation, le coup d’envoi de l’opération secrète menée contre nous par le gouvernement est donné le 12 janvier 1983, à la demande de l’ancien secrétaire d’Etat Henry Kissinger et de ses comparses. Il ne fait aucun doute que certaines instances secrètes du gouvernement y ont participé et y participent encore ; cependant, toute tentative d’en apporter la preuve devant un tribunal se heurte aux arguments, généralement admis, du gouvernement lui-même, selon lesquels les éléments de preuve ne peuvent être produits parce qu’ils sont officiellement secrets. C’est en vertu de cette même opération que certains d’entre nous ont été condamnés et emprisonnés en janvier 1989, et cela dure encore aujourd’hui, sous la protection de la bureaucratie permanente de la Division criminelle du DOJ (7). Cette opération a été mise en place dans le cadre des dispositions de l’Ordre exécutif 12333, relatives aux opérations clandestines de renseignement à l’étranger menées par l’Etat, de concert avec des agences privées non-gouvernementales (8). Pour appréhender de manière compétente cet aspect de l’opération anti-LaRouche allant de 1983 à ce jour, il faut tenir compte du cadre politique des quatre phases antérieures de la même opération, démarrée en 1973 au plus tard. Les quatre phases antérieures
Il existe un document officiel daté du 23 novembre 1973, disponible dans les dossiers du bureau new-yorkais du FBI ainsi qu’à son siège à Washington, confirmant que le FBI manipulait ses pions à l’intérieur du Parti communiste américain dans le but de m’« éliminer ». Ce document, qui nous a été remis pour la première fois au complet en janvier 1992, confirme l’existence d’une opération en cours que nous avions dévoilée par écrit en mars 1973, ainsi que d’une autre visant à mon « élimination » personnelle, que nous avions dénoncée publiquement en janvier 1974. Bien que l’élément de preuve en question soit daté de novembre 1973, les références se rapportant à mon « élimination » future donnent une bonne indication des opérations menées entre autres par le FBI au niveau international, au cours des premiers mois de cette même année (9) et pendant bien des années encore (10).
Aussitôt après cette tentative avortée de novembre-décembre 1973, le FBI lançait la deuxième phase des opérations COINTELPRO contre mon organisation et moi-même. En dépit de la dénonciation de son rôle manipulateur dans le Parti communiste, le FBI a intensifié et élargi son opération générale, ce jusqu’en septembre 1977 (13). La troisième phase a commencé en mai 1978. Comme nous allions l’apprendre, derrière le département de la Justice, on trouvait, outre la complicité des médias, des organisations de renseignement privées, très puissantes, qui devinrent partie intégrante de vicieuses opérations conduites par des organismes officiels. Parmi elles, on compte l’American Family Foundation (AFF) (14) et l’Anti-Defamation League (15), qui ont de bonnes relations à Washington ainsi qu’en Europe. On peut citer également les cercles de John J. McCloy ou d’autres réseaux, dotés de pouvoirs similaires à ceux d’un gouvernement, qui ont leur siège dans de puissantes firmes de Wall Street et les cabinets d’avocats auxquels elles sont associées, comme il ressort de la biographique de McCloy (16). Au milieu des années 70, le Congrès ayant examiné certains exemples choquants d’opérations menées par le DOJ au nom de la « sécurité intérieure » (17), on préféra par la suite confier ces opérations à des organisations nominalement privées (18). Ainsi, sous le règne officiel de Zbigniew Brzezinski au sein de l’administration Carter, de 1978 à 1980, deux organisations internationales privées ont joué un rôle décisif dans la continuation d’anciennes opérations du DOJ. Il s’agit d’une branche privée du renseignement britannique, la Société du Mont-Pélerin (proche de Friedrich von Hayek et du Pr Milton Friedman) et la Commission trilatérale dirigée par Zbigniew Brzezinski (19), elle-même une création du Conseil des relations extérieures (CFR) de New York. La Société du Mont-Pélerin s’est déployée par l’intermédiaire de la Heritage Foundation basée à Washington. Dans le cas qui nous intéresse, elle travaillait de concert avec l’Anti-Defamation League (ADL). En mai 1978, toutes deux ont publié des rapports mensongers et diffamatoires, qui ont connu une large diffusion (20). Cette campagne de diffamation a dressé l’échafaudage politique d’une nouvelle vague d’opérations vicieuses du DOJ lancée, une fois de plus, à l’instigation de Henry Kissinger, dès le deuxième semestre 1982 (21). Cette nouvelle vague avait été préparée dès le deuxième semestre de 1979 par le même New York Times qui avait couvert, en 1974, l’opération avortée du FBI pour m’éliminer (22). Cette intervention du New York Times représente la quatrième phase précédant le lancement, en janvier 1983, d’opérations relevant des Ordres exécutifs 12331, 12333 et 12334 (23). Elle s’est traduite par une escalade de la campagne diffamatoire à mon égard lancée en mai 1978 à l’échelle internationale sous le parrainage commun de la Société du Mont-Pélerin, de la Heritage Foundation et de l’Anti-Defamation League. L’étape de 1979 constitue un maillon crucial pour comprendre l’ensemble de l’opération anti-LaRouche s’étalant de 1973 à 2000. Elle doit donc être considérée comme la quatrième et dernière phase ayant précédé la phase actuelle (1983-2000). On peut la résumer ainsi : Sur la base d’informations émanant de multiples sources, plusieurs de mes collaborateurs, sous ma direction, ont remonté la piste à la recherche d’éléments prouvant clairement que le New York Times avait organisé une campagne de diffamation publique destinée, de l’aveu même de collaborateurs de ce quotidien, à créer les conditions propices à me faire emprisonner, suite à des accusations persistantes et largement diffusées. Le Times savait pertinemment que ces accusations étaient sans fondement. Au cours de cette enquête, nous avons effectivement pu documenter l’existence de ce genre d’opération préméditée, notamment lors d’une interview avec deux journalistes du Times, Paul Montgomery et Howard Blum, enregistrée à leur insu (24). Cet enregistrement fut aussitôt présenté lors de conférences de presse à New York et à Washington (25). Suite à ces révélations, le Times dut recourir à une manoeuvre. L’avocat le plus tristement célèbre de New York, Roy Marcus Cohn, ancien ami de J. Edgar Hoover et avocat du sénateur Joseph McCarthy, fut mis à contribution pour faire paraître une première version de la diffamation que le Times entendait publier et qu’il reprendra effectivement sous forme d’articles, les 7 et 8 octobre 1979 (26). Cohn fit appel pour cela à l’un de ses clients, Ed Kayatt, un repris de justice éditeur d’un journal gratuit, Our Town, distribué dans le East Side de New York, où il fit paraître une série de calomnies délirantes sous la plume d’un certain Dennis King, un gratte-papier local. Le New York Times pourrait ensuite invoquer la « publication antérieure » des articles de King pour justifier la parution des calomnies préparées par Montgomery et Blum. L’ADL a massivement participé à cette opération. En 1983-84, on retrouvera ce même King, de même que Pat Lynch, de la chaîne NBC, participant à des opérations menées dans le cadre de l’Ordre exécutif 12333. Dans un livre paru en 1989, lui et son éditeur, un ami de Kissinger, reconnaissent que ces activités étaient financées par des « organisations quasi non gouvernementales » (quangos) et autres façades privées, comme le Projet démocratie de Walter Raymond, pour le compte de la communauté du renseignement officielle (27). Cette série d’actions successives prépara le terrain au lancement, en 1982-83, de l’opération E.O.12333 toujours en cours. Kissinger et l’ordre exécutif 12333
L’opération menée contre moi-même et mes collaborateurs à partir de 1983 dans le cadre de l’ordre 12333 avait été lancée à l’initiative de l’ancien secrétaire d’Etat Henry Kissinger et de son cabinet d’avocats à Washington, Arnold & Porter.
