13 mai 2009 (Nouvelle Solidarité) — Lundi, lors d’une conférence à l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP) de Rennes, qu’il préside, l’épidémiologiste Antoine Flahaut a affirmé que 35 % de la population française pourrait être touchée par la grippe A-H1N1, ce qui pourrait causer la mort de 30 000 personnes, c’est-à-dire cinq fois plus que la grippe saisonnière responsable chaque année de 6000 décès.
M. Flahaut ne croit pas au scénario de type grippe espagnole de 1918-1919 (au moins 40 millions de morts selon l’OMS), mais rapproche la pandémie actuelle de la grippe de Hongkong de 1968 qui fit 30 000 morts en France.
« Si au niveau collectif c’est une grande menace, au niveau individuel ce n’est qu’une grippe », expliqué-t-il. « 35 % de la population malade, cela peut gripper le système, notamment le système de santé », a-t-il poursuivi. « La pandémie, nos pays s’en sortiront sans grands dégâts, ceux qui vont en souffrir sont ceux qui souffrent déjà, par exemple ceux qui ont des emplois précaires », prédit-il.
En attendant une décision de l’OMS sur une stratégie victorieuse, le danger existe qu’une logique de triage l’emporte : « Chaque nation va décider de sa politique et cela ne va pas être triste, car il n’y aura pas de vaccins pour tout le monde », a encore déclaré M. Flahaut. « Soit on vaccine, comme pour la grippe saisonnière, les personnes âgées et les plus fragiles, soit on veut faire barrière au virus et on vaccine les personnes stratégiques, mais c’est qui les personnes stratégiques ? », s’est-il interrogé.
Il est clair que dans ces conditions, tout doit être fait pour reconstruire un bon système de santé publique et rejeter toute réforme qui, au nom de la santé financière des spéculateurs, porte atteinte à la santé de toute l’humanité.















