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Grippe A (H1N1) : la loi Bachelot milite pour la pandémie
11 août 2009 - 14:34

10 août 2009 (Nouvelle Solidarité) – Les responsables hospitaliers viennent de se rendre à l’évidence : le système de tarification à l’activité ne leur laisse aucune marge budgétaire pour financer les préparatifs contre la pandémie grippale. On le savait : la tarification aux actes (T2A), qui établit un lien mécanique entre chaque acte médical et le revenu que peut en tirer chaque clinique ou hôpital, les incite à se désengager des traitements « peu » ou « non-rentables ». Déjà aujourd’hui, la T2A représente la majorité du budget des hôpitaux. Une enveloppe spécifique est prévue pour tout le reste, toutes les missions d’intérêt général qui ne peuvent pas être aussi précisément chiffrées : enseignement et recherche dans les CHU, Samu et SMUR pour les urgences et préparation des crises sanitaires.

Si l’enveloppe existe en théorie, « cela ne correspond à aucune ligne budgétaire précise », regrette Philippe Blua, président du Syndicat national des cadres hospitaliers (SNCH).

Le syndicat, tout comme la Fédération hospitalière de France (FHF) qui défend les intérêts des établissements publics, réclame « un financement spécifique » pour couvrir les dépenses générées par la préparation de l’épidémie.

Si les frais sont peu important pour l’instant, les dépenses pourraient exploser rapidement si la pandémie se déclare. Les établissements publics seront alors tenus de libérer des lits pour accueillir tous les patients qui nécessitent d’être hospitalisés. « Nous devrons donc annuler toute activité programmée, toutes les hospitalisations sur rendez-vous qui ne sont pas urgentes », affirme Philippe Blua. « Or, c’est cette activité qui est la plus rémunératrice avec le système de la T2A. »

Certes, la prise en charge des patients grippés sera payée par l’assurance-maladie, mais à « un prix faible par rapport aux opérations programmées ». Ainsi, une grippe sans complications ne rapporte "que" 1,742 euros tandis qu’une prothèse de hanche rapporte 5,934 euros à l’hôpital…

Pour sa part, la FHF s’inquiète d’un autre manque à gagner prévisible en cas de crise sanitaire : « Garder des lits disponibles en grand nombre impose des dépenses importantes en frais de personnel qui ne génèrent aucune ressource », explique Yves Gaubert de la FHF. Ce dernier pense que « le gouvernement devra en tenir compte lorsqu’il déterminera le prochain budget des hôpitaux. »

Article : Sans un programme à marche forcée, pas de vaccins !

Vidéo : Non au triage humain : population et santé publique


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