Le même jour, William Webster confia à Oliver Revell (surnom « Buck ») la tâche d’exécuter la directive du PFIAB. Un mois auparavant, le 13 décembre 1982, le chef de la bureaucratie permanente de la Division criminelle du DOJ, John Keeney, avait remis l’affaire à l’ancien bureau de la Sécurité interne, rebaptisé depuis peu Section générale de litiges et de conseils légaux (GLLAS) (29), qui gardera cette mission jusqu’aux inculpations et au procès d’Alexandria en 1988. (30)
La première concernait la controverse politique qui nous opposait tous deux à propos de la nécessité de réformer d’urgence le système monétaire international instauré en 1971. Cette controverse personnelle, datant de la période 1974-76, avait été marquée par diverses mesures prises par Kissinger en tant que secrétaire d’Etat et directeur du Conseil national de Sécurité. (31) Son état d’esprit à cette époque est reflété dans un document prônant le génocide, le National Security Study Memorandum 200 (32), qu’il fit rédiger en 1974 en sa qualité de directeur du Conseil national de sécurité et qui fut par la suite déclassifié. Deuxièmement, j’avais lancé publiquement, en février 1982, une campagne d’opposition à la politique de contrôle des armements menée par Kissinger (33). Mon initiative reflétait les discussions officieuses que je conduisais à l’époque avec des représentants du gouvernement soviétique et qui allaient déboucher le 23 mars 1983 sur la proposition d’Initiative de défense stratégique (IDS) faite par le président Ronald Reagan au gouvernement soviétique. (34) Les cercles de Kissinger étaient alors parfaitement au courant de ces discussions. La troisième raison avait pour origine la publication par nos soins d’un compte-rendu du discours public prononcé par Kissinger le 10 mai 1982 au Chatham House de Londres, dans lequel il se vantait d’avoir, à l’insu de son Président, servi les intérêts britanniques, alors qu’il était secrétaire d’Etat et directeur du CNS. Dans ce discours, Kissinger se décrivait comme un disciple de Winston Churchill et un ennemi de la « tradition intellectuelle américaine » représentée par Franklin Roosevelt, lui-même adversaire politique de Churchill mais son allié en temps de guerre. Notre compte-rendu se basait sur une transcription fournie par des collaborateurs de Kissinger membres du PFIAB, l’organisme qui allait mener plus tard des opérations contre nous. (35) Le quatrième point concernait nos enquêtes sur une potentielle implication personnelle de Kissinger, aux côtés de l’Israélien Ariel Sharon et d’autres, dans une opération de vente de terrains en Cisjordanie. Ce fut l’une des escroqueries immobilières parmi les plus sales et les plus rentables de l’époque. (36) Cinquièmement, peu avant l’envoi par Kissinger de sa lettre à Webster (« Dear Bill »), j’avais publié un rapport spécial intitulé Opération Juarez (37), une proposition à l’adresse du gouvernement américain sur la façon de faire face à la crise de la dette mexicaine qui, selon mon estimation, devait éclater vers septembre 1982. Elle éclata effectivement quelques jours après publication de ce rapport. Dans les semaines suivantes, Kissinger, avec la bénédiction du gouvernement, s’efforça d’empêcher le gouvernement mexicain de Lopez Portillo de mettre en oeuvre les propositions d’Opération Juarez. (38) Sur chacun de ces points, les différences philosophiques fondamentales qui m’opposaient alors à Kissinger restent les mêmes. Dans les cinq cas, les enquêtes que nous menions n’étaient pas plus agressives, et certainement moins importunes sur le plan personnel, que celles auxquelles les grandes agences de presse nous ont habitués. Devant l’insistance de Kissinger, qui exigeait lâchement du DOJ et du PFIAB qu’ils neutralisent, par tous les moyens disponibles, la capacité de mes collaborateurs de poursuivre leurs activités journalistiques, ses complices politiques au DOJ et au PFIAB s’inclinèrent. Le coup d’envoi ayant été donné par le PFIAB, William Webster lança le FBI dans une opération anti-LaRouche, tandis que John Keeney chargeait le GLLAS d’entamer une action contre moi et mes collaborateurs, dans le cadre de l’ordre exécutif 12333, pour de prétendues raisons de « sécurité nationale » et de renseignement extérieur. Les cercles du vice-président Bush, notamment le colonel Oliver North et des conseillers à la sécurité nationale comme Roy Godson, jouent, depuis janvier 1983, un rôle clé dans les actions contre nous. Au sein du DOJ, le personnage central de cette opération est, depuis 1983 jusqu’à ce jour, le vice-ministre adjoint de la Justice, John Keeney, probablement l’homme le plus corrompu du DOJ. Voilà où se situe le degré de moralité du New York Times, du Washington Post et des autres médias qui ont coopéré à cette opération politique durant toute cette période. Le résultat de cette opération, menée comme une opération de services secrets, peut être résumé en considérant les aspects cruciaux de trois procès et d’une action sans précédent entreprise en octobre 1986. Voici, en gros, ces éléments et leurs ramifications.
