21 janvier 2009 (LPAC) – Suite à une demande unanime des représentants du parti Républicain, la commission en charge de la confirmation d’Eric Holder comme prochain Attorney General (ministre de la Justice américain) a repoussé son verdict jusqu’à la semaine prochaine.
Les sénateurs républicains Mitch McConnell et John Kyl affirment qu’ils ont des questions supplémentaires à poser et le Washington Times croit savoir que les sénateurs républicains cherchent à connaître l’avis de Holder sur les techniques employées par les services de renseignement lors des interrogatoires pendant la guerre au terrorisme et veulent savoir si ceux qui s’y sont livrés risquent des poursuites.
Trois éléments vont dans ce sens :
1) Auditionné le 15 janvier, Holder a reconnu l’évidence, c’est-à-dire que le « supplice de la baignoire » est bel et bien une forme de torture digne de l’Inquisition. En outre, il a identifié des cas historiques précis où les Etats-Unis ont même condamné leurs propres citoyens ainsi que ceux d’autres nations pour cette pratique.
2) Un haut responsable du Pentagone, en charge des commissions militaires (tribunaux), a reconnu que le traitement infligé à Mohammed al-Qatani « correspondait à la définition légale de torture ». Son interrogatoire n’a pas seulement comporté le supplice de la baignoire, mais aussi l’isolement prolongé, la privation sensorielle, l’exposition prolongée au froid, la nudité forcée et traité comme un chien.
3) La publication, le 11 décembre 2008, d’un rapport bipartisan de la commission de la Défense estimant que l’ancien Secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, et d’autres hauts responsables gouvernementaux sont directement responsables des mauvais traitements infligés aux prisonniers d’Abou Graïb et Guantanamo, des délits pour lesquels des militaires de grade inférieur croupissent derrière les barreaux. Après la publication de ce rapport, un éditorial du New York Times affirme que le rapport du Sénat suggère fortement « l’ouverture de poursuites criminelles » contre Rumsfeld et d’autres hauts responsables y compris contre le conseiller légal de Dick Cheney, David Addington.
Bon nombre d’experts juridiques soulignent que les Etats-Unis, en tant que signataires de la convention internationale contre la torture, sont obligé de poursuivre les actes de torture, y compris les responsables politiques qui ordonnent ou cautionnent cette pratique. L’Etat américain n’a pas à tergiverser car il est signataire de la convention. L’argument fallacieux de « circonstances exceptionnelles », de « nécessité », ou de « sécurité nationale » (arguments invoqués à plusieurs reprises par Cheney et d’autres), n’est nullement recevable sous cette convention.
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