Solidarité & progrès

Solidarité & progrès est un parti politique qui milite pour la paix par le développement économique mondial, contre le féodalisme financier et les idéologies du sol, du sang et de la race.

AccueilActualité

Les BRICS invitent la Grèce à les rejoindre

La rédaction
visites
1624
commentaire
JPEG - 57.9 ko

L’annonce a été faite cette semaine, alors que la Grèce négociait à Bruxelles avec ses partenaires européens et le Fonds monétaire international (FMI), un accord dans le cadre du « programme de sauvetage » qui expire fin juin : les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ont proposé à Athènes de devenir membre de leur banque de développement créée en juillet dernier et basée à Shanghai, dont l’objectif est de créer un contre poids au FMI et au système financier occidental.

Une « heureuse surprise » a déclaré le Premier ministre grec, Alexis Tsipras décidé à « étudier la proposition en détail ». Cette opportunité sera discutée au forum économique réuni à Saint-Pétersbourg du 18 au 20 juin.

Par Christine Abdelkrim-Delanne
Publié le 14 mai 2015 sur le site Afrique-Asie.fr

Était-ce vraiment une surprise ? Étranglés par l’Europe et le FMI, les Grecs ont massivement voté pour Syriza, la coalition de la gauche radicale et leurs partenaires de l’Independent Greeks, en juillet 2014, sur un seul mot d’ordre : « ochi ! (non) aux oppresseurs étrangers ».

Un gouvernement de « salut » a été mis en place qui a tenu ses promesses et tient tête aux bureaucrates de la Commission Européenne, à Angela Merkel et au FMI. Conduit par Alexis Tsipras, le nouveau gouvernement avait déclaré haut et fort, qu’il n’acceptait pas le memorandum de la Troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne, FMI) et ses exigences d’austérité et de réformes structurelles, inacceptables pour le peuple grec. Les dirigeants grecs ont continué à tenir bon face aux pressions européennes et réaffirmé leur volonté d’adopter une politique étrangère « multidimensionnelle ».

Les signes d’un rapprochement de Moscou et Athènes sont apparus dès l’annonce de la victoire de la gauche grecque, Alexis Ttsipras recevait, en effet, un message de soutien de Vladimir Poutine qui exprimait sa « confiance dans la poursuite du développement de leur coopération traditionnelle dans tous les domaines et dans les efforts communs réels pour résoudre les problèmes européens et du monde ».

Quelques jours plus tard, le ministre russe des Finances, Anton Siluanov, déclarait à la chaine CNBC que « si la Grèce faisait une demande formelle de prêt, la Russie la prendrait certainement en considération. » La « nouvelle » Grèce s’est également opposée aux sanctions occidentales contre Moscou liées à la crise en Ukraine.

Si, officiellement le voyage d’Alexis Tsipras à Moscou, début avril, vécu comme une trahison par l’Union européenne en pleine négociation avec Athènes, n’avait pas pour but la demande d’une aide russe à la Grèce, la situation économique grecque a été au centre des discussions entre les deux chefs d’État et il n’y a été question que de coopération économique. « Si nous réalisons tel ou tel projet important qui apporte des revenus à la Grèce, cela signifie que ces revenus pourront être utilisés pour le remboursement des crédits dont nous avons brièvement parlé aujourd’hui », a déclaré Vladimir Poutine, ajoutant : « Nous sommes d’accord pour prêter une plus grande attention aux investissements, nous avons discuté de coopération dans le secteur de l’énergie et de la possibilité de fournir du gaz russe à la Grèce via le Turkish Stream (futur gazoduc) ».

A l’issue de cette rencontre, l’embargo sur les produits agricoles européens imposé par la Russie en réponse aux sanctions occidentales contre Moscou, ont été levées pour les produits grecs et le seront, également, pour ceux en provenance de Chypre et de Hongrie qui avaient également exprimé leur opposition à ces mesures.

Alexis Tsipras a été clair, une aide russe directe ne se fera que « dans le cadre européen ». Ce qui, par ailleurs, n’interdit en rien à la Grèce, « pays souverain qui a le droit de défendre les intérêts de son peuple et de sortir de la crise », de devenir membre de la Banque de développement des BRICS.

Le soutien de la Chine est acquis et sans aucun doute des autres membres. La Chine, également, avait salué, également, avec enthousiasme, la victoire de Syriza, par la voix de Hua Chunying, son ministre des Affaires étrangères. « Les Chinois expriment leurs félicitations ; la Chine et la Grèce se réjouissent d’une longue amitié entre les deux peuples étroitement liés. Les Chinois attachent une grande importance aux relations avec la Grèce et espèrent travailler avec le nouveau gouvernement grec pour élargir les échanges et la coopération dans différents domaines et continuer de faire avancer le partenariat stratégique de la Chine et la Grèce », avait-t-il dit alors.

Il était clair qu’un développement des relations avec la Chine, la Russie et les autres pays BRICS était à l’ordre du jour. Le ministre grec des Affaires étrangères, Nikos Kotzias est, d’ailleurs, un expert des BRICS et, en tant que professeur de politique étrangère, un spécialiste de la Chine et de la Russie.

Déjà, au début de l’année, le groupe chinois China Pacific Construction (CPCG) qui construit le Nicaragua Inter-Oceanic Grand Canal, annonçait son intention d’investir dans des infrastructures en Grèce. L’annonce d’une adhésion à la banque de développement BRICS arrive, donc, en toute logique et à point.

Un nouveau pas dans la tentative de créer une alternative à l’oligarchie financière occidentale, synonyme aujourd’hui plus que jamais d’instrument de guerre et de destruction des États et des peuples ?

Écrire un commentaire

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Déplier les commentaires||Replier les commentaires
Vous avez adoré cet article ? Rejoignez-nous !

La chronique du 16 octobre le monde
en devenir

Soutenons la résistance de la Grèce face aux puissances de chantage du fascisme financier. Il est temps de bâtir un monde sans la City ni Wall Street.

En savoir plus

Face au système translatlantique, les BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud – ont décidé de poser les bases d’un autre monde : politique de développement économique mutuel, nouveau système monétaire international pour nourrir la croissance, économies physiques tirées par la recherche scientifique.

En savoir plus

Don rapide