Les questions cruciales du procès
Il a été établi que notre mise en faillite illégale par la Cour fédérale a été entreprise en vue de justifier des inculpations, autrement intenables, pour fraude sur emprunt. L’opinion partagée par les membres de l’équipe multi-juridictionnelle de l’accusation était qu’il serait impossible de porter contre LaRouche de telles accusations, à moins de mettre non seulement en faillite les sociétés concernées mais aussi d’en ordonner la fermeture pour les forcer à interrompre tout remboursement de prêt. Ces éléments montrent que la procédure de mise en faillite fut lancée pour tromper intentionnellement, et pas seulement objectivement, le tribunal des faillites. En outre, le recrutement systématique de témoins à charge pour le procès d’Alexandria ne commença qu’après la procédure de mise en faillite. (43) Ces sociétés utilisaient les services postaux nationaux pour adresser aux prêteurs des lettres de confirmation sur le statut de leur prêt, à la fois pour la bonne tenue des livres comptables et afin d’éviter tout malentendu. Par conséquent, dans la logique irrationnelle du procureur, il s’agissait de « fraude postale ». (44) L’inculpation d’Alexandria fut signifiée le 14 octobre 1988, deux jours après un discours historique, et même prophétique, que j’avais prononcé à Berlin. (45) Le procès s’ouvrit le 21 novembre et la condamnation fut prononcée le 16 décembre. Hormis la sophistication de cette fiction légale, la seule raison pour laquelle un procès aussi expéditif portant sur des questions aussi complexes a pu être arrangé, c’est qu’aucun prévenu n’a été autorisé à témoigner pour sa propre défense, en dépit du fait que j’avais informé à maintes reprises toutes les parties concernées de mon intention de le faire. L’un des co-défendeurs, lui aussi personnellement déterminé à témoigner, n’en a pas eu la possibilité parce que son avocat ne l’y avait pas préparé de manière adéquate. Comme j’étais la personne la plus fréquemment mentionnée par les procureurs, étant le principal accusé bien que totalement innocent, le fait que l’on ne m’ait pas permis de répondre aux accusations présentées dans l’inculpation et au cours de la procédure signifie que ce procès dans son ensemble a forcément été une mascarade. On peut estimer que mes dépositions à elles seules, lors de l’interrogatoire et du contre-interrogatoire, auraient nécessité deux à trois semaines de plus. Plusieurs problèmes se sont posés. Premièrement, après la mise en accusation, certains prévenus n’ont pas eu suffisamment de temps pour trouver un avocat avant la fixation de la date du procès. Deuxièmement, encore plus significatif, ces avocats, dont certains furent engagés à la hâte, n’étaient pas tous d’accord pour me laisser déposer pour ma propre défense, de peur que cela ne porte, à leur avis, tort à d’autres accusés. Comme la plupart de ces avocats refusèrent de se préparer en vue de mon témoignage, je me trouvai de fait privé de ce droit. Des motions de disjonction furent déposées, mais sommairement rejetées. Autrement, l’issue du procès aurait été différente. Il s’avéra plus tard que le refus de me laisser témoigner fut en grande partie l’oeuvre d’une taupe dans l’équipe de la défense qui allait montrer ses vraies couleurs de manière flagrante pendant le procès et plus tard. Pour comprendre l’importance que ma déposition aurait eue, certains témoins à charge ont fait sous serment des déclarations tout à fait fausses d’une importance cruciale, portant sur plusieurs questions dont j’avais personnellement connaissance et qui pouvaient être corroborées. Il aurait été crucial que le jury m’entendre réfuter ces témoins au cours du procès. Il est vrai qu’en pratique, certaines de ces questions, y compris les plus importantes, avaient été volontairement et injustement écartées par les décisions in limine du juge. Néanmoins, pour ce qui est de nombreux points soulevés par l’accusation, si l’on avait pu présenter les faits, cela aurait permis de constater à quel point les dépositions de certains témoins à charge étaient mensongères et l’argumentation des procureurs frauduleuse. Faute pour moi de pouvoir les dévoiler au cours de l’interrogatoire et du contre-interrogatoire, ces questions cruciales n’allaient pas être prises en considération par le jury, même si bon nombre d’entre elles ont été abordées ou mentionnées par les avocats de la défense dans leurs conclusions. On comprend mieux la portée de ce point, si on considère le nombre de faux témoignages faits sous serment par des témoins qui, de toute évidence, étaient corrompus, et si on tient compte, à partir de la transcription du procès, du flot de fausses déclarations énoncées, en toute connaissance de cause, par les avocats de l’accusation. Le fait le plus important, celui que les avocats engagés à la hâte n’étaient pas qualifiés pour comprendre, est que toute poursuite à motivation politique est avant tout, par définition, un procès politique, quels que soient les prétextes vrais ou faux ayant formellement été avancés par les procureurs pour obtenir l’inculpation. (46) Que ce soit de l’intention même du procureur ou du point de vue des implications découlant inévitablement de toute action en justice contre un homme politique en vue, de tels procès visent à produire des résultats politiques en utilisant des voies juridiques. Dans tous les cas, lorsque toute évocation des implications politiques est interdite au cours du procès, celui-ci devient en soi une fraude, en raison de la falsification du processus. Une personnalité politique traînée en justice est, par définition, un sujet de controverse politique. Dans notre cas, même les chefs d’accusation faisaient état d’une motivation politique comme caractéristique de la prétendue fraude postale. Pour ma part, j’avais fait l’objet d’une attaque politique majeure, au cours des années précédentes, dans les principaux médias de la région où le jury allait être sélectionné. Durant les douze années précédant le procès (surtout les quatre dernières), l’état d’esprit de la population, représentée par ces jurés potentiels, avait été façonné par cette propagande. Les décisions rendues avant l’ouverture du procès par le juge Bryan, ainsi que son examen des jurés potentiels, n’étaient pas seulement erronés, mais clairement frauduleux, étant donné ce contexte qu’il connaissait parfaitement. Mis à part le problème posé par la sélection des jurés, ni eux ni l’ensemble de la Cour ne pouvaient voir clair dans le brouillard entourant cette affaire, si la question du mobile politique n’était pas mise en évidence pour leur permettre de juger de sa pertinence au regard des chefs d’accusation. L’inculpation et le procès d’une personnalité politique sont parfois justifiés et les accusations portées peuvent alors représenter un simple délit du code pénal ; cependant, même dans ce cas, il faut bien présenter à la Cour et aux jurés la question d’une prudente séparation entre les associations politiques liées à l’accusé et les faits qui lui sont reprochés. Comme dans le procès de Boston, la capacité de déterminer si les accusations au pénal ont été fabriquées pour des raisons politiques ou si elles sont portées de bonne foi contre une personnalité politique connue, représente le problème le plus important que le jury, et lui seul, doit pouvoir résoudre dans tout procès d’une personnalité politique. A Alexandria, les procureurs aussi bien que le juge d’instance se sont efforcés, notamment par leur décision d’exclure des éléments de preuve pertinents, d’empêcher les membres du jury d’avoir connaissance de l’enjeu réel de l’affaire. Ainsi, le juge Bryan a délibérément trompé la Cour en falsifiant la présentation des faits. Cette règle doit avant tout être appliquée dans le cas d’une personnalité politique connue, surtout si elle a été victime de