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L’Equateur dénonce l’usure des créanciers internationaux
21 novembre 2008 - 12:00


21 novembre 2008 (Nouvelle Solidarité) - Le président équatorien, Rafael Correa, a annoncé hier qu’il remettait en cause la légitimité de la dette étrangère de son pays, après n’avoir pas honoré une échéance de 30,6 millions de dollars le 14 novembre. Il a expliqué qu’il défendrait avant toute chose l’intérêt général de son peuple, et que son initiative contribue à la nécessaire réorganisation du système financier international.

La décision du gouvernement équatorien fait suite au rapport de sa Commission d’audit de la dette public. Après avoir pris connaissance de son contenu, le président Correa a déclaré « illégitime, malhonnête et illégale » la dette étrangère de son pays et s’en est pris au « trucage, au chantage et à la trahison » ayant mené ses prédécesseurs à la contracter. En 30 ans, la dette étrangère équatorienne est passé de 115,7 millions à 4,16 milliards de dollars ; et sur cette période, le pays a du s’acquitter de 7,13 milliards auprès des banques privées internationales. Ce qui nous donne dans l’arithmétique du banquier-assassin : 115,7 millions - 4,16 milliards = 7,13 milliards…Usure ?

La viabilité de la dette ne peut qu’être jugée en fonction des conséquences de tels paiements pour l’intérêt général, a déclaré Correa. Le Président équatorien avait déjà mis cette question au clair le 15 novembre, en répondant à Standard & Poors, qui a rétrogradé la notation de l’Equateur à CCC, et aux « spéculateurs financiers et aux créanciers » que ce qu’ils font ne l’intéresse pas. « Nous devons agir dans l’intérêt du pays, au nom du Bien commun », c’est le seul critère qui compte, avait-il dit.

Dans sa conférence de presse d’hier, il a présenté ce rapport comme la contribution de l’Equateur à la nécessaire reconstruction de la structure financière internationale, expliquant que le problème de ces dettes étrangères ne pourrait être vraiment résolu tant que l’architecture financière internationale ne serait pas réformée.

En effet, la politique néo-coloniale d’usure et de pillage imposée aux pays du Sud à partir des années 70 était le premier fruit empoisonné de la mondialisation – en réalité un empire financier opérant depuis Londres et les paradis fiscaux - qui a démarré en 1971 avec le démantèlement définitif du système de Bretton Woods pour imposer un système purement monétaire de taux de change flottants retirant aux nations leur souveraineté monétaire, au Nord comme au Sud. Aujourd’hui, l’intérêt commun des nations et la seule voie de sortie s’offrant à elles, est la mise en redressement judiciaire du système monétaire pour établir, par le biais d’un véritable Nouveau Bretton Woods, un système international de crédit basé sur des taux de change fixes et une politique d’équipement massif des peuples et des territoires.

Approfondir en vidéo : la conférence internet de LaRouche du 18 novembre


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