4 mai 2009 (Nouvelle Solidarité) – La manifestation du 28 avril, réunissant au moins 15000 personnes, fut un franc succès. Jamais, en effet, on n’avait vu autant de médecins hospitaliers, des grands noms comme le tout-venant des praticiens, mais aussi des internes, des infirmières, des aides-soignants, dans les rues de Paris.
Dans un entretien avec le quotidien communiste l’Humanité, un des organisateurs du mouvement, le professeur André Grimaldi, chef du service diabétologie à La Pitié-Salpêtrière, fait le point sur cette lutte en dénonçant la logique financière derrière les réformes que tente d’imposer le gouvernement Sarkozy.
Le gouvernement, dit-il, en présentant le conflit actuel comme « une simple querelle de pouvoirs » entre le directeur et les médecins, escamote le débat essentiel sur la finalité de cette nouvelle gouvernance.
Pour le gouvernement, « le but est l’équilibre financier. C’est la mission première du directeur et c’est pour cela qu’il doit avoir tous les pouvoirs en devenant un PDG, au salaire variable en fonction des résultats. Il pourra aussi être révoqué s’il ne les atteint pas. Que vont faire les nouveaux PDG des 29 sur les 31 centres hospitalo-universitaires (CHU) en déficit ? Ils vont développer les activités rentables (cataractes, dialyses, chirurgie simple…) et réduire les activités non rentables (chirurgie complexe, sida, polypathologies, pédiatrie…) Et comme cela ne suffira pas, les nouveaux PDG hospitaliers vont diminuer le nombre de personnels sans autre justification que l’équilibre des comptes. Sont d’ores et déjà décidées 1200 suppressions d’emplois à Paris, 650 à Nancy, 400 à Nantes, 400 à Caen, 550 au Havre, 20000 sont prévues sur quatre ans. Cette réduction autoritaire et massive des emplois se fait au nom d’une "convergence" entre les établissements.Le gouvernement, sous la pression du mouvement de contestation, vient de reporter de 2012 à 2018 le projet de convergence public-privé qui ne peut être qu’une forme de concurrence déloyale. Encore un effort : nous lui demandons d’y renoncer et de rétablir les emplois supprimés. »
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