calomnies aussi virulentes et frauduleuses que celles auxquelles le Washington Post et d’autres journaux ont habitué les membres potentiels du jury dans cette région. Ce jury ne pouvait rendre qu’une décision fortement influencée par les considérations politiques que les médias corrompus avaient divulguées pendant de nombreuses années, avant et pendant le procès. (47)Si la personnalité politique en question, en tant que défendeur, a été accusée sur des bases frauduleuses et que la Cour joue le jeu, comme ce fut le cas du juge Bryan, si les médias ont fait naître, parmi la population, un état d’esprit propice au lynchage, comme ce fut le cas ici, et si cet homme politique ne peut prendre la parole pour se défendre, au cours de l’interrogatoire, il est presque certain qu’il sera condamné, aussi innocent soit-il et en dépit des preuves accablantes le disculpant, présentées aux jurés honnêtes (48). Ce procès et son verdict ont inspiré à une éminente autorité juridique sur le plan international, le professeur Friedrich-August von der Heydte, deux observations générales. D’abord, il a comparé le procès d’Alexandria à celui du célèbre capitaine Dreyfus (49), dont la condamnation inique n’aura nécessité que cinq jours de plus que dans le cas du procès bien plus complexe contre moi et six de mes collaborateurs. La question du droit
Le professeur von der Heydte souleva aussi un autre point que je soutenais à l’époque. La conduite du juge dans cette affaire reflétait très clairement une corruption spécifique et grandissante du droit américain, encore plus inquiétante que le droit nazi associé à l’héritage de Carl Schmitt et Roland Freisler. Cette corruption, reflétée dans la tendance des cours fédérales à adhérer au principe de John Locke du « profit aux actionnaires », représente une combinaison de positivisme radical et de conceptions interchangeables spécifiques du « profit aux propriétaires d’esclaves » (slaveholders) et du « profit aux actionnaires » (shareholders), associée à la doctrine de la Confédération des Etats du Sud et à la doctrine actuelle soutenue par un important élément de la Cour suprême des Etats-Unis, comme en témoigne le fréquent recours du juge Scalia au sophisme. On peut comparer le résultat d’une telle union entre Locke et le droit positiviste au point de vue qu’incarne, en termes de droit, le personnage fictif de la République de Platon, le tristement célèbre Thrasymaque, ou encore aux notions perverties de certains empereurs romains, bien réels ceux-là, comme Tibère, Néron, Caligula et Dioclète. Bref, dans ce mode positiviste, la table de justice est truquée, tout comme une table de jeu, avant même que la victime ne s’y assoye. Par la suite, ces représentants de la justice corrompus invoquent les règles du truquage pour montrer que le procès s’est déroulé suivant « les règles du droit ». Dans notre cas, comme en témoignent les décisions in limine, il s’agissait des absurdes « règles » spéciales que ces sophistes avaient concoctées pour l’occasion. En bons hypocrites, ces mêmes pharisiens proclament que puisque le procès s’est déroulé selon leurs règles, les procédures étaient « loyales » (pour reprendre le terme d’une taupe parmi les avocats de la défense). Dans les conditions définies par ces deux observations du professeur von der Heydte, tout comme dans l’ignoble procès de Socrate, le mot « justice » n’a plus de sens. Seuls les niais se récrieraient, dans ces conditions, « mais son procès s’est déroulé en bonne et due forme, suivant les règles, n’est-ce pas ? ». Qui fixe les règles et comment ? Comme juger les faiseurs de règles ? Peut-on considérer les juges comme des membres privilégiés d’un club privé ou ne devraient-ils pas répondre à des normes supérieures, moins capricieuses ? Si ces règles excluent la vérité, alors, comme dans le procès de Socrate, ce sont les juges qui doivent être condamnés comme représentant un danger pour la république et le bien-être de son peuple. Pour être juste, il faudrait inclure ici une autre observation. Certes, notre Congrès a adopté beaucoup de mauvaises mesures. Certains Présidents ont proposé ou accepté des lois auxquelles, selon toute norme morale concevable, ils auraient dû s’opposer. Suivant la forme de gouvernement établie par notre Constitution, la réparation de ce type d’erreurs doit être recherchée auprès de la Cour fédérale, qui doit trancher sur ces questions avec une conscience informée et cultivée, quitte à défier l’opinion contraire dominant les autres branches du gouvernement. Cependant, si la Cour fédérale se fourvoie, comme cela s’est vu ces vingt-cinq dernières années, seules les forces conjuguées des deux autres branches ont l’autorité immédiate d’en corriger les erreurs. Et que se passe-t-il si les trois branches ne dissipent pas l’erreur ? Dans ce cas, il n’existe que deux « autorités » supérieures auxquelles se référer. L’une est l’expression, mûrement réfléchie, de l’intérêt propre du peuple, en matière de défense nationale et de bien-être général ; c’est l’autorité morale et politique de cette expression du bien-être général qui constitue le fondement de notre Déclaration d’Indépendance et notre Constitution fédérale. Si cette option échoue, il ne reste plus qu’une autorité, celle qu’on appelle parfois le jugement de l’histoire. Ainsi, l’histoire punit, ou même élimine des nations et des cultures à qui il manque manifestement et incurablement la capacité morale à survivre. L’autorité ultime du principe de bien-être du peuple est révolutionnaire, comme l’affirment les premiers paragraphes de la Déclaration d’Indépendance. Le pouvoir de cette autorité encore supérieure, l’histoire elle-même, est d’une qualité encore plus redoutable. En dernière analyse, la seule autorité véritable de la loi humaine est la raison. L’autorité du gouvernement, son droit d’exister lui-même, repose uniquement sur le devoir qui lui incombe de promouvoir efficacement le bien-être général de l’ensemble de la population et de sa postérité, comme il est établi dans les quatre premiers paragraphes de notre Déclaration d’Indépendance et dans le Préambule de notre Constitution fédérale. Le jugement que l’on doit porter sur tel ou tel système de lois ou sur la mauvaise application chronique de ce système, doit être considéré à deux niveaux. Au niveau le plus simple, on peut le comparer, en première approximation, au modèle déductif d’une géométrie euclidienne ; à la déduction de preuves à partir d’un ensemble sous-jacent de définitions, axiomes et postulats déclarés et implicites. Cependant, au niveau supérieur, dans le processus d’établissement de lois et de procédures judiciaires, on doit reconnaître que, dans l’art de gouverner comme en sciences physiques, tous les ensembles existants de définitions, d’axiomes et de postulats sont sujets à changement, de la même manière que l’on découvre, en science, de nouveaux principes physiques prouvés. Si un principe prouvé reste vrai, non seulement de fausses hypothèses doivent être purgées mais de nouveaux principes validés, auparavant omis, doivent être incorporés à cette multiplicité multi-connexe de principes universels vérifiables. La considération la plus importante à avoir à l’esprit est la distinction entre ce qui est sujet à un tel changement et ce qui ne l’est pas. Ce qui ne peut pas changer, dans un Etat de droit sain, c’est la définition de l’être humain comme étant d’une nature différente de celle de toutes les espèces inférieures. L’adhésion à ce principe durable définit absolument la distinction entre des formes civilisées de société et la bestialité de l’esclavage, du cannibalisme et d’autres formes de barbarie inhumaine (50). Nous, les être humains, sommes uniques, par rapport aux autres espèces, non seulement en raison de notre pouvoir d’apprendre, mais aussi de découvrir de nouveaux principes