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Guerre du gaz : le gouvernement ukrainien fait-il le jeu de Soros ?
13 janvier 2009 - 17:15

13 janvier 2009 (LPAC) — Les entretiens extraordinaires entre l’UE, la Russie et l’Ukraine, les 9 et 10 janvier, ont permis d’éviter la catastrophe économique et humanitaire qui menaçait de toucher l’Europe, suite à la décision de la société nationale ukrainienne Naftohaz de fermer trois gazoducs russes traversant le territoire ukrainien à destination de clients de Gazprom en Turquie, dans les Balkans et dans d’autres pays européens. Cette mesure a été décidée le 5 janvier, soit à un moment où l’Europe de l’Est était frappée par une vague de froid mortelle, avec des températures pouvant descendre jusqu’à moins 20 degrés.

Soulignons qu’en matière financière et économique, le gouvernement ukrainien se fait conseiller par le spéculateur George Soros, ce qui indique que la crise du gaz est orchestrée à Londres, dont les porte-parole ne cachent pas leur espoir de provoquer une grande épreuve de force entre la Russie et l’Ukraine.

L’escalade remonte au 1er janvier, lorsque le gazier russe Gazprom a suspendu ses livraisons à l’Ukraine même, pour cause d’absence de contrat. Dès le mois d’octobre, les Premiers ministres russe et ukrainien, Vladimir Poutine et Ioulia Timochenko, s’étaient accordés sur des prix inférieurs à ceux du marché, ainsi que sur la non-augmentation des taxes versées à l’Ukraine pour l’acheminement du gaz vers l’Europe et le paiement intégral de la facture de gaz ukrainienne pour 2008.

Puis les principaux secteurs exportateurs de l’Ukraine (acier et produits chimiques) s’effondrèrent et sa monnaie s’écroula. Le gouvernement se tourna alors vers le FMI pour obtenir un prêt de 16,5 milliards de dollars, et éviter par là une cessation de paiements. D’après le magazine britannique The Economist, cette somme devait servir avant tout à rembourser les dettes des banques ukrainiennes vis-à-vis de leurs créanciers internationaux.

D’après des sources ukrainiennes, en contrepartie de ce prêt, le gouvernement accepta d’engager le groupe Blackstone comme consultant, groupe qui appartient à George Soros… Le Premier ministre Timochenko a récemment admis avoir rencontré Soros en décembre.

Au 31 décembre, Gazprom n’avait toujours pas reçu de paiement des arriérés de Naftogaz. La partie russe retira alors son offre de fournir du gaz à un prix inférieur au prix du marché, pour proposer 450 dollars pour 1000 mètres cubes de gaz en 2009. Naftogaz, qui réclamait des taxes supérieures à la normale pour le transit vers le reste de l’Europe, suspendit les entretiens le même jour. Gazprom répondit en coupant l’approvisionnement pour l’Ukraine, mais pas pour le reste de l’Europe. Quelques jours plus tard, Gazprom accusait l’Ukraine d’avoir dévié 65,3 millions de mètres cubes de gaz et réduisait sa fourniture de gaz dans les mêmes proportions, c’est-à-dire de 15%. Le 6 janvier, l’Ukraine répliqua en coupant l’approvisionnement européen.

Deux jours plus tard, Vladimir Poutine somma le PDG de Gazprom, Alexei Miller, de se rendre à Bruxelles avec tous les contrats passés entre Gazprom et Naftohaz, pour montrer la réalité aux responsables de l’UE. Ces documents auraient contribué à la conclusion de l’accord mentionné ci-dessus.

Un aspect particulièrement intéressant de cette affaire a été soulevé par l’économiste Natalia Vitrenko, présidente du Parti socialiste progressiste de l’Ukraine, dans une déclaration du 3 janvier : lors de l’adhésion de l’Ukraine à l’OMC, en mai dernier, le gouvernement s’engagea à appliquer les prix du marché mondial à la consommation intérieure de gaz. Ainsi, depuis le 1er novembre, les clients ukrainiens de Naftogaz doivent payer 320 dollars pour 1000 mètres cubes de gaz naturel, soit 60% de plus que le prix qu’il proposait de payer à Gazprom pour 2009. Est-ce George Soros qui conseille les autorités ukrainiennes sur quoi faire de la différence ?

A lire : notre dossier Soros

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