physiques universels et autres, permettant à notre espèce d’accroître son pouvoir par tête dans et sur l’univers. En ceci, nous sommes tous également distincts des animaux et, au même chef, créés également à l’image du Créateur de cet univers. Toute législation digne de ce nom doit procéder de la reconnaissance et du respect de ce principe. Comme la Déclaration d’Indépendance et le Préambule de notre Constitution le reconnaissent sous diverses formes, ce principe de promotion du bien-être général représente la seule base légitime de l’existence du gouvernement, c’est la pierre angulaire sous-jacente, invariable, de toute bonne loi et de toute bonne justice. Ainsi, dans un système de droit honnête, les problèmes posés par les axiomes sous-jacents sont toujours latents. Les conclusions doivent être prouvées et nous devons toujours garder à l’esprit ces axiomes. Dans chaque aspect à examiner, la question latente reste : quel est le point de vue axiomatique des parties respectives, et de la Cour elle-même ? L’une de ces hypothèses axiomatiques est-elle fausse, par rapport au sujet en question ? Dans un droit positiviste, ces considérations cruciales sont axiomatiquement exclues ; l’affaire est plutôt traitée comme le feraient les célèbres juges **** et ***** de Rabelais, ou d’une manière tout aussi haineuse et irrationnelle. Dans un procès honnête, il faut toujours considérer implicitement les hypothèses axiomatiques sous-jacentes des parties adverses et celles de la Cour. Il faut les traiter activement comme problèmes axiomatiques, à chaque fois que ce point de controverse axiomatique risque d’influer sur le sujet du procès. Par conséquent, selon ce principe simple et suprême de la loi naturelle, le pouvoir cognitif de raison par lequel l’humanité découvre de vrais principes universels, par lequel elle accroît le pouvoir de notre espèce, est en lui-même la plus haute autorité en matière d’établissement et d’application de la loi nationale et internationale. Ainsi, c’est dans notre découverte des moyens d’accroître le pouvoir de l’humanité sur la nature que nous trouvons la preuve de ce que nous appelons à juste titre la raison. C’est à partir de ces pouvoirs de raison, ainsi cultivés, que nous pouvons déterminer les lois qui devraient régir nos Etats et aussi nous gouverner nous-mêmes. Lorsque notre notion de la loi devient aussi pervertie dans la pratique qu’elle a tendu à le devenir ces trente dernières années, sans que le peuple intervienne pour la changer, alors le pouvoir de raison réagira au fait que nous sommes un peuple ayant égaré, ou même perdu, la capacité morale qui garantit qu’une nation puisse survivre. C’est un point sur lequel je reviendrai dans ma conclusion. Maintenant, nous devons considérer un autre point connexe. La majeure partie des lois, des pratiques juridiques et de l’opinion publique que nous connaissons aujourd’hui est essentiellement irrationnelle. C’est de cette irrationalité que notre nation doit se libérer, si elle veut survivre. Les pires manifestations en sont la violation, ou le non respect, par notre gouvernement de son devoir de promouvoir efficacement le bien-être général ; la légitimité même du gouvernement et des tribunaux en dépend absolument. La soumission du président Clinton à la pression exercée par le vice-président Al Gore pour qu’il approuve la « réforme de l’aide sociale » proposée par le président de la Chambre Newt Gingrich, ou encore le soutien du Comité national démocrate à la motion raciste que l’avocat John Keeney continue de présenter en son nom (51), sont typiques du genre d’actes par lesquels un gouvernement, un parti politique, voire toute une nation, sape son autorité morale à continuer à diriger et à exister. Ainsi, l’importance supplémentaire de l’« affaire LaRouche » est de mettre en évidence le type de personnalités désorientées, sinon folles, qui exercent tant de pouvoir et d’influence dans notre nation. La parodie de justice flagrante et persistante que cette affaire reflète devrait nous alerter sur ce que nous devons changer, pour assurer que cette nation puisse survivre. Le cadre historique de l’affaire
Depuis la phase finale de la chute du prince Clement Metternich, chancelier décadent de l’Empire des Habsbourg, en 1848, le conflit entre deux principes de gouvernement mutuellement incompatibles domine toutes les grandes affaires de chacune des nations de la civilisation européenne telle qu’elle s’est répandue dans le monde. L’affaire LaRouche, résumée ci-dessus, ne fait pas exception à cette règle. Le grand conflit actuel au sein d’un Parti démocrate américain en pleine crise morale non plus. Au début du XIXème siècle, le déclin et la chute de la vieille aristocratie foncière féodale et princière a laissé la civilisation européenne en proie à un conflit entre deux forces sociales opposées. D’un côté, la forme moderne triomphante de l’oligarchie financière au pouvoir, une forme de société et d’Etat produite en Hollande et en Angleterre sous l’influence directe des familles de l’oligarchie financière vénitienne, dirigées successivement par des personnalités comme Paolo Sarpi et l’abbé Antonio Conti. C’est cette oligarchie financière que nos compatriotes combattirent, en s’opposant autant à la tyrannie sanglante de Guillaume d’Orange qu’à la nouvelle monarchie britannique établie lors de l’accession de George Ier au trône. La République des Etats-Unis, créée dans ces circonstances, était d’une forme toute nouvelle. Elle plongeait ses racines dans les réformes de Solon à Athènes, dans le combat de la Grèce classique pour la création de républiques et dans la conception oecuménique de l’homme qu’apportèrent à la culture grecque classique des apôtres de Jésus-Christ comme Pierre, Jean et Paul. Les fondateurs de notre République constitutionnelle suivirent les précédents de l’art de gouverner établis par le roi français Louis XI et par Henri VII d’Angleterre. Au cours des XVIème et XVIIème siècles, alors que la situation en Europe n’était pas politiquement favorable à la mise sur pied de vraies républiques conformes aux principes du bien commun défendus par Louis XI et Henry VII, les Européens voués à cette cause établirent des colonies dans les Amériques. Ces colonies, du moins les meilleures d’entre elles, comme la colonie du Massachusetts des Winthrop et Mather, cherchèrent à bâtir de véritables « commonwealths », ou républiques. Leur but était non seulement de voir prospérer ces républiques naissantes, mais qu’elles deviennent, pour reprendre les mots prononcés plus tard par notre ami le marquis de Lafayette, des temples de liberté et des phares d’espoir pour nos amis et alliés politiques parmi les peuples d’Europe et d’ailleurs ravagés par les conflits. Ce rôle et cette mission, à savoir la promotion d’une communauté de principes parmi des républiques parfaitement souveraines, ont joué un rôle crucial dans la persistance de notre république. Tous nos grands patriotes ont reconnu que telle était la véritable destinée manifeste des Etats-Unis. Malheureusement, même à ce jour, l’Europe n’a pas encore réussi à établir des formes durables de véritables républiques constitutionnelles. De grandes réformes, inspirées en particulier par notre propre combat pour la liberté contre notre oppresseur, l’oligarchie britannique, ont bien eu lieu. Pendant un temps, certains d’entre nous avaient de bonnes raisons d’espérer que le président Charles de Gaulle amènerait la France à devenir une vraie république. Hélas, malgré les grandes réformes de démocratisation qui se sont produites dans le vieux monde, les constitutions européennes ne sont encore que des reliques réformées d’institutions de pouvoir féodales, dans une configuration où les parlements sont tantôt les victimes d’une oligarchie financière opérant comme un marionnettiste derrière le rideau, tantôt le maître des affaires de la nation. C’est ainsi que les intérêts oligarchiques anglo-américains détruisent, depuis 1992, le système politique souverain de l’Italie et que les centres oligarchiques anglo-américains ont récemment déclenché une déstabilisation similaire des institutions politiques représentatives de l’Allemagne, et potentiellement de la France. Malheureusement, depuis la création de notre propre république constitutionnelle, nous nous sommes souvent trahis nous-mêmes. Aujourd’hui, comme souvent dans le passé, notre nation est plus souvent victime de puissantes forces internes, intrinsèquement perverses, que de quelque puissance étrangère. Nos rangs comptent essentiellement deux ennemis puissants, et une troisième cause des malheurs récurrents que nous nous infligeons à nous-mêmes. Le premier des deux ennemis de marque que notre république a nourri en son sein, c’est l’oligarchie financière qui a établi à l’époque son centre à Wall Street (New York), autour des cercles de l’agent du Foreign Office britannique Aaron Burr ; et, deuxièmement, la tradition oligarchique des planteurs propriétaires d’esclaves, associée à la Confédération des Etats du Sud. Le troisième ennemi, c’est la folie persistante qui règne chez le citoyen ordinaire de notre nation — celui à propos duquel le président Abraham Lincoln fit observer qu’on peut duper tout le monde pendant un temps et la plupart des gens, comme aujourd’hui, tout le temps. La propension persistante qu’a la majorité d’entre nous à se laisser duper est la troisième source, et la plus importante, de tous les malheurs dont nous avons endurés depuis la création de notre république. Tout au long de notre histoire, la minorité perverse, les intérêts financiers oligarchiques concertés de Wall Street dans la tradition de la Bank of Manhattan d’Aaron Burr et des propriétaires d’esclaves, cette minorité a trop souvent réussi à prendre le gouvernail, uniquement à cause de la disposition de la majorité de notre peuple à se comporter en dupes politiques. Toujours est-il que l’héritage oligarchico-financier, représenté par les intérêts de Wall Street et ses cabinets juridiques, et l’héritage de John Locke transmis aux propriétaires d’esclaves, sont les seuls véritables ennemis politiques que je rencontre ici aux Etats-Unis. Les autres adversaires que j’ai sont simplement des gens de divers horizons qui se comportent, sans originalité, de manière irrationnelle. Comprendre le conflit qui m’oppose à ces ennemis politiques et à certains de leurs laquais comme John Keeney du département de la Justice, c’est comprendre les principaux enjeux de l’opération en cours depuis trente ans pour arrêter LaRouche ! La question politique qui sous-tend le comportement criminel de la bureaucratie permanente du département de la Justice est, au fond, la même que celle décrite par Henry Kissinge, dans son discours à Chatham House, comme le conflit entre le président Franklin Roosevelt et Winston Churchill. C’est le seul conflit essentiel qui nous oppose, Kissinger et moi, ces trente dernières années. Toutefois, comme ces modèles de corruption que furent en leur temps Fouché et Talleyrand, les créatures actuelles comme John Keeney et Henry Kissinger, ou encore M. Zbigniew Brzezinski de la Trilatérale, ne sont que des laquais en livrée déguisés en officiers. Pour situer les enjeux actuels, on doit d’abord les aborder selon la fameuse prescription de l’Anglais Alexander Pope : « Pardon, Monsieur, de qui êtes-vous le chien ? » Il faut identifier les simples laquais d’après leurs maîtres. L’origine approximative de ce conflit politique actuel remonte à l’assassinat du président William McKinley en 1901. Cet assassinat, arrangé par l’intermédiaire d’Emma Goldman, permit à un rejeton de la Confédération, Theodore Roosevelt, d’accéder à la présidence (52). C’est ce Roosevelt, ainsi que Woodrow Wilson (qui devint Président grâce à lui), qui opérèrent dans nos institutions les changements désastreux qui nous ont conduits à plusieurs reprises au bord de l’abîme au cours des cent dernières années. La Division criminelle du département de la Justice, telle que le représentent John Keeney et le FBI de J. Edgar Hoover, est une création exemplaire de la présidence de Theodore Roosevelt contrôlée par Wall Street. Cette division est, aujourd’hui encore, l’une des marionnettes décisives de Wall Street dans la bureaucratie permanente de notre gouvernement. La personnalité satanique du bureaucrate Keeney est typique de ces simples marionnettes à la botte des intérêts financiers de Wall Street et de ses cabinets juridiques. Fait révélateur : l’ancêtre du FBI, le National Bureau of Investigation (Bureau national d’enquête), fut créé par le ministre de la Justice de Theodore Roosevelt, Charles Bonaparte, membre authentique de la famille Bonaparte qui ne cacha pas son intention de créer aux Etats-Unis un bureau de police politique de style bonapartiste. Il proposa une police politique secrète, comme celle qui sévissait sous l’empereur Napoléon et son neveu Napoléon III, délégué par lord Palmerston pour gouverner la France (53). Le FBI de J. Edgar Hoover méritait bien la qualification de police politique secrète. Autre fait révélateur : le mentor de Theodore Roosevelt, son oncle farouchement anglophile, le capitaine James Bulloch, qui dirigea le service de renseignement extérieur des Etats confédérés d’Amérique, est célèbre pour sa trahison à la cause des Etats-Unis. « Teddy » représentait, tout comme son patron adoptif, le courant anglophile du Parti républicain fidèle à Wall Street, qui était le pire ennemi des républicains de la tradition de Lincoln, comme Garfield, Blaine et McKinley. Enfin, Woodrow Wilson, l’homme mis à la présidence par Theodore Roosevelt, était un admirateur fanatique du Ku Klux Klan. C’est lui qui lança la mobilisation de masse en faveur d’un renouveau du Klan, à partir de la « Maison de l’Exécutif » que Theodore Roosevelt avait rebaptisée « Maison Blanche ». A cette époque, républicains et démocrates de New York étaient des pièces interchangeables. La campagne de Tilden avait mis fin à la Reconstruction [réintégration des Etats du Sud dans les Etats-Unis] et la présidence de Cleveland avait instauré, sous le nom usurpé de « réforme », une bureaucratie fédérale permanente contrôlée par Wall Street, ainsi que la doctrine Jim Crow [de ségrégation des Noirs] connue par le slogan « races séparées mais égales ». Ainsi les fils de la Confédération et Wall Street ne faisaient qu’un dans leur détermination à arracher et éradiquer l’héritage de présidents comme Washington, Monroe, Quincy Adams, Lincoln, Garfield et McKinley. Avec une perfidie typique, Theodore Roosevelt récompensa ceux qui l’avaient porté à la présidence en précipitant le rachat par des financiers de Wall Street et de Londres des avoirs des entrepreneurs productifs américains, sous prétexte de « démantèlement des trusts ». La conception du système de la Réserve fédérale, décidée à l’initiative de Jacob Schiff, principal agent financier du roi Edward VII aux Etats-Unis, et la mise en place de ce système par le président Woodrow Wilson sont typiques du caractère contre-révolutionnaire des changements introduits aux Etats-Unis, y compris au niveau économique, sous les présidences successives de Theodore Roosevelt, Woodrow Wilson et Calvin Coolidge. Sans le leadership du président Franklin Roosevelt, les Etats-Unis en tant que république n’auraient pas pu survivre aux ravages de ces gouvernements précédents. Au cours des années suivant l’assassinat du président John F. Kennedy [1963], qui s’était en toute connaissance de cause engagé à faire revivre le legs de Franklin Roosevelt, je suis entré dans une phase nouvelle de ma vie personnelle. Mes principes restaient, axiomatiquement, les mêmes que ceux ayant défini les trente premières années de ma vie. Par contre, au milieu des années 60, j’ai pris conscience d’un nouveau sens de responsabilité et de mission personnelles, voué à défendre notre nation contre les plus grands dangers dont je prévoyais à l’époque l’émergence. Soit il y avait, à cette époque, très peu d’individus prêts à accepter cette responsabilité, soit, s’ils existaient, ils ont disparu sans crier gare. Ainsi mon propre rôle émergent dans la vie politique a été unique, d’abord sur le plan national puis, de plus en plus, dans le monde entier. Corrélativement, l’unicité relative de mes qualifications explique en contrepartie la relative unicité des campagnes d’assassinat, de diffamation et de poursuites que le département de la Justice et ses maîtres de Wall Street ont menées contre moi, à travers le monde, au cours des trente dernières années. Dans les années 60, surtout après l’assassinat de Martin Luther King, je me suis trouvé au milieu d’un vide politique de plus en plus grand en matière de leadership politique, un manque général des qualités spécifiques de leadership nécessaires pour ramener la nation au moins au niveau de qualité de vision caractéristique des meilleurs aspects de la tradition de Lincoln et du legs de Franklin Roosevelt. (54) Au début, mon rôle dans notre vie politique était celui d’un « trouble-fête », d’un critique des absurdités prévalant à l’époque. Après les décisions insensées du président Richard Nixon annoncées à la mi-août 1971, ma situation a vite changé. Etant donné la conjugaison exceptionnelle entre mes qualifications de penseur original cultivé et d’économiste et mon tempérament, j’ai commencé à devenir une nouvelle personnalité politique significative pour notre nation et parmi des nations étrangères. Ceci a amené les maîtres de nos enclos à moutons et de nos abattoirs politiques à réagir promptement ; dès la fin 1973, ils avaient décidé d’orchestrer mon assassinat [devant être perpétré] par des pantins du FBI au sein du Comité national du Parti communiste des Etats-Unis. Comme en témoigne le comportement des principaux médias depuis 1973 et comme le confirment les trois décennies des opérations toujours en cours du département de la Justice contre moi, les gérants oligarchiques de nos enclos à moutons politiques sont toujours à l’oeuvre. Pensez à la manière dont les éleveurs de bétail gèrent leurs troupeaux. Les créatures grasses, les plus rentables et bien gérables, seront gardées ; celles qui sont difficiles à contrôler ou peu disposées au travail, ou celles qui sont simplement jugées trop nombreuses par rapport aux besoins de leur propriétaire, sont éliminées pour en faire de l’engrais. C’est de la même manière que les négriers triaient leurs captifs. C’est de la même manière que les oligarchies, à travers les âges de l’histoire connue, ont géré les troupeaux politiques qu’elles gouvernaient. Traditionnellement, comme en atteste le cas de l’assassinat de Martin Luther King, pris pour cible par J. Edgar Hoover, (55), les oligarchies et leurs laquais n’attendent pas qu’un spécimen insolent devienne une menace sérieuse à leurs manigances, comme le devint le pré-candidat présidentiel Robert Kennedy, elles ont tendance à les faire assassiner avant qu’ils n’aient l’occasion de se développer et de devenir une menace sérieuse. C’est presque une question d’instinct : l’instinct de tuer ce qu’ils n’aiment pas. Chez les gérants plus avisés de troupeau politique, on a des motifs plus recherchés pour justifier les meurtres et autres mesures destinées à purger le troupeau populaire de ses éléments indésirables. Il est dans la nature de toute société oligarchique de s’enfoncer dans des crises auto-infligées dont les implications sont existentielles. De telles crises tendent à susciter une réceptivité populaire grandissante, née du désespoir, à de nouvelles idées. J’appelle ce phénomène l’« effet Pearl Harbor » : ce sont les modifications souvent soudaines du caractère et de la vision de la majorité de la population qui surviennent au moment où « la bombe tombe ». Si dans de telles circonstances, de nouveaux dirigeants potentiels se font entendre, il est possible d’effectuer d’importants changements dans la société. Si de tels dirigeants font défaut ou ont été éliminés au préalable, la vieille oligarchie gardera le pouvoir ou le regagnera bientôt, et le « même bon vieux foutoir repart pour un tour ». Comme l’état de bétail humain est étranger à l’authentique nature humaine, l’impulsion qu’aura la population, en particulier les jeunes, à établir de nouvelles institutions conformes à la nature humaine réelle, est relativement forte, surtout pendant des crises de choc - au moins pendant une période relativement courte. Dans ces circonstances, de grands changements pour le meilleur peuvent se produire. L’intérêt propre de l’oligarchie consiste soit à empêcher de tels changements, soit à s’y adapter dans l’intention de regagner sa vieille puissance, peut-être même sous une forme légèrement modifiée, une fois que la population sera retombée dans les banales préoccupations de ses petits intérêts personnels et locaux. Si l’on considère, de ce point de vue historique, les cas de Franklin Roosevelt et de John Kennedy, on comprend aisément la haine éprouvée par l’oligarchie envers ces deux hommes, aujourd’hui encore. Alors, comme aujourd’hui, l’oligarchie et ses laquais se disent : « Il faut empêcher que cela se reproduise jamais ! » Cette réaction est pratiquement une question d’instinct. Elle n’est pas dirigée uniquement contre les originaux qui pourraient devenir Président. La règle de l’oligarchie est d’éliminer à tous les niveaux les vraies impulsions républicaines qui risquent de devenir gênantes. Tuer ces individus, les emprisonner, les diffamer ou les neutraliser autrement, même en faisant appel à des témoins à charge qui ont été corrompus personnellement ou financièrement, comme ce fut le cas lors des procès de Boston et d’Alexandria. En fin de compte, les coupables au département de la Justice, au FBI, dans la bureaucratie du Comité national démocrate et les médias, sont simplement des laquais. Mais comme l’histoire féodale nous l’enseigne, ce sont les laquais qui font d’habitude le sale boulot de leurs maîtres et qui semblent, comme les SS nazis, y prendre le plus de plaisir. Ainsi, en 1973, les laquais du DOJ ont dit : Tuez-le ! Plus tard, lorsque j’ai commencé à jouer un rôle marginal sur le plan international et que je me suis présenté à la Présidence, l’oligarchie a jugé que j’étais potentiellement encore plus dangereux qu’en 1973. En 1982, mon influence internationale était telle que les oligarques ont décidé de m’éliminer ainsi que tout ce qui m’était associé. Ils avaient effectivement peur que quelqu’un reprenne ce que j’étais engagé à faire, c’est-à-dire utiliser la crise globale qui se profilait pour rétablir le « système américain » et son héritage. Et c’est en effet ce que je ferai, si j’en ai les moyens. Bref, ceci est la seule et unique véritable raison des poursuites et autres sales opérations contre moi et mes amis. Le souci de l’oligarchie et de ses laquais est de se débarrasser de moi coûte que coûte. Seules des considérations d’avantages factieux et d’opportunité politique les dissuadent de m’éliminer purement et simplement à n’importe quel moment. Je redoute ce qu’il adviendra de vous tous qui me survivrez, si je suis emporté de cette façon. L’enjeu historique de ces procès
La raison principale pour laquelle Wall Street et la Cour suprême s’opposèrent avec acharnement au président Roosevelt, c’est qu’il défendait la cause pour laquelle les fondateurs de notre nation avaient déclaré l’indépendance et établi notre République fédérale constitutionnelle. Cette cause est exprimée, comme je l’ai déjà souligné ici, dans les trois premiers paragraphes de la Déclaration d’indépendance de 1776 et dans le Préambule de la Constitution fédérale. Dans ce Préambule, le plus important principe fondamental de droit sur lequel reposent axiomatiquement les autres aspects distincts de la Constitution, est le principe du bien-être général. Tel fut le point fondamental de désaccord entre le président Franklin Roosevelt et les forces oligarchiques de Wall Street et de la Cour Suprême. Tel est également aujourd’hui le motif axiomatique de la haine que me vouent nos oligarques. C’est enfin le principe qui permet de comprendre ce qui est moralement pourri dans le caractère politique et autre de la majorité des prétendus chrétiens et autres hypocrites aux Etats-Unis aujourd’hui. C’est ainsi que l’histoire politique des Etats-Unis au XXème siècle est devenue le conte des deux présidents Roosevelt : Teddy le rénégat contre Franklin le patriote. A la racine de cette opposition se trouvent deux conceptions mutuellement incompatibles de la nature humaine individuelle : d’une part la notion de l’homme doté du pouvoir de cognition, pour qui nous sommes tous également faits à l’image du Créateur de l’univers, et d’autre part, la notion oligarchique opposée, celle d’une nature humaine axiomatiquement bestiale et empiriste, telle qu’elle s’exprime à la fois dans la fable satanique de Bernard de Mandeville (La Fable des abeilles) (56) et dans les notions apparentées de « profit aux propriétaires d’esclaves » et de « profit aux actionnaires », ce dernier étant considérée comme axiomatiquement suprême dans la procédure législative. On voit mieux l’enjeu de cette bataille juridique lorsqu’on considère le fait que la Cour fédérale tolère le meurtre de masse des citoyens que constitue l’application de la théorie du « profit aux actionnaires » aux organisations de santé privées (HMO), à la réforme de l’aide sociale, à la Sécurité sociale [les retraites], etc. Implicitement, à chaque fois que la Cour, entre autre, défend les prémisses du profit aux actionnaires ou des prémisses apparentées, dans des décisions défavorables au principe du bien-être général, cela revient à uriner sur la Déclaration d’Indépendance et la Constitution fédérale, autant d’actes qui sont considérés à juste titre comme incriminables. Considérons, à titre d’exemple pertinent, les grandes décisions associées aux régimes des gouverneurs dirigeant (et ruinant) les Etats fédéraux du Texas, de Floride et de Virginie. Considérons à cette lumière l’histoire récente des décisions pertinentes de la Cour suprême. Gardons en tête, en considérant ce sujet, l’expression « purifier le bétail populaire ». Envisageons le cas dans lequel un condamné à mort peut encore compter sur la production future d’éléments de preuve montrant soit qu’il est en toute probabilité innocent, soit que le procès lui-même a été si entaché d’injustice qu’il faut en ouvrir un nouveau. Considérons le nombre de condamnés à mort qui ont été exécutés à la hâte, au mépris d’indications tendant à prouver des irrégularités de ce type au niveau du procès. Considérons aussi le nombre de fois que les autorités judiciaires et autres aux niveaux des Etats et fédéral ont argué que le désir d’établir la « finalité » parfaite des condamnations à mort est plus important que les considérations de vérité et de justice. Dans combien de cas la Cour suprême a-t-elle, par ses décisions, ordonné l’accomplissement de l’exécution ou implicitement autorisé des instances de moindre niveau à mettre fin aux recours. Considérons alors l’état d’esprit perverti affiché dans ce domaine par les deux fils de l’ancien président George Bush. Que laisse à penser la seule existence d’une telle situation, au sujet de tout le système de la justice fédérale aujourd’hui ? Que le système de justice fédéral est devenu un jeu de dés, truqué, de surcroît. Que la justice n’est plus une considération de notre système fédéral de justice et que les cours fédérales tendent à devenir les simples exécutants de décisions prises par la bureaucratie du DOJ, comme John Keeney. Ah ! Mais il y a autre chose d’une grande importance à considérer. Le rôle de l’« opinion populaire » orchestrée par les médias, cette opinion populaire à qui la canaille ordinaire d’aujourd’hui fait appel en dernier ressort. Ce culte moderne de l’opinion populaire orchestrée par les médias, comme le décrivit Walter Lippmann, n’est autre qu’un écho moderne du culte de vox populi, sous le règne duquel la Rome antique sombra dans la dégénérescence morale devant amener le grand Age des ténèbres du premier siècle av. J.C. Ainsi, à travers le culte de l’opinion populaire, Rome consacra la perte fatale de l’aptitude morale de sa culture à survivre. Nous, en tant que nation, avons suivi cette même pente infernale au cours des trois dernières décennies. La pathologie caractéristique dominante de cette culture romaine fut la corruption de la masse de la population à travers « le pain et les jeux ». Il n’y a, du point de vue moral, pratiquement aucune différence entre la forme de distraction à laquelle se livraient les Romains au Colisée sous le règne des pires des César, et les distractions populaires d’aujourd’hui, que ce soit à la télévision, dans les stades ou à d’autres événements sportifs de même acabit. Si l’on compare la pornographie et les aspects sanguinaires des distractions de masse à ce qui passe pour être des informations télévisées, force est de constater, avec horreur, la similitude systémique, en terme de dépravation morale, entre la culture de l’ancienne Rome et la nôtre. Pire, cette dépravation orchestrée a exercé la plus forte influence sur la conduite et les résultats de nos campagnes électorales nationales et autres. Le seul remède à une telle maladie morale imminemment fatale, est une forte dose à la fois de réalité et de véracité, suivant la méthode de définition de ces deux termes léguée par Platon à la civilisation moderne. Nous ne pouvons qu’espérer que le choc brutal qui nous attend, dû à l’effondrement en série du système financier mondial actuel, dissipera les illusions de la population à propos des marchés financiers actuels, irrémédiablement condamnés, pour qu’elle retrouve un sens du monde réel, dans lequel ce que nous consommerons sera simplement ce que notre nation est capable de produire ; ce sera un retour soudain à la réalité, déclenché par un choc comparable dans ses effets au bombardement de Pearl Harbor. Lorsque le choc de la réalité fera revenir à lui votre voisin, souvenez-vous de ce que je vous ai dit à propos des grandes querelles de l’histoire, de la justice et de la bataille entre oligarques et êtres humains réels. Maintenant, spectateurs, je vous ai donné la fiche de scores. Choisissez votre camp en fonction de cela. Reconnaissez qu’il arrive de plus en plus souvent que seuls ceux qui parlent honnêtement de leurs convictions, par les temps qui courent, disent la vérité. C’est ainsi que j’ai dit la vérité que vous avez de toute urgence besoin de connaître. notes : (1) Entre 1974 et 1976, le département d’Etat a fait circuler à l’échelle internationale un article diffamatoire à l’égard de LaRouche, paru dans le New York Times de janvier 1974, ainsi que d’autres calomnies provenant du FBI et de sources privées. A titre d’exemple, une dépêche était envoyée le 18 mars 1976 « à tous les postes diplomatiques et consulaires américains », décrivant le National Caucus of Labor Committees (l’association philosophique fondée par Lyndon LaRouche) comme une organisation « petite, fanatique (...) orientée vers la violence », et reprenant d’autres remarques désobligeantes venant du FBI. Autre exemple, suite à la publication par un journal officiel du Bangladesh d’un article d’un correspondant de l’EIR, un télex daté du 24 mars 1976 et signé par Kissinger a été envoyé | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||